"Parisperdu" porte un "autre regard" sur Paris. En arpentant la ville depuis 30 ans, il nous montre que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit... et comme tout être vivant elle fait parfois des erreurs. Ainsi va la ville, ainsi va la vie...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." Pier Paolo Pasolini
En juin, face à la construction en briques de la bouche du métro de la Place des Fêtes - qui en ce jour de la fête de la musique porte idéalement son nom- il est tentant d'installer, à la sauvette, un petit commerce. Sur un étal rudimentaire, les cerises, les bananes, les nectarines et les abricots vont vite trouver preneurs ...
Tout là-haut sur la Butte de Belleville, Minelle prend chaque soir son accordéon. Elle n'a pas son pareil pour faire chanter et danser les clients de cet authentique bistrot parisien qu'est le Vieux Belleville.
Izraëlis Bidermanas dit Izis, est parmi les photographes humanistes celui pour lequel l'émotion a toujours primée sur le sujet. Dans son livre :"Paris des poètes" (1978), il reprend ses thèmes favoris de son premier ouvrage de photos :"Paris des rêves" (1950) et confie : "J'appuie sur le déclic quand je suis à l'unisson avec ce que je vois."
Retrouver l'atmosphère et approcher l'univers poétique d'Izis n'est pas chose facile, mais tout comme lui, je pourrais dire : "Il m'a fallu de nombreuses années pour oser m'approcher des gens avec un appareil. Mais avec le temps, j'ai réussi à photographier sans être vu. Les gens que je photographie ne me voient pas car ils sont la plupart du temps dans leur monde intérieur, dans leur rêve."
Entretien avec IZIS publié dans Zoom N° 51 - Mars 1978
Il y a 50 ans, au 32 rue de la Mare - dans le 20ème - Willy Ronis immortalisait M. Fleur dans ces escaliers. Aujourd'hui, les escaliers et la merveilleuse lumière du lieu sont encore là, même si M. Fleur nous a quittés depuis longtemps.
Dans le 18ème, à l'angle de la rue de l'Evangile et de la place Hébert, on retrouve des enfants, comme au temps de Robert Doisneau. Mais vers où vont ces garçonnets ? ... vers la rue des Fillettes ... évidemment !
Christian Lacroix inaugure ce nouveau thème intitulé "Hommes & Métiers" en écho à la prestigieuse école des "Arts & Métiers"; car toutes celles et ceux qui peupleront ce thème élèvent leur métier au rang de l'Art.
Cet interview de Christian Lacroix se déroule rue Piat, à deux pas de sa rue homonyme (Julien Lacroix). Le couturier confie à Parisperdu combien ce quartier de Belleville, par son métissage, lui apporte idées et inspiration dans sa démarche de créateur.
Né en 1910 dans le 9e arrondissement de Paris, Willy Ronis, est l'un de nos plus grands photographes vivants.
En 1947, il commence à arpenter Belleville, ce qui donnera naissance à un livre culte Belleville-Ménilmontant.
La majeure partie de ses images sont des photographies de hasard, parce que son appareil ne le quittait jamais et parce que la rue offre à l'esprit curieux un spectacle permanent.
Nous sommes dans le 20ème - au 32, rue de la Mare. Monsieur Fleur va sortir de chez lui au moment même où Willy Ronis pénètre sous le porche. Le maître saisit l'instant, toujours "sur le fil du hasard".
50 ans plus tard - au 32, rue de la Mare (75020), les escaliers et la merveilleuse lumière du lieu sont encore là, même si Monsieur Fleur nous a quittés depuis longtemps.
L'album des Lieux retrouvésmontre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.
Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.