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PARISPERDU

graff

Le "street-art" entre dans une tour du 13e arrondissement ...

5 Octobre 2013, 09:27am

Publié par barreteau

 La Tour Paris 13, 5 rue Fulton, Paris 13e 

Cette tour des années 60, défraîchie et vide de ses occupants, sera entièrement détruite début novembre 2013. Mais avant cela, et pendant sept mois, elle aura été investie par plus de 100 graffeurs, venus du monde entier et sélectionnés pour réaliser une première dans l'univers du "Street Art": réaliser en intérieur ce qu'ils font généralement en extérieur …

Car de l'extérieur, en dehors d'un immense graffiti orange et noir, de 20 mètres de haut sur la façade, rien ne transparaît de tout ce qui a été réalisé à l'intérieur.

Spécialisée dans le graffiti, la galerie parisienne Itinérance est à l'origine de ce défi artistique aussi fou qu'éphémère.

Tout le mois d'octobre, le public pourra visiter cette œuvre d'art temporaire, avant sa destruction.

Les visites sont gratuites et il n'y a rien à vendre …


>> Le projet "La Tour Paris13".

>> Graffeur, ... est-ce un métier ?

 

 

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Ni pub, ni soumise.

16 Septembre 2012, 11:27am

Publié par barreteau


La rue Oberkampf est une rue-faubourg de l’Est parisien, c'est-à-dire une voie qui va du centre vers l'une des portes de la ville. Autrefois simple rue commerçante, la rue Oberkampf est devenue - dans les années 1990 - un haut lieu de la "branchitude" parisienne.

L'artère a connu un grand chambardement à la fois dans la typologie des lieux et dans la sociologie des gens habitant ou fréquentant le quartier. De nombreux cafés et restaurants, des bars, des boîtes de nuit et des salles de concert ont été ouverts dans cette rue, et … les anciens ateliers ont été reconvertis en galeries d’art ou en bureaux accueillant architectes, artistes ou designers.

Au 109, on trouve le "Nouveau Casino", installé dans un ancien "rade" parisien, il propose du "concert-clubing", un concept qui fait recette dans le secteur. Temple du rock et antre de l'électro depuis son ouverture en 2001, le "Nouveau Casino" fait la part belle aux nouveautés, à la découverte, et aussi à la marginalité, qualité essentielle de ce terrain de jeux pour créatifs de toutes sortes … qu'est devenu le 11ème arrondissement.

Sur le pignon ouest de l'établissement s'étalait, il y a encore peu, un immense panneau publicitaire. Au rythme des campagnes promotionnelles, ce sont les produits de beauté "Eclair de Clarins", les soutiens-gorge "Aubade" ou le saucisson "Cochonou" … qui s'affichaient ici. Bref, pas forcement de quoi plaire à la direction du "concert-clubing" mitoyen qui, un jour n'en pouvant plus … a adopté une attitude "ni pub, ni soumise" et a placardé son propre message … Enfin "propre" si l'on peut dire … car un grapheur a jugé utile de compléter le message par : "Oui, c'est vrai, on sent la mer … d'ici" !!!!


>> Dans la "jungle" des panneaux publicitaires.

>> Chez Justine.

 

 

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Lovelocks.

31 Août 2012, 09:55am

Publié par barreteau

Pont de l'Archevêché, Paris - octobre 2011


Ecrire un message d'amour, l'afficher publiquement et laisser ainsi une trace tangible et durable de l'amour que se portent deux êtres; voilà un exercice que les humains pratiquent depuis la nuit des temps.

Les empreintes de mains d'hommes et de femmes préhistoriques sur les parois des grottes de Lascaux ou d'Altamira en sont peut-être les premiers exemples. Des graffitis "amoureux" ont aussi été retrouvés sur les murs de Pompéi ou d'Herculanum.

Et depuis, l'on en trouve partout: à la campagne, gravés dans l'écorce des arbres, mais aussi à la ville sur les murs, les monuments: "Jules aime Margot", "P+M, pour toujours" …
Dans les années 30, le grand Brassaï s'est intéressé au sujet et nous en a livré de magnifiques clichés.


A Vérone, la ville par excellence des amoureux, les murs de la maison de Roméo et Juliette sont couverts de messages d'amour qui, au fil des ans, se superposent. Il en va de même à Paris, au Père Lachaise sur la tombe d'Oscar Wilde …

Puis le rite évolue, à Rome le message amoureux devient gestuel: on jette ensemble, dans la fontaine de Trévi, une pièce par-dessus son épaule.

Dans les années 1970, le tatouage déborde le rite tribal pour devenir un élément de la sociologie du corps humain. Le corps devient le support à vie d'un message indélébile, et les tatouages "amoureux" ne sont pas en reste.

L'affaire prend désormais une tournure beaucoup plus mercantile, signe de l'époque où nous vivons car, venus on ne sait trop d'où, arrivent les cadenas d'amour, "the lovelocks"
Partout en Europe ce marché est maintenant florissant. Sur le web, on trouve des vendeurs de cadenas spécialisés dans le créneau, des graveurs de messages sur l'objet en question, … et même des sites d'e-cadenas !

A Paris c'est d'abord le pont des Arts, puis le pont de l'Archevêché et maintenant pratiquement tous les ponts, où un accrochage est possible, qui ont été pris d'assaut par des hordes de cadenas de toutes formes et de toutes couleurs sur lesquels des mots d'amour sont inscrits dans toutes les langues du monde. Les clés ont bien sûr été solennellement jetées à la Seine.

Mais ce "business" n'est pas sans poser des questions: le phénomène ne nuit-il pas à l'esthétisme de la ville … ?  Pour préserver le patrimoine, ne devrait-on pas enlever ces cadenas ?

Du côté de la Mairie, pour l'instant, le discours est plutôt à l'apaisement: "on laisse la chose se dérouler", car la saturation des rambardes des ponts de Paris est pour bientôt.
Cependant certains imaginent déjà qu'une fois cette limite atteinte, l'on installe des sortes d'arbres métalliques dans la capitale pour accueillir toujours plus de preuves d'amour … !



>> Chez "Roméo & Juliette".

>> Sur la tombe d'Oscar Wilde, au Père Lachaise.

>> Graffitis amoureux, vus par Brassaï.

 

 

 

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Décryptage à Jussieu.

10 Juillet 2012, 10:03am

Publié par barreteau

Déchiffrage des cryptogrammes de Jussieu. Montage Photo: © Gérard Sainsaulieu


Il ya bientôt 3 ans, le 25 novembre 2009, nous lancions, ici même, un appel pour le déchiffrage des cryptogrammes qui "ornent" les tours de Jussieu.

C'est la mairie de Paris qui, dans ses archives, avait la réponse et c'est Gérard Sainsaulieu, un fidèle de Parisperdu qui a pu - avec le concours d'Anne Hidalgo, excusez du peu - décrypter les fameux cryptogrammes de Jussieu .

Nous étions sur la bonne voie : "On assassine à Paris …" mais la transcription totale demandait encore beaucoup d'efforts.
La voici donc :

ON

ASSASSINE

A PARIS

EN 1 AN

PLUS

DE 150

ASSASSINATS

RACISTES.

HALTE

AUX CRIMES

RACISTES ET

FACISTES.

POUR BRISER

LE SILENCE

TOUS DANS

LA RUE

LE 25/2

METRO

CHARONNE

18 H 30


Voilà donc une énigme résolue grâce aux fidèles de Parisperdu. Merci à eux.


>> Voir aussi: Cryptogrammes à Jussieu.

 

 

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Graffeur, ... est-ce un métier ?

11 Décembre 2009, 10:05am

Publié par barreteau



Lu dans un forum (sic) :

" Bon voila jaimeré bien savoir si ya un metier comme graffeur professionnel car je pratik tré souvent et c ma passion jaimeré en faire mon metier".

   

Première réponse :

"Bon, mais c'est quoi exactement un "graffeur professionnel"?  En terme précis je veux dire, parce qu'en gros je vois bien un peu, mais c'est quand même pas bien clair et il m'arrive de confondre avec d'autre métier".

 

Deuxième contribution:

"Graffeur est le mot exact mais plus couramment on dit tagueur, c'est un art mais certain l'utilise pour écrire des conneries ou faire des trucs moches. Je ne sais pas si je suis bien clair".
 

Troisième contribution:

"Graffeurs pro? Oui, les professionnels exposent ou font des œuvres à la demande des municipalités ou de particuliers, voire d'entreprises ... ça c'est bien et je ne peux que t'encourager si tu as des dispositions artistiques ou picturales".

 

Quatrième contribution:

"L'âme du graff c'est son caractère spontané, urbain, social. Le professionnaliser revient à l'incorporer dans un système qui l'a toujours rejeté dans sa vraie forme, contre lequel il est toujours allé à contre courant. Professionnaliser le graff c'est lui enlever son âme".

 

 Cinquième contribution:

"De là à en faire une profession, je pense que c'est un peu délicat. Les clients ne courent pas les rues non plus je pense..."

 

Sixième contribution:

"Je veux dire que le graff ne doit jamais être un métier, ça le tuerait. Ce qui fait la force de ce mouvement, c'est bien parce qu'il est fait dans l'urgence (plus ou moins, selon les endroits bien sûr). Il existe des expos de graff. Mais de là à généraliser ce mouvement pour en faire un métier..."

 

Et pour clôturer le forum, une ultime réponse :

"Oui, ça existe. La preuve : j'ai trouvé ça sur internet !".



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le Grand Palais des tagueurs"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Manu et ses copains « graffeurs » en action sur l'ancien site des Frigos dans le 13ème".

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Né dans la rue …"



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Cryptogrammes à Jussieu.

25 Novembre 2009, 09:18am

Publié par barreteau



En arrivant à l’entrée principale de la Faculté des Sciences de Jussieu, par l’esplanade donnant sur la rue Linné, et après avoir gravi quelques marches, on aperçoit instantanément la tour centrale avec au premier plan, deux tours annexes identiques qui ferment
la perspective.

Ces deux blocs offrent chacun une face où l’on peut, ou plus exactement où l’on ne peut plus, lire des inscriptions datant des années soixante-dix, et dont le texte était bien dans le droit fil des apostrophes militantes qui fleurissaient un peu partout, sur les murs de la capitale au temps de la "chienlit" du Général.

Pour tracer ces inscriptions, les intervenants ont forcément dû utiliser des cordes pour descendre en "rappel". Le lendemain même, le comité directeur de Jussieu décide de recouvrir les graffitis en repeignant intégralement les deux façades en blanc. Le plus surprenant intervient alors: les inscriptions réapparaissent le jour suivant ! Les instances dirigeantes se rendent à l’évidence, mais il n’est plus question d’offrir une nouvelle page blanche à la morgue estudiantine. L’espace est tentant, vous en conviendrez. Que faire alors, sinon travestir, détourner, maquiller le cri … pour le rendre inaudible ?

Aujourd'hui, le décryptage du message représente une véritable gageure.
Prenons, par exemple, le libellé du somment de la face droite:

QW

A/88IAI88WB

AA/RABES

BM HMW

REOT8

OPVH89

Ligne suivante nous trouvons une variante de la deuxième ligne avec:
W88W88HMFI

Reprenons la ligne 1. Le QW ne peut être (excusez le côté péremptoire de mes déductions) qu’un ON. La ligne suivante me semble lisible grâce aux quatre 8 qu’on identifie immédiatement comme des S. Les A sont terriblement mal maquillés, on en isole deux, dont un au début, on obtient donc ASSASSINE. Sous le RABES de la ligne trois, nous isolons le mot PARIS. La suite m’échappe…

Alors, à cette époque-là, on assassinait à Paris. Qui ? Quand ? Pourquoi ? Le reste de la façade nous le révèle sans doute. Mais, là, je m’incline, et … j’appelle à l’aide.
Alors, si vous savez décrypter la suite, merci d'en faire part à Parisperdu, à ce
Contact.

Reste toutefois un point intrigant: on sait que la durée moyenne de vie d’un tag, d’un bombage sauvage, est souvent très courte, surtout sur les monuments publics, car les services Techniques de la ville y remédient dare-dare à coups de détergents spéciaux.
Alors pourquoi, à votre avis, ces inscriptions défient-elles le temps et maculent-elles à jamais les colonnes métaphoriques de ce portique universitaire par ailleurs élégamment habillé des céramiques de Léon Gischia?
Parce que … personne n’est plus capable de savoir ce qu’elles signifient. Et parce que tout le monde "s’en fout un peu", si je peux me permettre. Elles ont perdu la totalité de leur sens (Assassine-t-on à Paris !?!), pour acquérir, depuis bientôt un bon quart de siècle, une autre fonction, celle bien sûr plus décorative et bien moins problématique, d’œuvre d’art.

Œuvre d’art tendance conceptuelle, évidemment, voire arte povera, diront certains.
A l’instar du codex de Dresde, du calendrier Maya, voire du testament de Nicolas de Staël … l'énigme fera toujours rêver.



>> De chaque coté de la Tour Zamansky, que l'on voit ici, après les travaux de désamiantage et sa rénovation en février 2009, on peut découvrir les deux tours annexes aux fameux "messages cryptés".


>> Zoom sur le message de la tour de droite.


>> Jussieu : le campus nouveau est arrivé.

 

 

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Les Frigos en "perspectives".

30 Mars 2008, 14:35pm

Publié par barreteau

 

 


Lorsque, tous les matins, les étudiants descendent la rue des Frigos qui les mène à l'Université, combien sont-ils à voir le vieux bâtiment entièrement recouvert de graffitis qui leur fait face ?

Quel regard portent-ils sur cet ancien paysage industriel qui peuple leur quotidien et qui aujourd'hui s'efface devant les grandes barres d'immeubles du treizième arrondissement parisien ?

C'est en partant d'un constat d'indifférence partagée entre les artistes des Frigos et leurs voisins-étudiants de l'Université Paris 7 Diderot - pourtant réunis par une même histoire, celle de leur patrimoine architectural et historique - que l'exposition "Perspectives" a été pensée.

"Perspectives" est une Exposition couvrant deux lieux distincts:
> Celui des Frigos, un ancien bâtiment frigorifique investi et réhabilité par des artistes et artisans depuis les années 1980. C'est aujourd'hui un lieu de création dynamique situé au 91 quai de la Gare, dans le 13ème, au cœur d'un quartier en pleine modernisation. Les palissades entourant temporairement le lieu, semblent délimiter une sorte d'îlot dont la visibilité s'en trouve réduite.
> Celui des Grands Moulins, autre élément du patrimoine industriel du quartier, qui a connu récemment une seconde naissance avec l'implantation de l'Université Paris 7. Celle-ci, ainsi que l'ensemble des activités voisines, occupent des bâtiments neufs, qui contrastent fortement avec les Frigos, dernier témoignage du passé industriel du quartier.
La singularité des Frigos et leur vitalité créatrice ont amené les organisateurs de l'exposition à des questionnements à la fois artistiques et sociologiques ayant comme point de départ la notion de perspective, et jouant sur la polysémie de cette notion pour concevoir l'exposition. Le visiteur pourra ainsi réfléchir au lien créé entre la perspective dans l'art, la perspective géographique, la perspective sociologique et la perspective des regards par rapport aux Frigos.

L'exposition "Perspectives" se déroulera du 31 mars au 12 avril 2008 dans le hall des Grands Moulins, grande salle entièrement construite en béton et agrémentée de colonnes, dont l'apparence rappelle l'architecture des Frigos. L'exposition en elle-même constitue un trait d'union entre les deux espaces.

Alors courrez vite au 91 quai de la Gare et aux 9-15 Esplanade des Grands Moulins ... pour une bonne visite en ... "perspective" ! 

>> Le site des Frigos.

>> L'Université Paris 7 Diderot.

>> Sur Parisperdu : "Les Frigos vont-ils être démolis ?"

>> Toujours sur Parisperdu : "Manu et ses copains "graffeurs" en action sur le site des Frigos".

>> Encore sur Parisperdu : "Des étudiants dans la farine ?"

 

 

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Pali-Kao.

17 Décembre 2007, 09:32am

Publié par barreteau

Angle rue de Pali-Kao et rue Julien-Lacroix, Paris 20ème octobre 1998

 

Extraits de "Rebelles" par Rémi Pépin aux "Archives de la Zone Mondiale" :

"Ce soir, je suis de nouveau à Belleville. En face de moi s'étalent des immeubles carrelés de blanc, typiques des constructions de l'OPAC dans les années 90. Du logement social sans âme, sans caractère, vite fait ... mal fait. Juste histoire de faire propre, de "planquer la misère" qui, sinon, traîne dans la rue. Rien qui n'accroche l'œil en tout cas.

Il y a seulement quelques années s'affichait ici un Belleville crade, pauvre, avec des rues bordées de terrains vagues. A cette époque, il y avait aussi des bars kabyles, des restes de campagne à Paris, d'anciens entrepôts abandonnés, des usines même...

C'est sans doute pourquoi, ce soir, je n'ai même pas reconnu la rue de Pali-Kao. Elle avait été refaite à neuf, assainie, curetée, vidée de son histoire. On en avait même changé son tracé, comme si on avait voulu effacer la mémoire d'un quartier. Et pourtant, il s'en était passé des choses dans cette rue quelque vingt années auparavant ... Elle avait été, avec d'autres rues du quartier, le théâtre des opérations d'une belle bande d'agités, le lieu de naissance de l'une des dernières aventures musicales et contestataires du siècle.

Alors oui, ce soir, je suis choqué par l'idée qu'on puisse ainsi du passé faire "table rase". Et maintenant, je dois finalement passer cette impression par "pertes et profits".
Je dois, moi aussi, oublier la rue de Pali-Kao".


 >> Pali-Kao ou Baliqiao ? De toute façon, c'est du chinois ...

>> Pali-Kao et la scène alternative des années 80. 

>> La rue de Pali-Kao déja dans Parisperdu.

 

 

 

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Les Frigos vont-ils être démolis ?

24 Octobre 2007, 19:24pm

Publié par barreteau

Les Frigos en octobre 1995, vus du viaduc de Tolbiac

Tout autour, c'est le Paris impersonnel, celui des voies express, des immeubles nés de la spéculation immobilière et de l'écrasante Très Grande Bibliothèque avec son esplanade immense, coupée de la ville et de la Seine ... pourtant si proches... un lieu abstrait, hostile... Et au milieu de tout cela, un ilot de vie, de résistance, au "look" détonnant : Les Frigos.

Depuis les années 80, des artistes ce sont légalement installés ici - ce n'est pas un squat - créant une incroyable cité, un antre bouillonnant de créativité.

Dès l'entrée, dans un couloir sombre, couvert de graffitis... une pancarte appelle malicieusement à ne pas couvrir les murs de tags... Les nombreuses tuyauteries, rongées par la rouille, qui courent le long des couloirs, témoignent qu'à l'origine, l'on se trouvait ici, au cœur d'un réfrigérateur géant.

A la fin des années soixante, la disparition des Halles de Paris et l'ouverture du marché de Rungis entraînent l'arrêt de l'activité de ces entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont laissés à l'abandon. Ne bénéficiant d'aucun classement architectural, considérés comme une friche industrielle, ils ont vocation à être détruits car ils sont situés au cœur du périmètre de la ZAC Paris Rive Gauche. Au fur et à mesure de l'édification de nouveaux immeubles sans âme, les Frigos vont perdre à la fois leur vue sur la Seine et la lumière qui baignait les ateliers des artistes. Et maintenant qu'ils sont encerclés par ces bâtiments aux façades vitrées, lisses, ... glaciales et aseptisées; on voit bien que les Frigos sont totalement atypiques et donc pour certains ... plus que dérangeants.
Alors, les Frigos vont-ils être démolis ?

Pas si sûr, car grâce à la forte mobilisation au sein des Associations de défense, et en coordination avec les habitants du quartier, les aménageurs qui bétonnent tout autour, ont récemment déclaré aux artistes-locataires : "Vous êtes le germe de vie du futur quartier ".

Les Frigos, officiellement devenus le pôle artistique du schéma d'aménagement de Paris Rive Gauche, vont-ils pouvoir enfin respirer librement dans un quartier si peu poétique... ?
En tous cas, pour le "germe de vie", ... cela risque d'être dur, très dur ... !


>> Les Frigos : histoire complète, visite virtuelle, calendrier des expositions ...

>> Deux mondes s'opposent, séparés par une ligne de démarcation ... ©Photo :Photigule 

>> Dans les entrailles des Frigos (1)

 >> Dans les entrailles des Frigos (2)

>> Dans les entrailles des Frigos (3)

 >> Dans les entrailles des Frigos (4)

 

 

 

 

 

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Des étudiants dans la farine.

27 Septembre 2007, 10:33am

Publié par barreteau

Les Grands Moulins de Paris en 1996.

Paris Rive Gauche aura été le plus grand chantier parisien depuis les travaux d'Hausmann... Aujourd'hui, l'aménagement de la ZAC Rive Gauche, en cours depuis une décennie, est  en voie d'achèvement.

Sur la ZAC, les nouveaux locaux de l'université Paris VII-Denis Diderot, à deux pas de la Bibliothèque Nationale, ont été inaugurés début 2005.

Les Grands Moulins de Paris, dont on a conservé la structure du bâtiment, accueillent maintenant quatre unités de formation et de recherche (UFR) en Lettres et Sciences humaines, mais aussi une bibliothèque, un restaurant universitaire et les services aux étudiants.

Quant à la Halle aux Farines, elle regroupera, à terme, la majeure partie des amphithéâtres et des salles de cours. Cette nouvelle université devrait donc pouvoir accueillir, d'ici quelques années, près de 20.000 étudiants.

Pendant plus de dix ans, ce quartier fut le royaume des taggers et autres graffiteurs ... Il est maintenant complètement transformé en une ville qui ressemble bigrement à celle de Jacques Tati, dans son film Playtime.

Les Frigos, un autre bâtiment de la zone, symbole de la création "border-line" sont maintenant cernés de toutes parts ... et leur avenir reste incertain.


>> Les Grands Moulins ... aujourd'hui.

>> Les Frigos ... maintenant cernés de toutes parts.


 

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" A 20 km de la Tour Eiffel. "

8 Septembre 2007, 11:54am

Publié par barreteau

 Crédit Photo: Sipa Press / Eric Hadj.

 

"A 20 km de la Tour Eiffel" est le titre de l'exposition d'Eric Hadj qui se déroule actuellement à Perpignan, dans le cadre du Festival "Visa pour l'image 2007". Les photographies présentées sont le fruit de son immersion dans la Forestière à Clichy-sous-Bois, la résidence d'où sont parties les émeutes de 2005.

La Forestière est une résidence privée au cœur de Clichy-sous-Bois, construite dans les années 70. Elle est devenue, trente ans plus tard l'une des résidences aux immeubles les plus dégradés sur le territoire national.
Près de 3000 personnes issues de l'immigration habitent La Forestière. 50% des personnes sont au chômage, surtout des jeunes ...

Un seul bus rallie Clichy-sous-Bois au reste du monde, le 601. Il vous emmène à la ville voisine du Raincy, où l'on peut prendre le RER pour rejoindre le cœur de Paris. L'aller et retour pour Paris revient à presque 9 euros. Trop cher pour se payer un ticket tous les jours. Alors les jeunes passent leur temps dans la "Fofo", la "Forest", le "Ghetto", en jouant au foot ou à la Playstation devant la télé. Ils n'ont toujours rien à faire, ... c'est tous les jours dimanche.

Chômage, échec scolaire et problèmes familiaux forment un terrain propice à la délinquance. La débrouille pour trouver de l'argent, l'échange des bonnes adresses pour ne pas payer les vêtements au prix fort : l'entraide est importante entre jeunes. Ils forment une famille. Presque tous nés en France, ils trouvent injuste d'habiter ici. La conduite sans permis et le défaut d'assurance sont les délits les plus courants. D'autres commettent des délits plus graves, mais cela reste le fait d'une minorité.

En novembre 2005, la résidence s'enflammait comme les autres cités voisines. Mais à La Forestière très peu de voitures ont brûlé ... et surtout pas celle-ci que des jeunes taguent, ici, à la demande de son propriétaire, lequel participe à l'opération. Ainsi, porteuse de tous ces signes que seuls leurs auteurs savent déchiffrer, la voiture fera réellement partie de la cité.

 

>>  Eric Hadj à Perpignan /Festival "Visa pour l'image 2007" 

 

 

 

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Art-mur.

1 Septembre 2007, 09:19am

Publié par barreteau

Pochoir et aphorisme de Miss-Tic : "C'est la vie, ça va passer ..."

Avec l'art-urbain, on est loin des concours de tags et autres graffitis qui salissent nos murs, vandalisent les devantures des commerces, les véhicules, les pilles de ponts ...

Ici, il s'agit d'une culture urbaine authentique... qui a désormais ses maîtres, ses disciples ... et aussi ses électrons libres.

Tous ces artistes urbains ont quelque chose en commun, ils veulent le beau, la surprise, le dérangement, la poésie accessibles à tous ...

Par leur travail sur les murs, ils incitent les citadins à la flânerie, à la promenade, à la découverte. L'observateur est donc quelque peu dérouté, le public l'est moins et souvent s'arrête spontanément quelques secondes pour admirer une œuvre sur un mur lépreux devenu à nouveau digne d'intérêt.

Alors, levez les yeux, scrutez les recoins, les palissades, les immeubles en attente de démolition : insolents, ironiques, amicaux, agressifs, les pochoirs et les graffs vous interpellent.

Les artistes de l'art-urbain sont ceux qui ornent les vilains murs de la ville pour nous la rende supportable ...


>> Voir aussi Street-Art ...


>> Miss-Tic : 20 ans d'aphorismes dans la rue !  

                          * Les aphorismes : 2006

                          * Les aphorismes : 2005-2001

                          * Les aphorismes : 2000-1995

                          * Les aphorismes : 1994-1990

                          * Les aphorismes : 1989-1985

>> Miss-Tic, ailleurs dans Parisperdu.   
 

 

 

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Némo et le bonhomme noir

9 Juillet 2007, 09:55am

Publié par barreteau

Fresque de Némo rue des Plâtrières, vue de la rue Sorbier - Paris 20ème.

Quand il y a près de 25 ans, NEMO commençait à bomber ses pochoirs dans Paris, il disait alors pour définir son action: "Une ville sans graffitis serait comme une rivière sans poissons".

Ses personnages : un homme en noir, jouant avec une canne à pêche, un ballon ou un parapluie, et le petit NEMO (du "Little Nemo" de Winsor McCay), hantent alors les murs du 20ème. Ils apparaissent soudainement au détour d'une rue, sur un mur lépreux, sur une porte condamnée ou une fenêtre murée, créant une étonnante atmosphère de poésie et de rêve dans cet arrondissement continuellement massacré.

Bourré de talent, NEMO a un œil extraordinaire et détecte immédiatement le profit qu'il peut tirer d'un pan de mur, aussi la silhouette de son Homme Noir se répand rapidement partout sur Belleville et Ménilmontant, signalant toujours des immeubles condamnés. Némo a aussi travaillé avec Mesnager : son Homme Noir a alors rencontré le petit bonhomme blanc, une rencontre qui a provoqué de superbes créations !

Parmi tous les artistes travaillant sur les murs de Paris, il est le plus pur: il ne gagne pas d'argent avec ses œuvres, et il sait qu'elles disparaîtront irrémédiablement quand le dernier vieux mur tombera sous les coups des bulldozers...

Les réactions des passants sont parfois mitigées: un jour, NEMO faisait un pochoir dans une cour intérieure de la rue de Belleville quand une vieille femme l'a apostrophé en lui disant: "Vivement qu'ils rasent tout ça! J'en ai marre... et vous, avec vos dessins, vous allez nous faire durer les choses".

 

>> Némo réalisant la fresque de la rue des Plâtrières.

>> En savoir plus sur Némo ...

>> Némo et Mesnager : l'Homme Noir et le bonhomme blanc. 

 

 

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Murs abattus et baignoires rémanentes (2/2)

10 Mars 2007, 11:25am

Publié par barreteau

Retour sur les installations d'artistes pour la sauvegarde de la rue Gasnier Guy.
Suite du Billet du 1er mars 2007

Les lavabos, les pommes de douche et les baignoires rémanentes sont bien ici ... tracés à leur emplacement d'origine. Ces dessins en aplat sont comme une tentative dérisoire pour remplir le grand vide créé par la destruction des appartements. C'est un cri désespéré, poussé par les artistes-peintres du quartier.

Némo, le célèbre illustrateur des rues de Paris, viendra à la rescousse avec ses pochoirs, dont le poignant : "Ne cassez-pas nos maisons ! ".

Tout cela sera sans effet ... la rue Gasnier-Guy sera totalement rasée.



>>  Le grand cri de Némo ...

>> Némo, porté disparu ...

>> La dernière fois que j'ai fait du ménage, chez moi aussi la maison s'est écroulée (Némo).
 

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Je reviens d'une rue qui n'existe pas.

24 Février 2007, 11:30am

Publié par barreteau



Pourtant, la palissade qui surmonte le muret en pente est toujours là ... Mais, signe des temps, les graffitis ont radicalement changé d'esprit. Au lieu du doux message tracé à la craie : "Gérard aime Lucette"... c'est, aujourd'hui, un bombage rageur qui crie : "Nique la police".

Mais surtout, ce qui frappe, c'est que les enfants ne sont plus là. Ils ont déserté la rue et sans eux, aucun son, aucun écho ne s'en échappe ...  elle semble inhabitée.

Aujourd'hui la rue n'est plus un terrain de jeu naturel pour les enfants. Ils préfèrent maintenant rester confinés dans leur appartement, rivés à leurs consoles de jeux ou à leurs ordinateurs, happés par un monde virtuel ... et surtout loin de la convivialité et de la fraternité de la rue.

Et cette "Impasse Trainée", où Izis photographiait les gamins de Paris des années 50, n'existe plus ! ... Elle a pris le nom de "Rue Poulbot", mais ... l'ironie de l'histoire est qu'aujourd'hui, les poulbots n'existent plus ...

   

 >> Impasse Traînée, Paris 1950 © Izis

>> Montmartre, Paris 1949 © Izis

 

 

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