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PARISPERDU

Position dominante.

29 Octobre 2007, 10:14am

Publié par barreteau


Le parc de Belleville est peut-être le parc le moins fréquenté de la capitale, et pourtant, ce vaste espace de verdure a beaucoup de charme et, il est idéal - aux beaux jours - pour flâner, bouquiner sur un banc ou faire la sieste sur une pelouse.
 

La terrasse, au sommet du parc, offre une époustouflante vue panoramique sur Paris. C'est un lieu propice à la rêverie et à la contemplation de la ville. Evitez, toutefois de trop porter votre regard à gauche, là où les tours de Belleville font une véritable cicatrice au paysage ... Puis, retournez-vous vers la rue des Envierges : elle a conservé le calme et la poésie des hauts de Belleville.

On peut aussi venir ici à la tombée de la nuit pour découvrir une Tour Eiffel toute scintillante, comme un bijou posé sur Paris...
Etre perché là-haut, en position dominante sur la ville brillant de mille feux, est alors un véritable enchantement...

 

>> Parc de Belleville, un peu d'histoire ...

>> Le Parc de Belleville, déjà dans Parisperdu

 

 

 

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Les Frigos vont-ils être démolis ?

24 Octobre 2007, 19:24pm

Publié par barreteau

Les Frigos en octobre 1995, vus du viaduc de Tolbiac

Tout autour, c'est le Paris impersonnel, celui des voies express, des immeubles nés de la spéculation immobilière et de l'écrasante Très Grande Bibliothèque avec son esplanade immense, coupée de la ville et de la Seine ... pourtant si proches... un lieu abstrait, hostile... Et au milieu de tout cela, un ilot de vie, de résistance, au "look" détonnant : Les Frigos.

Depuis les années 80, des artistes ce sont légalement installés ici - ce n'est pas un squat - créant une incroyable cité, un antre bouillonnant de créativité.

Dès l'entrée, dans un couloir sombre, couvert de graffitis... une pancarte appelle malicieusement à ne pas couvrir les murs de tags... Les nombreuses tuyauteries, rongées par la rouille, qui courent le long des couloirs, témoignent qu'à l'origine, l'on se trouvait ici, au cœur d'un réfrigérateur géant.

A la fin des années soixante, la disparition des Halles de Paris et l'ouverture du marché de Rungis entraînent l'arrêt de l'activité de ces entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont laissés à l'abandon. Ne bénéficiant d'aucun classement architectural, considérés comme une friche industrielle, ils ont vocation à être détruits car ils sont situés au cœur du périmètre de la ZAC Paris Rive Gauche. Au fur et à mesure de l'édification de nouveaux immeubles sans âme, les Frigos vont perdre à la fois leur vue sur la Seine et la lumière qui baignait les ateliers des artistes. Et maintenant qu'ils sont encerclés par ces bâtiments aux façades vitrées, lisses, ... glaciales et aseptisées; on voit bien que les Frigos sont totalement atypiques et donc pour certains ... plus que dérangeants.
Alors, les Frigos vont-ils être démolis ?

Pas si sûr, car grâce à la forte mobilisation au sein des Associations de défense, et en coordination avec les habitants du quartier, les aménageurs qui bétonnent tout autour, ont récemment déclaré aux artistes-locataires : "Vous êtes le germe de vie du futur quartier ".

Les Frigos, officiellement devenus le pôle artistique du schéma d'aménagement de Paris Rive Gauche, vont-ils pouvoir enfin respirer librement dans un quartier si peu poétique... ?
En tous cas, pour le "germe de vie", ... cela risque d'être dur, très dur ... !


>> Les Frigos : histoire complète, visite virtuelle, calendrier des expositions ...

>> Deux mondes s'opposent, séparés par une ligne de démarcation ... ©Photo :Photigule 

>> Dans les entrailles des Frigos (1)

 >> Dans les entrailles des Frigos (2)

>> Dans les entrailles des Frigos (3)

 >> Dans les entrailles des Frigos (4)

 

 

 

 

 

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Vers une nouvelle géographie urbaine.

20 Octobre 2007, 10:23am

Publié par barreteau

1997, la rue Olivier Métra - Paris 20ème, en cours de gentrification

Dans le 20ème arrondissement de Paris, à la fin des opérations immobilières menées par des promoteurs intéressés surtout par un profit rapide, le quartier ouvrier accouche d'un quartier embourgeoisé avec, comme le note le sociologue Jacques Donzelot, "un style de vie où émergent cafés et restaurants du monde entier, salles de concert, galeries et des boutiques d'art ethnique ... autant de signes de prestige que ces promoteurs ont appris à manier pour conférer à certains lieux cette marque du global qui attirera les candidats à cette communauté mondiale".

De quoi construire une "image fun de la ville", renchérit l'historien Alessi dell'Umbria : avec la "disparition du travail au profit du service et des travailleurs au profit des serviteurs, l'espace se trouve peu à peu occupé par la culture et le tourisme, la ville devient une zone commerciale d'un genre particulier, consacrée au divertissement des classes moyennes, pour qui restaurants, bars branchés et expositions balisent un parcours sans aspérité".

Bien sûr, la géographie urbaine a toujours réfléchit les rapports entre le travail et l'habitat. Il fallait des corons, aux patrons du XIXe siècle, pour fixer près de leurs usines une main-d'œuvre trop vagabonde. Il fallait des HLM, durant les « trente glorieuses » (1945-1975), pour achever l'exode rural, pour amener petites mains et gros bras à portée de cyclomoteur des zones industrielles. Mais aujourd'hui, avec un marché du travail ouvert jusqu'à Bucarest, avec des fabriques qui se délocalisent à Hanoï ou à Pékin, les prolétaires n'apparaissent plus comme essentiels au fonctionnement économique de la ville. Inutile donc d'attirer en centre-ville les couches populaires, de leur promettre une "qualité de vie" conforme à leurs attentes. S'ils travaillent, c'est déjà beau ...

Pour la ville, reste donc à conquérir une élite, désignée comme celle des "producteurs de richesses"...
La ville est en route vers une "gentrification", un embourgeoisement à grande échelle qui dessinera une toute nouvelle géographie urbaine.


>> La géographie urbaine et le concept de ville.
 

 

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La pétanque chez les "parisi-ingues"

15 Octobre 2007, 09:28am

Publié par barreteau

"Les Pétanqueurs des Epinettes" Paris 17ème

A Paris, malgré une météo souvent tout sauf méridionale, les amateurs de jeu de boules sont de plus en plus nombreux.

Ce plébiscite n'est pas vraiment surprenant. Depuis quelque temps déjà, la pétanque semble avoir séduit de nouvelles catégories de Parisiens, surtout dans les quartiers de l'est de la capitale (à Belleville notamment, mais aussi, le long du canal Saint-Martin) réputés abriter les "bobos", les "bourgeois-bohèmes", population aisée, sensible aux phénomènes de mode et aux activités génératrices de lien social.

Ce jeux de boules a été créée à La Ciotat - il y a tout juste cent ans -  par Jules Hughes dit Jules "le Noir", un champion de "longue" (jeu provençal qui imposait de jeter la boule après plusieurs pas d'élan). Gêné par ses rhumatismes, Jules préféra alors jouer en gardant les pieds immobiles. La pétanque (pieds tanqués, en provençal) était née ...

A Paris, la pétanque, centenaire, se redécouvre donc une seconde jeunesse que peu de gens lui aurait promise, il y a seulement encore quelques années.

 

>> Histoire de la pétanque. 

>> Pour les "pros" ... le site officiel.  

 

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Les Batignolles ... hier ... aujourd'hui ... demain ...

11 Octobre 2007, 10:34am

Publié par barreteau

La gare des marchandises de Paris-Batignolles en 1995.

C'était au temps où tout ce secteur des Batignolles vivait au rythme lent de la friche ferroviaire qui régnait ici.

Les quelques rares employés qui maintenaient en survie la zone des bureaux et des entrepôts n'étaient pas surchargés par les tâches quotidiennes ... Ici, aux beaux jours, l'apéro était quasi quotidien, ... et l'air embaumait la grillade ... En fin d'après-midi on pouvait voir de petits groupes pratiquer la pétanque dans les rares espaces libres de toutes voies ferrées. D'autres jouaient avec des chiens ou lavaient leur véhicule ...

Puis vient le temps des perspectives grandioses, celui du grand chambardement pour la renaissance du secteur.
Le projet avait un nom : Paris 2012.

Mais, le 6 juillet 2005, la 117ème Session du CIO élisait Londres pour accueillir les Jeux de la 30e Olympiade, au détriment de la ville de Paris. Si cette défaite n'a pu permettre l'aménagement de la zone des Batignolles via la construction du village olympique qui y était prévu, elle aura au moins eu le mérite de donner naissance au plus grand espace vert de tout le nord-ouest parisien.

Aujourd'hui, la première phase du plan d'aménagement vient d'être achevée et un espace paysager de 3 hectares, a d'ores et déjà été ouvert au public.
En entrant dans ce nouveau parc, on découvre "Le jardin du rail". Très agréablement "végétalisé", il est dédié aux activités sportives ou de détente. C'est franchement réussi, vivant et les familles se sont déjà approprié ce vaste espace.

Mais le plus intéressant reste à venir.
Ainsi, au nord du parc, une pièce d'eau verra le jour, alimentée par des canaux ... puis au bord du boulevard Berthier,  des érables  - symbolisant l'automne - et des conifères - symbolisant l'hiver - seront plantés.

Finalement, pour respecter la mémoire du lieu, certains éléments ont été conservés dans le parc : les pavés, une ancienne forge et la structure métallique de l'ancienne gare du Havre.

Vivement donc l'ouverture complète du parc !
Mais il faudra toutefois attendre que la végétation se développe, car ici, c'est encore beaucoup trop minéral ... pour offrir un dépaysement total.


>> Le site des Batignolles en 2000.
 

>> Voir aussi dans Parisperdu: Paris Batignolles
 




 

 

 

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Hommage à Lucien Hervé.

6 Octobre 2007, 19:41pm

Publié par barreteau

Photo © Lucien Hervé

Le photographe français Lucien Hervé nous a quittés, le 26 juin dernier, à l'âge de 96 ans. D'origine hongroise, son vrai nom était Laslo Elkan. Il avait rejoint la France en 1929 et c'est peu après la guerre qu'il adoptera définitivement son nom de résistant : Lucien Hervé.

Il est considéré comme l'un des maîtres de la photographie d'architecture moderne. Son premier travail de photographe, un reportage sur la Cité radieuse de Marseille, est remarqué par Le Corbusier qui en fera son photographe attitré de 1949 à 1962. Il couvre alors tous les chantiers de Le Corbusier et travaille également pour d'autres grands architectes du moment : Breuer, Niemeyer, Aalto, Prouvé ...

Mais, au-delà de la photographie d'architecture, Lucien Hervé porte aussi un regard sur l'homme. D'ailleurs, ses archives sont constituées uniquement de deux catégories de photos qu'il nomme "ARCHI" et "HUMAN".

Dans la veine du réalisme poétique incarné par Doisneau, Ronis et Boubat, il s'intéresse- nous dit-il - à "tous ceux qui luttent pour la vie". Lucien Hervé, toujours là où on ne l'attend pas, se revendique ainsi d'une certaine tradition humaniste.

C'est dans cet esprit qu'ont été réalisés deux de ses clichés les plus émouvants. Le premier, pris à Delhi en 1955, montre un enfant esclave où une grande partie du cliché est dans l'ombre de façon à dissimuler le visage de l'enfant et à insister sur ses pieds nus. La seconde photo, prise en 1949 à la Cité radieuse de Marseille, souligne la condition de l'ouvrier, en ne montrant que l'ombre portée d'un manœuvre qui monte un escalier en tenant à bout de bras un seau de ciment.

Son regard saisit, comme nul autre, la lumière crue et les ombres fortes, aussi bien pour décrire l'architecture que les humains sur lesquels il s'attarde avec respect.

Pour tout cela, Lucien Hervé était un artiste rare.

 

>> L'enfant esclave, Delhi 1955 Photo © Lucien Hervé

>> L'ouvrier de la Cité Radieuse, Marseille 1949 Photo © Lucien Hervé

>> Lucien Hervé : Bibliographie ...

>> Lucien Hervé, devant ses archives, peu de temps avant sa disparition  ...

 

 

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A Périllos, tout est en ruines, même le paysage ... jonché de pierres.

2 Octobre 2007, 09:48am

Publié par barreteau

Dans plusieurs de ses billets intitulés: "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.
Mais parfois cette 
"rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un destin tragique qui s'acharne sur certains lieux de vie.
A 900 kms de la capitale, Parisperdu a visité Périllos, un village abandonné qui gît au milieu des champs de pierres ... dans une sorte de bout du monde.



Situé en plein cœur des Corbières, le village désert de Périllos se dresse, seul, dans un paysage lunaire. Eloigné de la mer ainsi que des grandes villes et à la frontière historique de deux royaumes en guerres perpétuelles, Périllos ne s'est jamais développé normalement.


A partir de la fin du 19ème siècle, une série de malheurs ne cessera de s'abattre sur le petit village qui ne comptait guère alors qu'une quinzaine de maisons. D'abord le phylloxéra détruisit les vignes, l'une des rares ressources. Ensuite, une épidémie enleva cinq adolescents. Puis comme si la mort du petit village était programmée, le taux de mortalité infantile s'éleva gravement, conséquence probable des nombreux mariages consanguins.

En 1912, il y eu quatre naissances mais les quatre enfants moururent. Les malheurs continuèrent avec l'arrivée de la Grande Guerre : la mobilisation arracha les hommes valides à leur terre, puis ... leurs veuves quittèrent le village. La population s'était si considérablement réduite que le recensement de 1921 ne trouva plus que trente-trois habitants.

Après un petit sursaut dans les années 30, mais hélas sans naissance, la guerre revint et, provoquant de nouveaux départs, elle finira d'achever le village.
1970 sonna définitivement le glas d'un village où pendant des siècles des hommes et des femmes s'étaient acharnés à tirer leur subsistance de ce pays de pierres. Ne comptant plus qu'un seul habitant, la commune de Périllos fut rattachée à celle d'Opoul. Peu de temps après, le dernier habitant, un berger nommé Aimé Pujol, âgé de plus de quatre-vingts ans et bien fatigué, quitta Périllos pour s'installer chez son frère à Opoul.

Telle aura été la tragique destinée de Périllos ... le village du bout du monde.


>> Quelques vues du village, aujourd'hui ...


>> Le village va-t-il renaître ?

 

 

 

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