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PARISPERDU

pieton

Balade hors des sentiers battus (2/3)

15 Juillet 2009, 10:08am

Publié par barreteau

 

 

Paris, un jour de juillet.

Midi, parc de Belleville - Paris 20ème.

 

C'est peu avant midi, que vous allez atteindre le haut de la rue Piat et que vous pourrez découvrir de son belvédère, une grande partie de Paris à vos pieds. Avec le soleil au zénith, la ville, inondée de lumière, semble irréelle tant le calme qui règne ici est profond, aucun écho du vacarme assourdissant de la capitale ne parvient jusqu'à vous.


Descendez alors les allées du parc, en cheminant près des bassins et des cascades qui vous apportent tant de fraîcheur, observez les jeux des enfants sur les toboggans ou près des points d'eau, autoriser-vous un regard furtif vers les langoureuses étreintes des amoureux assis sur les bancs ou à même le gazon …
 

En remontant vers le haut du parc, par l'escalier qui part de la rue des Couronnes, vous allez sans doute commencer à ressentir une petite faim, mais surtout fuyez le café Bobo, même s'il semble dire qu'après tout, ce n'est pas "La Mer à Boire " …
Allez plutôt casser la croûte au vieux Belleville ou, si le temps vous presse, optez pour un sandwich à la boulangerie du coin de la rue du Transvaal.
Le ventre plein, les charmes du haut-Belleville s'offrent à vous : perdez-vous dans les passages, les cités, les ruelles, les rues qui respirent encore l'air d'autrefois: rue des Cascades, rue de l'Ermitage, rue des Soupirs …

Il serait bien étonnant que vous ne rencontriez pas quelques artisans, artistes ou commerçants prêts à vous montrer leurs savoir-faire et à engager avec vous la conversation sur leur quartier, sur ce haut de Belleville qu'ils aiment tant.

 

A suivre …

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris ... à dimension humaine".
 

>> Voir aussi sur Parisperdu : Balade hors des sentiers battus ... (1/3)

 

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Balade hors des sentiers battus (1/3)

11 Juillet 2009, 08:53am

Publié par barreteau

Bar "Le Pont tournant", Angle du quai de Jemmapes et de la rue de la Grange aux Belles.
Paris 10ème – 1996


Paris est un réservoir infini d'images et de sensations. Pour vous en abreuver, il vous faudra l'arpenter d'ouest en est, du nord au sud, marcher sans cesse pour espérer, tel Léon-Paul Fargue, devenir un véritable "piéton de Paris", et peut-être alors pouvoir suivre ses fantômes.

Au cours de ces promenades, le marcheur va s'imprégner d'un parfum rare, un peu celui des photos de Doisneau ou de Willy Ronis, celui du promeneur résolu à prendre son temps et à ouvrir grand les yeux.
Voici l'exemple d'une balade parisienne hors des sentiers battus... lors d'une journée bien remplie :

Paris, un jour de juillet.
Départ, 6 heures du matin.

Un plan de Paris en poche, vous éviterez les coins trop fréquentés : Saint- Germain, les Champs, le Trocadéro, ou trop chics, Passy, le Marais ...
Vous foncerez plutôt, face au soleil levant, en direction des hauts quartiers de l'Est parisien.

Dès que vous aurez atteint le canal Saint-Martin, il conviendra de mettre votre esprit en éveil, de guetter le plus humble détail, chaque cillement des paupières lourdes de la ville encore endormie. Là, vous pourrez contempler les couleurs fauves de l'un de mes paysages parisiens de prédilection, cher aussi à Eugène Dabit, peintre et auteur de L'Hôtel du Nord. Vous longerez le canal, vous l'enjamberez par ses passerelles aériennes, vous écouterez le bruit de l'eau s'échappant des écluses et admirerez la majestueuse courbe de cette voie argentée …

N'hésitez pas alors à pénétrer au "Bar du Pont Tournant", un des cafés encore fréquenté par les mariniers. Là, malgré l'heure matinale, les marmites de moules-frites, se vident aussi vite que les ballons de blanc. Un rouquin barbu m'apostrophe dans une langue que je ne comprends pas, en m'adressant un clin d'œil appuyé. Plus loin, vous devez pouvoir assister au même genre de spectacle dans les cafés, les brasseries, les troquets et les bistrots qui se font face de chaque côté du canal, juste avant le bassin de La Villette et sa jonction au canal de l'Ourcq.

A suivre...
 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux"


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Perspective à la Chapelle.

22 Mai 2009, 09:49am

Publié par barreteau


En ce début d'après-midi, je déambule sur le boulevard de la Chapelle, bien à l'abri sous les piliers en fonte du métro aérien.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le quartier n'est pas très rieur, à deux pas de la Goutte d'or qui pourtant a grandement été assainie et réhabilitée … Les trottoirs ont été lavés à grande eau pour effacer les derniers reliefs du marché du matin et ainsi présenter le secteur sous son meilleur jour, mais malgré tout l'ambiance que dégage ce lieux reste pesante, morose, "tristounette" …

Soudain, une trouée dans les façades grisâtres, et c'est comme une éclaircie, annoncée par la perspective de la rue de Chartres. Le regard, libéré du poids du viaduc de la ligne 2, peut enfin se porter vers un horizon dégagé.

Et, là-haut, tout là-haut, dans votre ligne de mire, sur la butte, apparaît dans sa blancheur immaculée, le Sacré Cœur …

Décidemment aujourd'hui, de la Chapelle à la basilique, il n'y aura qu'un pas …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'accordéoniste yougoslave"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Gilbert, rue des Azaïs"

 

 

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Aux marges de la ville

1 Mai 2008, 10:40am

Publié par barreteau


La Place de l'Argonne dans le 19ème arrondissement est un lieu quelque peu étrange, un lieu aux marges de la ville, à proximité des voies ferrées de la Petite-Ceinture et de la confluence du canal Saint-Denis et du canal de l'Ourcq.

Peut-être cette place insolite doit-elle son nom à sa position géographique dans Paris qui est un peu similaire à celle que tient la région de l'Argonne en France ? En effet, l'Argonne n'est-elle pas une région naturelle de l'Est de la France, s'étendant de la Marne aux Ardennes, donc là aussi, aux marges d'un territoire ?

Mais sommes-nous ici, toujours dans Paris ?
Oui, car "être à la marge" ne conduit pas nécessairement à l'exclusion. Et, par rapport à la norme du centre-ville, un quartier à la marge, en lisière, s'invente d'autres formes de complicité, de partages, d'autres pratiques culturelles inédites et cosmopolites, voire de nouvelles formes architecturales ...

Et c'est bien ce que l'on constate ici, place de l'Argonne, un lieu "loin de tout" mais qui a su créer une vraie vie de quartier grâce à un amalgame réussi de commerces, d'immeubles de bureaux, de logements ...

Avec son austère pont de chemin de fer, la "face Est" de la place, désormais redessinée, plantée d'arbres et rendue aux piétons, est devenue une place plus aérée, plus lumineuse ...

Le soleil ne se lève-t-il pas toujours à l'Est ... ?


 
>> La place de l'Argonne, aujourd'hui. (Image de synthèse: "Mairie de Paris")

  
 

 

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" Paris par la face Est ..."

15 Avril 2008, 09:30am

Publié par barreteau

Hauteurs de l'Est parisien: rue de Ménilmontant.

Au départ, l'objectif du photo-blog Parisperdu semble simple :"Découvrir l'Est Parisien en suivant des itinéraires qui feront comprendre la ville dans toute sa diversité et permettront de partager un peu la vie des habitants de ces quartiers".

Mais Paris est compliquée, diverse, "mosaïque", et mener à bien l'ambition de rendre intelligible un spectacle, une réalité confuse dans ses manifestations n'est pas chose aisée. Car c'est bien là le but final de Parisperdu : permettre au lecteur devenu piéton d'appréhender la réalité parisienne. Et atteindre Paris par la "face Est" n'est pas forcement la voie la plus facile ...

Toutefois, cette sortie du lecteur sur le terrain est nécessaire pour s'imprégner de la ville, pour s'imprégner de la vie ... 

Alors, Parisperdu, votre guide dans ce Paris de début de millénaire, dans ce Paris protéiforme, vous permettra de parcourir et de comprendre quartiers et espaces urbains. En les décrivant bien sûr, mais aussi en expliquant leur mutation, voire parfois en s'autorisant à en envisager le futur (qui peut être, pour Belleville par exemple, celui d'un radical bouleversement).


Belleville, justement que nous sillonnerons de long en large, car comme pour nombre de Parisiens venus autrefois de province, puis d'Italie, d'Europe centrale, de Kabylie et aujourd'hui d'Afrique subsaharienne, c'est pour nous, le quartier emblématique de l'Est parisien.

Le pari de Parisperdu ne sera gagné que si vous nous accompagnez sur le chemin ardu de la "face Est" ... aussi, merci pour votre fidélité.


>> Une autre approche, celle des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

 

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Où sont passés les vrais gens ... ?

11 Mars 2008, 09:27am

Publié par barreteau


Le Piston Pélican - 15, Rue de Bagnolet, Paris 20ème :
Un
bar mi-tendance mi-classique.

Vingt ans après New-York, et dans le sillage de Londres, Paris n'en finit plus de redistribuer son espace, sa beauté ...
Pour voir de vrais gens, il faut maintenant aller rue Riquet, dans le 19ème ou dans quelques arrières cours, devenues rares, du 20ème.

A Paris, trouver de vrais gens est quelque chose de plus en plus difficile ...
Car le défaut majeur des empires et de leurs capitales est de rejeter toujours plus loin leurs forces vives. Elles sont finalement bannies des lieux, mises à l'écart ...
Les librairies, les bistrots n'en finissent plus d'être dévorées par les cafés high-tech et les boutiques de fast-food. Les ateliers d'artisans, les petits commerces ferment ... et leurs immeubles sont découpés en morceaux pour y installer des banques ou des lofts pour les néo-bobos.
Les jeunes bobos en kaki ont besoin de tranquillité. Pantalons troués et scooter certes, mais bonnes écoles et hauteur sous plafond pour mieux vivre.

Que de quartiers perdus, on étouffe dans cette nouvelle cité. Alors, on peut toujours envoyer les enfants à la campagne. Mais la campagne recule. De ce Paris perdu, qu'il nous est parfois possible de retrouver sur les images de Willy Ronis ou de Robert Doisneau ... il ne reste presque plus rien.
On pouvait pourtant y rencontrer de vrais gens qui vivaient petitement mais qui avait un cœur énorme. Pour eux pas de "méga-teuf" où il "faut être vu" pour pouvoir croire exister encore un peu  ... mais des fêtes bon enfant, des bals dans la rue, comme aux soirs des 14 juillet ...


Mais c'était au temps d'avant la victoire des marchands.


>> Sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville de bobos".


>> Sur Parisperdu : "Bienvenue à Boboland".



  

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Sur la butte Bergeyre.

26 Janvier 2008, 10:39am

Publié par barreteau



Dans le 19ème arrondissement, sur la butte Bergeyre, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs ... peut-être.

Cinq rues seulement entourent, quadrillent ce petit périmètre.
La rue Georges-Lardennois
relie la "vraie ville" au village perché sur le sommet. Elle suit un long tracé jusqu'au point culminant qu'elle atteint après avoir enlacé l'ensemble de la butte qui s'élève tel un pain de sucre.
La rue Barrelet-de
-Ricou se termine par des escaliers où Willy Ronis a saisi dans son objectif un instant magique, "sur le fil du hasard", comme il se plait à le dire.
Au cœur de la butte, on trouvera la rue Rémy-de-Gourmont et la rue Philippe-Hecht, toutes deux avec leurs petits immeubles à deux étages bien sagement alignés.

Et puis, comme pour donner un relief encore plus fantastique à cette étrange butte, on découvre la rue Edgar-Poë. Avec des jardinets étroits comme des jardinières prises sur le trottoir, c'est là que nous croisons ces deux fillettes: les deux sœurs de la rue Edgard  Poë !

S'appellent-elles Eleonora et Virginia ? Oui peut-être, car sur la butte Bergeyre, nous ne serions pas étonnés de croiser .... les héroïnes de l'une de ses "Histoires extraordinaires" !
Car enfin, nous sommes bien ici dans un lieu extraordinaire, un endroit isolé et tout à la fois urbain, un quartier unique à l'environnement singulier, un espace à l'écart de la ville, tout en étant dans la ville.
Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris.

 

>> La tranquillité des sommets.

>> La rue Barrelet-de-Ricou et ses escaliers dévalant vers l'avenue Simon Bolivar (© Willy Ronis) 

>> Jean-Jacques Rousseau, un promeneur solitaire et rêveur sur la butte Bergeyre.



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Rêveries du promeneur solitaire.

27 Décembre 2007, 16:48pm

Publié par barreteau

Rue Georges Lardennois 75019 Paris - Juin 1995


" Je gagnai les hauteurs de Ménilmontant, et de là prenant les sentiers à travers les vignes et les prairies, je traversai jusqu'à Charonne le riant paysage qui sépare ces deux villages... "
Jean-Jacques Rousseau / "Les Rêveries du promeneur solitaire" (1782).

Disons-le tout net, aujourd'hui encore, se promener sur la butte Bergeyre, c'est découvrir un lieu hors du temps.

Plus de prairies et de riants paysages bien sûr, mais les vignes sont toujours là ... Tout ici peut encore conduire à la rêverie, le promeneur d'aujourd'hui qui s'aventure - en solitaire ou non - dans ce quartier isolé, quelque peu suranné ... et quasiment improbable ...

Serait-ce alors un privilège dû aux quelque 90 mètres d'altitude de la butte Bergeyre ? 
Peut-être, ... en tout cas ici, le rêve est à portée de main, ... A découvrir d'urgence !
 

 

 

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A Georges et à Léon-Paul

22 Décembre 2007, 09:45am

Publié par barreteau

Bar de la rue des Cascades, 1994

"J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables...". C'est Georges Perec qui parle.

"Mais mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l'oubli s'infiltrera dans ma mémoire...", poursuit-il.

Pour garder en mémoire ce Paris au bord de la disparition, Parisperdu sillonne inlassablement la capitale, et ce, jusqu'à devenir un véritable ... "piéton de Paris" pour reprendre le titre du livre de Léon-Paul Fargue, un autre grand amoureux de Paris.
Dans son ouvrage, Léon-Paul dresse une suite de croquis, d'instantanés, de chroniques, de choses vues, d'images concrètes et vibrantes, accrochées au pouls de la métropole française.

Aujourd'hui Parisperdu rend hommage à ces deux écrivains, ô combien représentatifs d'une certaine vision, d'un certain regard sur la ville qu'ils aiment tant ... sur un Paris qui disparaît chaque jour un peu plus sous leurs yeux, sous nos yeux ...


>> En savoir plus sur Georges Perec.

>> En savoir plus sur Léon-Paul Fargue.

 

 

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Paris est un véritable océan ...

8 Décembre 2007, 10:55am

Publié par barreteau


Vous souhaitez découvrir la ville hors des sentiers battus ? Vous voulez visiter Paris autrement ... ?
Alors aujourd'hui, vous n'avez plus d'excuses pour ne pas vous y lancer car ... vous avez un formidable allié : le vélib'.

Avec ce nouveau moyen de déplacement, les parisiens prennent maintenant plaisir à se réapproprier leur ville en empruntant des rues dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence, et en s'arrêtant devant certaines façades devant lesquelles ils n'auraient, auparavant, prêté aucune attention.

Mais à Paris, la découverte de la ville est une tâche immense ...
Car si l'on en croit  Honoré de BALZAC: "Paris est un véritable océan. Parcourez-le, décrivez-le ... il s'y rencontrera toujours un lieu vierge, un antre inconnu ... quelque chose d'inouï, d'oublié ... "

Alors à vous les ruelles secrètes, les façades et les cours cachées ...
Plus que jamais, la capitale s'offre à vous ...ludique, originale... captivante.


>> Paris, tout sur le Vélib'.

>> Vélib' : trouvez votre station.

 

 

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Sur les pas d'Eugène Atget

29 Novembre 2007, 10:10am

Publié par barreteau

Le regard des Cascades, 75020 Paris

Au tournant des années 1900, lorsqu'Eugène Atget photographie Paris, il porte un regard très personnel sur la ville. Il nous montre en effet, la capitale sans son architecture monumentale, ne s'intéressant qu'à des quartiers, aux marges de la ville, où sont (déjà) relégués les exclus du développement urbain.
Il réussit ainsi à traquer - dans une ville en perpétuelle démolition et reconstruction - une mémoire au bord de la disparition.

Le photoblog Parisperdu se réclame (modestement) de la démarche d'Atget, car aujourd'hui aussi, la ville, en ce début de XXIe siècle, connaît  ses mutations, ses mises à l'écart mais aussi ses évolutions porteuses de sens.

Un siècle s'est écoulé, mais à Paris, les problématiques d'hier sont toujours d'actualité ... et même à l'époque de l'image numérique, les clichés sur papier albuminé d'Atget sont riches d'enseignements.


>> Le regard des Cascades, ©Eugène Atget 1901

>> Atget, un regard sur la ville.

 

 

 

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Position dominante.

29 Octobre 2007, 10:14am

Publié par barreteau


Le parc de Belleville est peut-être le parc le moins fréquenté de la capitale, et pourtant, ce vaste espace de verdure a beaucoup de charme et, il est idéal - aux beaux jours - pour flâner, bouquiner sur un banc ou faire la sieste sur une pelouse.
 

La terrasse, au sommet du parc, offre une époustouflante vue panoramique sur Paris. C'est un lieu propice à la rêverie et à la contemplation de la ville. Evitez, toutefois de trop porter votre regard à gauche, là où les tours de Belleville font une véritable cicatrice au paysage ... Puis, retournez-vous vers la rue des Envierges : elle a conservé le calme et la poésie des hauts de Belleville.

On peut aussi venir ici à la tombée de la nuit pour découvrir une Tour Eiffel toute scintillante, comme un bijou posé sur Paris...
Etre perché là-haut, en position dominante sur la ville brillant de mille feux, est alors un véritable enchantement...

 

>> Parc de Belleville, un peu d'histoire ...

>> Le Parc de Belleville, déjà dans Parisperdu

 

 

 

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Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs.

17 Septembre 2007, 09:55am

Publié par barreteau


Pendant une grande partie des années 90, des secteurs entiers de Belleville ont ressemblé à une ville fantôme.

Les promoteurs qui, avec l'aide de la ville, ont préempté le quartier, on eu parfois du mal à faire jaillir de terre leurs immeubles flambants neufs. Alors, pendant des années, aux rez-de-chaussée, les portes sont restées murées. Des rideaux de fer, rouillés, étaient invariablement descendus sur toutes les devantures des cafés, des snacks, des épiceries, ... Plus grande activité dans le quartier ... même le coiffeur en est réduit à aller "peigner la girafe" !

Aux étages, des dizaines, des centaines de volets fermés en plein jour, et ... parfois, seul un pot de géranium, là-haut, au cinquième, dans l'encadrement d'une fenêtre ouverte, nous signale la présence d'un irréductible qui résiste encore et toujours à l'envahisseur.

Car les habitants, installés ici depuis dix, vingt, trente, quarante années, n'ont pas quitté la place en sifflotant, guillerets... Les personnes âgées ont subi une forme d'intimidation, elles ont reçu des courriers et des visites d'individus leur demandant de partir.

Avec d'autres, plus jeunes ... la seule injonction n'a pas suffi. Alors, on a eu recours à des méthodes moins avenantes : de faux squatteurs ont envahi les immeubles, détruit des canalisations, pourri la vie des locataires attitrés. Ailleurs, des départs d'incendies ont éclaté. Ailleurs encore, on a glissé des enveloppes ... Et, aussitôt l'appartement vidé, des "dévitaliseurs" entrent en action : on casse la toiture et les vitres, on démonte les canalisations, les toilettes et la salle d'eau ... tout cela pour éviter que quiconque ne puissent revenir s'y loger.

Les moins vulnérables se sont regroupés au sein de collectifs. Ils ne demandent qu'une chose : que les nouveaux appartements demeurent accessibles à tous. Ainsi, les locataires les plus combatifs, ou les mieux protégés (par des "lois 48", par exemple) seront recasés dans le parc social du quartier. Mais la plupart seront renvoyés en banlieue Nord ou Est, dans les barres d'HLM.

La violence du processus, sa soudaineté, son volontarisme rendent ici visibles, palpables, un embourgeoisement accéléré et son corollaire, l'éviction du peuple en périphérie.

Mais, bien souvent, la seule loi du marché suffit à transformer, "en douceur", et ...presque      "naturellement", des quartiers entiers et leurs populations : une hausse constante du prix de l'immobilier contribue à "moderniser" la cité plus sûrement et plus discrètement que tous les dévitaliseurs"....


>> Voir aussi : "Démolition des murs ... démolition des vies"


>>
Voir aussi : "Odette, quatre fois vingt ans"


 

 

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En redescendant des hauts de Ménilmontant

12 Septembre 2007, 10:21am

Publié par barreteau

 

 


Ménilmontant, tout comme Belleville - son voisin - sont tous deux et depuis bien longtemps des quartiers multiethniques.

En redescendant des hauts de Ménilmontant ou en remontant du bas de Belleville, vous allez trouver ici un échantillon représentatif des deux tiers de l'humanité, sur moins de deux hectares... Chaque habitant de ces quartiers est donc naturellement immergé dans le multiculturalisme.

Mais Ménilmuch' a bien changé, son côté très popu et un peu canaille a aujourd'hui fait place a une ambiance plutôt "bobo-chicos", et ... progressivement la physionomie des rues a été profondément modifiée : les merceries ont été remplacées par des cybercafés, les cordonneries par des galeries et les brasseries par ... des Mac Do.

Au cours de ces vingt dernières années, les appartements de Ménilmontant ont vu leur population changer radicalement. Les nouveaux habitants ne sont plus ces locataires-résidents de condition modeste qui peuplaient encore majoritairement le quartier jusqu'au tournant des années 90.
Aujourd'hui, graphistes, journalistes, photographes, architectes ou designers... en sont les propriétaires-occupants. Ceux-ci ont rénové l'habitat et tous goûtent ici, au cœur de ces quartiers de traditions populaires, un nouvel art de vivre ...

Aussi, profitant d'une demande en forte hausse, les agences immobilières prolifèrent ... Certaines n'hésitent pas à proposer des greniers de 50 m2 au prix de 300 000 euros, ... travaux à prévoir !

Le sociologue Jacques Donzelot qualifie ces nouveaux habitants aux allures vaguement bohèmes de "classe émergente de la mondialisation".
Ménilmontant et sa sœur jumelle Belleville, les "multiculturelles" se trouvent donc, plus que jamais, au cœur de la mondialisation ...


>> En savoir plus sur Jacques Donzelot.

 

 

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Gilbert, rue Azaïs

28 Juillet 2007, 22:01pm

Publié par barreteau


Presque tous les jours, Gilbert est là, à ce même endroit de la rue Azaïs, à deux pas du Sacré-Cœur, et il y joue de l'harmonica. Son répertoire est tourné vers les airs du Paris populaire, ceux de Francis Lemarque, de Mouloudji, ... mais son morceau préféré reste: "La vie en rose".

Et pourtant la vie de Gilbert n'a pas toujours été rose ... Ancien régisseur d'un grand cabaret parisien dont il ne veut pas révéler le nom, il gagnait alors confortablement sa vie et habitait les beaux quartiers. Au tournant des années 80, une succession de désastres s'abat sur lui : il perd son emploi, sa femme le quitte et son fil unique se tue dans un accident de moto ... Gilbert essaiera de surmonter tout cela avec l'aide ... des alcools forts. Ils le rendront encore plus fragile ...

Aujourd'hui, il survit tant bien que mal d'une maigre pension qu'il essaye d'améliorer ici, dans la rue Azaïs, avec son petit harmonica ...

Les passants qui lui donnent une pièce sont sans doute plus sensibles à son physique dramatiquement, déformé par l'alcool, qu'aux notes un peu mièvres qu'il tire maladroitement de son modeste instrument.

 

 

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