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PARISPERDU

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Est-ce encore la rue Watt ?

14 Mars 2011, 09:10am

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Publié par barreteau

 


En 1986, l'érection, dans la cour d’honneur du Palais Royal, des "colonnes de Buren" provoque une levée de boucliers. En sera-t-il de même aujourd'hui pour les nouvelles "colonnes de la rue Watt" ?

Avec leurs "sculptures lumières", les architectes, designers et autres éclairagistes ont, disent-ils: "chercher à restituer l'esprit du lieu". Esprit, es-tu là ?

Hélas, il semble bien que non, car à la vue de ces pseudo-œuvres d'art, on comprend que la rue Watt n'est plus que le fantôme d'elle-même.

L'atmosphère si particulière de la rue Watt serait donc sensée être recréée par ces colonnes en inox, ajourées pour laisser passer la lumière de lampes à la vapeur de mercure et dessiner des entrelacs sur le sol …

Mais enfin, est-ce  bien encore la rue Watt… ?

 

Car il faut rappeler ce qu'était la rue, avant que les tonnes de béton de l'opération "Paris Rive Gauche" se déversent sur elle.

Jadis, la lumière naturelle filtrait au travers des poutrelles à claire-voie et le bruit des rames chantait au dessus de nos têtes … créant une atmosphère unique, hélas maintenant totalement disparue.

Aujourd'hui, dans le silence de son sarcophage de béton, isolée des voies en surplomb,  … la rue Watt de Tardi, de Léo Mallet, de Jean-Pierre Melville et de Boris Vian … est définitivement morte.

Pourtant, comme un infime signe d'espoir, les graffitis commencent à faire leur réapparition dans la nouvelle rue toilettée, aseptisée. Et pour le moment, les services de la Ville de Paris n'ont pas réagi … comme s'ils n'avaient pas encore décidé si la rue Watt devait rester "impeccable" où alors si elle pouvait retrouver un peu de sa noirceur étrange et de sa vie d'antant ?



>> C'était comment avant … ?

>> L'enterrement en couleurs de la rue Watt (mai 1993)

>> La rue Watt sur YouTube.


 

 

 

 

 

 

 

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Blake & Mortimer à Ménilmontant ...

4 Novembre 2010, 08:59am

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Publié par barreteau

119 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (juillet 1996)

Une nouvelle aventure de Blake & Mortimer se déroulerait-elle dans les quartiers Est de la capitale ?
En haut de la rue de Ménilmontant, j'ai croisé cette affiche où les deux héros créés par le dessinateur belge Edgar Jacobs semblent méfiants.

Leur grand ennemi, le colonel Olrik, serait-il donc dans les parages ?


Voyons leur conversation :

- "Damned Philip, je leur avais pourtant bien dit de rester discrets sur notre séjour ..."

- "Parlez-moins fort Blake, je crois qu'on nous observe ..."

Etrange et d'autant plus étrange, qu'à cet endroit exact, sur le sol on pouvait remarquer comme une "Marque jaune".

Le Piège diabolique
serait-il entrain de se refermer sur nos héros, là, exactement au 119 rue de Ménilmontant ... ?



>> Blake & Mortimer, le site officiel.

>> En savoir plus sur Blake & Mortimer.

 

 

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Désertiques dorsales.

10 Juin 2010, 09:50am

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Publié par barreteau

Avenue de France - Paris 13ème


Dès le début de l'opération Paris Rive Gauche, les architectes chargés d'aménager la ZAC se sont trouvés face à la configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau. L'un est perché sur de nouvelles avenues et l'autre sur le tapis ancien des voies ferrées.

L'aménagement d'un site ne pouvant se concevoir sans celui de son environnement, il aurait pu sembler nécessaire de couvrir les voies ferrées. Mais cette couverture est particulièrement hasardeuse dans ce secteur de Paris-Rive Gauche, puisqu'il faudrait "charcuter" sous les voies ferrées pour fonder les appuis d'une dalle. Mais là, en-dessous, il y a trois tunnels: deux pour le RER C et un autre qui permet de faire transiter les trains grandes lignes de la gare d'Austerlitz.  Comme les plafonds de ces trois tunnels ne sont pas en mesure de supporter le poids de la "dalle funéraire" de Paris Rive Gauche et de ses plantations rabougries et comme ils ne peuvent pas non plus être traversés par des piliers, vu la multitude des aiguillages à cet endroit: la "solution" a donc consisté … à laisser les lieux en l'état !

Ce qui nous vaut ces sinistres avenues, démesurées, longues comme un jour sans pain, surchargée sur un côté de bureaux aux dimensions brutales et bordées sur l'autre côté par le vide, avec en contrebas un univers où le rail est omniprésent, sale, bruyant, odorant …

Le "clou" de cet urbanisme bancal, ce sont les avenues de France et Mendès-France, deux désertiques dorsales. Avec leurs grilles et leurs lampadaires d'autoroute, elles longent les quatre équerres de la BNF et son esplanade des courants d'air … triste programme !

Au secours, rendez-moi mon vieux 13ème, celui de Tardi et de Léo-Mallet.



>> Une configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau.

>> La mémoire de la Nouveauté.

>>"Brouillard au pont de Tolbiac"  de  Léo Mallet et Jacques Tardi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Que reste-t-il de la rue Watt ?

5 Mai 2010, 10:00am

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Publié par barreteau

Chantier de la nouvelle rue Watt (mars 2009)

 

 

Lorsqu'aujourd'hui, je me rends rue Watt, un air de Charles Trenet me vient immédiatement à l'esprit :" Que reste-t-il de tout cela, dites-le-moi ?".

 

Où sont les réverbères qui distillaient cette lumière blafarde qui convenait si bien à l'endroit ?

Où sont passées les puissantes colonnes en fonte ? Qu'est devenu le trottoir surélevé avec son aérienne rambarde en fer forgé ? …

Tout cela a disparu, pour laisser place à une voie sous-terraine d'une triste banalité, un quelconque tunnel comme il en existe des dizaines dans Paris.
Boris Vian doit se retourner dans sa tombe !

 

Pour les photographes qui avaient ici un sujet si sensible, toute la magie du lieu s'est définitivement "envolée".
Maintenant, c'est: "Circulez, y'a rien à voir" ….




>> Voir aussi sur parisperdu : "C'était comment avant ?"


 

 

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Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

1 Mai 2010, 09:01am

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Publié par barreteau

7 Rue Rémy  de Gourmont Paris 19ème (juin 1997)

 

A deux pas du prestigieux bâtiment du siège du Parti Communiste, réalisé par un Niemeyer alors au sommet de son art, se niche un havre d'authenticité. Une petite butte où l'air est plus pur, où la vie est plus vraie … C'est la butte Bergeyre, un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.

En 1918, sur cette butte, on construit le stade Bergeyre, ainsi nommé pour rendre hommage à un joueur de rugby mort pendant la Première Guerre mondiale. Il héberge alors le club de football de l'Olympique de Paris qui sera absorbé par le Red Star en 1926. La même année, le stade est démoli et des logements sont bâtis à sa place. Le lotissement est inauguré en 1927, par Joséphine Baker.

 

Aujourd'hui, lorsque l'on déambule sur la butte Bergeyre et que l'on emprunte la rue Rémy de Gourmont, on remarque cette petite épicerie encore restée "dans son jus".

Elle arbore un vieux panonceau "Epicerie fine", ce qui ne signifie pas qu'elle soit dépositaire des produits Hédiard ou Fauchon. Non, en ce temps-là il y avait des épiceries fines comme il y avait du "vin fin". Cette "finesse" voulait simplement indiquer que les produits proposés étaient d'une qualité un peu au-dessus du "tout-venant".

 

Mais, maintenir une épicerie dans un si petit quartier relève bientôt de l'utopie. Pour ne pas qu'elle meure, l'association des habitants de la butte Bergeyre, va la racheter et la rebaptiser "L'Utopicerie"

 

L'Utopicerie va alors devenir, un lieu de rencontre et d'échanges, un lieu d'expression et de créativité aussi, avec des activités pour les enfants ou les adultes, un Ciné club, des expositions … Mais le local conserve toujours sa fonction commerciale d'origine et vous pouvez encore y acheter des fruits et des légumes, … bien sûr, maintenant, ils sont "bio"… On passe la commande sur place le mercredi soir et le mercredi suivant on vient chercher son panier … et on repasse sa commande pour la semaine suivante !

 

Là se retrouvent les esprits libres et non-conformistes qui fuient l'artificialité des "bobos". La chaleur est immédiate, la proximité non feinte, la fidélité acquise.

Finalement, elle n'est pas si utopique que cela, l'épicerie de la butte Bergeyre … !



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Sur la butte Bergeyre".

>> "N'est pas Willy Ronis qui veut ... !"

>> Butte Bergeyre, … et il y avait-là un stade.

 

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Bandes: pas de quartiers !

2 Avril 2010, 08:43am

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Publié par barreteau

Carrefour des rues de l'Escaut, Curial et Labois-Rouillon – Paris 19ème.

 

De tout temps, il y a eu des bandes à Paris, plus ou moins organisées, plus ou moins violentes, souvenons-nous de la bande à Bono, des Apaches, des Blousons noirs, des Hell Angels, des bandes de la CGT … la liste serait longue.

Aujourd'hui, le sujet fait un retour en force au premier plan de l'actualité, avec le recensement que vient de publier la Ministre de l'Intérieur. Sur le territoire métropolitain, dans les quartiers, les bandes sont au nombre de 222, dont près de 80 % en région parisienne, regroupant quelque 5000 membres permanents ou occasionnels dont 47 % sont des mineurs.

A Paris, ce sont surtout les arrondissements orientaux qui sont concernés, en particulier le 19ème avec les Bandes Reverdy-Moselle, Curial-Cambrai, Pinot-Solidarité et la Bande Chaufourniers. Dans les arrondissements du sud, c'est le 13ème qui occupe le haut du pavé, avec les Bandes de la Place Souham, du Colonel-Dominé / Paul-Bourget,  de la Brillat et la Bande de la Dalle des Olympiades.

Ces bandes sont constituées en grande majorité de gens désocialisés et cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment la police. La bande occupe des territoires et "certains" voudraient qu'ils échappent aux policiers, notamment les territoires où il y a des trafics de drogue. En dehors, ou en complément de ces trafics, on constate dans ces quartiers, une pratique quotidienne de vols à main armée et un climat de violence entretenu par un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes.
 

Les affrontements entre bandes sont la manifestation la plus visible de leur existence. Ils donnent lieu alors, à des explosions de violence au cours desquelles l'usage des armes blanches ou à feu est de plus en plus fréquent. Dans le 19ème, la rivalité entre les gangs  Reverdy-Moselle et Curial-Cambrai, deux cités ennemies, entraine de nombreux règlements de compte qui peuvent parfois prendre des tournures tragiques.
 

Sur la toile, on peut parfaitement suivre leurs activités et leurs faits d'armes. Car souvent, les bandes disposent de blogs où elles se racontent, menacent leurs ennemis ou diffusent photos et vidéos provocatrices.

Le sentiment d'avoir constitué des territoires interdits aux personnes extérieures est un dénominateur commun de ces blogs, qui relèvent presque tous de la galaxie des Skyblogs.

Là, avec un haut niveau de violence verbale, des jeunes de cités difficiles rivalisent pour déterminer quel est le quartier de France le plus craint, "le plus chaud" ou "le plus ghetto".

Comme des dizaines d'autres blogs, le skyblog des "Reverdy-Moselle" se vante ainsi d'une descente effectuée dans la cité concurrente, celle de la "Curial-Cambrai" en l'occurrence, photo à l'appui. L'écriture, difficile à déchiffrer, est un mélange de verlan, d'argot, avec utilisation du langage SMS et une accumulation de fautes d'orthographe, jugez plutôt:

"On é alé la bas, on é passer, ya pas eu de probleme, on c pozé la bas, maintnant il peuve pas nié, g penser a prendre les foto", assure le blogueur. Une attitude raillée par ceux de la "6T Curial-Cambrai " dans leurs commentaires : pour eux, la descente était fictive, trop rapide pour donner lieu à un affrontement.
Au travers de ces blogs s'expriment une grande fierté et un puissant sentiment d'appartenance à chacune de leur "tess" (cité)  … mais sans jamais faire aucune concession à la "tess" rivale  …. Il n'y a pas de quartier pour les bandes !

 

 

>> Belleville : de la déliquescence à la délinquance ...

 

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

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Voie AA/12.

29 Mars 2010, 09:52am

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Publié par barreteau

Voie AA/12 – Paris 12éme.


A Paris, la voie AA/12 est l'une des rares rues sans éponyme, c'est-à-dire une rue n'ayant jamais été nommée. Dans pareil cas, l'identification de ces rues repose sur un système permettant une désignation systématique des voies parisiennes. Elle est formée d'un code d'une ou de deux lettres, séparé du numéro de l'arrondissement par une barre oblique.

Le fait est courant pour les bretelles d'accès au boulevard périphérique, mais moins fréquent pour une rue située à l'intérieur de Paris.
Ainsi, la voie AA/12 désigne une voie du 12e arrondissement, dans le quartier de Bercy. Il s'agit d'une rue principalement piétonne qui relie l'avenue Daumesnil à la rue de Charenton.
Il existe aussi une voie AA/13 dans le 13e arrondissement.

La nécessité de donner à ces voies un nom plus conventionnel ne semble pas s'être présentée aussi, possèdent-elles des plaques officielles affichant cette dénomination.
Curieux non … ?

 

 


>> Plaque de la voie AA/12, à l'intersection avec l'avenue Daumesnil.

>> Déjà dans Parisperdu: la voie U/20, devenue rue Fernand Raynaud.


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A la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs.

5 Mars 2010, 11:26am

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Publié par barreteau

18 bis, rue de la Mare Paris 20ème (Juillet 1997).

 

Une balade au cœur du 20ème arrondissement a toujours été pour moi l'occasion d'une immersion au cœur d'un quartier convivial, revivifiant, avec la promesse de rencontres et de découvertes humainement enrichissantes.

 

A tout moment il se peut que je croise, au seuil d'un bistro des plus ordinaires, un tenancier tout sourire qui discute avec ses clients, et qui salue des connaissances passant par là. Un peu plus loin, il est possible que je puisse observer, avec gourmandise, l'agitation de petits commerçants: des épiciers, des bouchers, … qui servent leurs clients tout en dissertant avec eux.

 

Puis soudain, je tombe sur cette femme, à la fenêtre de son premier étage. Elle récolte de la menthe parmi une profusion de jardinières fleuries. En imaginant le parfum de la menthe, je lui souris malgré moi, et elle me rend mon sourire. Elle va même jusqu'à appeler une autre jeune fille pour lui raconter nos échanges de regards. Tout cela dure bien une minute, on se sourit, on se salue mutuellement … On se croirait dans le midi avec les gens qui se parlent de fenêtre à fenêtre …

Mais nous sommes à Paris, et tout cela parait incroyable. La scène s'est en effet déroulé tout près du pont de la rue de la Mare, à l'angle d'un petit carrefour, dans ce 20ème qui a connu tant de destructions. Aussi à cet instant, j'ai pensé: "Ce devait être comme ça Paris, avant !".

 

Pourtant quelques minutes plus tôt, je ne sais plus dans quelle rue, je ne sais plus dans quel carrefour, j'ai vu la horde des résidences "néo-classiques" du nouveau 20ème arrondissement, sûrement ces "horreurs" ont remplacé d'anciens bâtiments à un seul étage. Ces nouvelles résidences, que l'on retrouve maintenant presque partout dans la capitale, me font penser à une ville en carton pâte, à des décors de Disneyland... à une ville irréelle, inhumaine.

Ces bâtiments tout lisses avec de lourdes portes fermées, verrouillées par les digicodes, ont un côté "aseptisé", froid, je dirai même mort. Et là, il ne se dégage plus du tout le même entrain, plus la même gaité que sur le lieu de la scénette de la rue de la Mare ...

On fait de nos villes des lieux qui vont à l’encontre des souhaits, des désirs de leurs habitants … Or pourtant une ville est faite pour ses habitants et par ses habitants, ... mais on détruit des quartiers entiers, on en bouscule les personnes sans que celles-ci aient accès à la décision ou le moindre droit à la parole.

 

On nous a "volé" notre Paris populaire avec ses gens qui se parlent, qui se sourient …

Il ne reste plus que quelques miettes de ce Paris-là, à vous de les découvrir, en partant vous aussi, à la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs …

 

Nadège est plus que l'inspiratrice de ce billet, elle s’y reconnaîtra !


>> Déjà sur Parisperdu : " Le petit miracle de Belleville".

>> Voir aussi : " Vilin, Couronnes et Pali-Kao ... ". 

 

 

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Who are you Mister Wallace ?

21 Février 2010, 10:26am

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Publié par barreteau


Sir Richard Wallace, citoyen britannique, collectionneur d'art et philanthrope notoire, passa une grande partie de sa vie à Paris, la ville qu'il aimait par-dessus tout. Il est d'ailleurs enterré au cimetière du Père-Lachaise.

En 1872, Sir Richard Wallace, éprouvé par les années de guerre franco-allemande, le siège de Paris et la Commune, décide d'aider les parisiens marqués par la misère et le manque d'eau au cours de ces terribles années. Il offre à la Ville de Paris "50 fontaines à boire, à établir sur les points les plus utiles, pour permettre aux passants de se désaltérer ".
La pose commence dès 1875, et la première fontaine est installée Boulevard de la Villette.
Les parisiens sont vite conquis par cette innovation et la Ville s'empresse d'installer 30 fontaines supplémentaires.


Les fontaines Wallace se présentent sous la forme de petits édicules en fonte d'une grande réussite esthétique, elles sont reconnues dans le monde entier comme l'un des symboles de Paris, bien qu'elles soient aussi présentes dans plusieurs autres villes dans le monde.

Aujourd'hui, à Paris, on dénombre 151 fontaines Wallace, alimentées à partir du réseau d'eau potable, et qui fonctionnent comme au premier jour. En service du 15 mars au 15 novembre (les risques de gel durant les mois d'hiver mettraient en péril la plomberie interne), elles sont régulièrement entretenues et repeintes tous les deux ans. Encore aujourd'hui, où l'eau et l'hygiène ne sont pas un problème pour la grande majorité des Parisiens, ces fontaines sont souvent les seuls points d'eau gratuits pour les SDF et les citadins déshérités. Riches ou pauvres, tous les passants peuvent s'y désaltérer.

Elles font maintenant définitivement partie du paysage parisien et pourtant, tout comme les non moins célèbres colonnes Morris, elles ne sont toujours pas classées monuments historiques.

Au cinéma, un plan sur une fontaine Wallace permet d'indiquer clairement que l'action se déroule à Paris. Et ce n'est pas un hasard si Jean-Pierre Jeunet, dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain", a baptisé l’un des personnages Madeleine Wallace, car "Elle pleure comme une madeleine", ou comme une fontaine… Wallace ! 



>> Les 151 fontaines Wallace de Paris.

>> A lire aussi sur Parisperdu : "Qui êtes-vous Monsieur Morris" ?


 

 

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Rue du Javelot.

5 Février 2010, 10:45am

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Publié par barreteau


Pour les photographes parisiens, la rue du Javelot serait-elle devenue "la nouvelle rue Watt" ?

Peut-être bien, car on y retrouve l'atmosphère particulière des rues sous-terraines, à la fois glauques mais envoûtantes, effrayantes mais terriblement esthétiques.

La rue du Javelot est une vraie rue de la ville de Paris. Souterraine, ses entrées ressemblent plutôt à des entrées de parkings, l'éclairage y est médiocre... et partout fleurissent des panneaux de stationnement interdit, avec l'immanquable pictogramme signalant l'enlèvement du véhicule en cas d'infraction.

 

Dans cette rue, beaucoup de petites choses qui seraient, ailleurs, sans importance deviennent ici complètement hallucinantes. Ainsi, vous y rencontrez des gens qui préfèrent faire leur jogging dans ce lieu clos et sinistre plutôt que dans le parc de Choisy à seulement quelques minutes de là, ou des amoureux qui passent leurs après-midi dans ce souterrain, à coté des poubelles …

 

Les enseignes des boutiques ressemblent peu à celles d'une rue commerçante, et pourtant, contrairement aux apparences, la rue du Javelot est une rue commerçante, et même très commerçante. Seulement ici, les commerces n'ont pas conquis le droit à des vitrines, à des néons, à de pimpantes couleurs … Rien n'est fait pour inciter le client à pousser la porte …

Ainsi, au 44, c'est le "Sieu-Thi Viet Nam", l'entrée d'un supermarché vietnamien, sa porte en tôle ondulée n'encourage pas à venir y faire ses courses.

Puis, au 58, c'est "Pasta et Basta", un restaurant italien sans doute caché derrière une porte au fond d'un sas faïencé; mais là non plus, on n'a pas très envie de s'attarder.

Plus loin, deux portes: l'une pour l'escalier, l'autre pour l'ascenseur, à moitié dissimulées derrière des containers-poubelle : c'est l'entrée du "47, rue du Javelot, 75013 Paris". Tout près, une boîte à lettre pour cette adresse improbable, située au milieu de nulle part …

Enfin, au 42, l'atmosphère ne semble pas très saine non plus, c'est pourtant l'adresse de la crèche collective. Mais elle est en travaux de déconstruction et de désamiantage !

 

Certaines démarches d'urbanistes érigent parfois la modernité en absurdité la plus totale …
Si vous n'en n'êtes pas convaincus, allez donc faire un tour rue du Javelot.

 

 

 

>> Voir aussi : "Dalle ou dédale des Olympiades ?"

 

 

 

 

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Travailleuses du trottoir .

20 Janvier 2010, 09:35am

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Publié par barreteau

Quelque part, sur les Boulevards des Maréchaux, le 23 Juin 2004 à 00 heure 43.

 

Dans le 18ème, où l'on a dénombré jusqu'à 350 prostituées sur les boulevards des maréchaux, la récente loi qui réprime le racolage, a bien modifié le paysage.

 

Mais la loi n'a pas supprimé la prostitution, bien au contraire … Dans un premier temps, elle l'a simplement reléguée loin des regards, dans les confins des bois, sur les  terrains vagues … puis finalement, la prostitution s'est repliée dans les appartements, les hôtels de tout standing, les fausses agences matrimoniales, les bars à hôtesses et les squats.

 

Depuis la mise en vigueur des lois sur la sécurité intérieure, la préfecture de police a procédé à plus de 3 000 gardes à vue de prostituées, plus de 1 000 présentations à la justice, à quelques 550 rétentions administratives, et 250 reconduites à la frontière !

 

Aujourd'hui, c'est une répression policière impitoyable qui s'est abattue sur la cohorte des travailleuses du trottoir … mais pour les réseaux et les proxénètes, les affaires continuent …

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Extérieur nuit".

 

 

 

 

 

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Qui êtes-vous Monsieur Morris ?

29 Novembre 2009, 09:36am

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Publié par barreteau



La colonne Morris est un élément du mobilier urbain parisien, présent aussi dans beaucoup de grandes villes en France et ailleurs dans le monde. De forme cylindrique, elle sert de support à la promotion des spectacles et des films. Éclairée à la nuit tombée, souvent rotative, l'espace qu'elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage des rues, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

Les colonnes Morris doivent leur nom à l'imprimeur Gabriel  Morris qui en a obtenu la concession à des fins publicitaires en 1868 auprès de l'inventeur, le Berlinois Ernst Litfass. Ce dernier les avait introduits à Berlin, dès 1854, afin de lutter contre l'affichage sauvage. Ainsi, dans tous les pays de langue allemande, on parle de Litfaßsäule, "colonne de Litfass".

La colonne est en fonte verte, sa toiture est composée d’une marquise hexagonale, décorée aux angles de six mufles de lions, le tout surmonté d’un dôme bombé, décoré d’écailles et d’une flèche ornée de feuilles d’acanthe. L'ensemble est d'une rare élégance et les colonnes Morris sont devenues des objets emblématiques de l'image de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d'Hector Guimard.

En 2006, la décision du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de réduire leur nombre de 773 à 550, c'est-à-dire de détruire 223 "Morris", au prétexte de "désencombrer l'espace public" a fait naitre une vive polémique. La ville de Paris estime donc que ces colonnes prennent trop de place ! Trop de place ? Ça fait rire les Berlinois : dans la capitale Allemande, des Litfasssäulen, il y en a 3000 !

A Paris, diverses associations de défense s'inquiètent de l'éventuelle disparition à terme de la totalité des colonnes Morris, au profit de supports publicitaires plus rentables.

Les colonnes que l'on voit aujourd’hui dans les rues de Paris sont en effet produites et gérées par le géant du mobilier urbain, l'entreprise JC Decaux. Ce sont des versions contemporaines assez fidèles au modèle du mobilier ancien. Mais, poussé par une logique financière, la mairie de Paris vient de revoir le contrat qui la lie à JC Decaux et a fait passer sa redevance de 8 % à plus de 40 % du chiffre d'affaires publicitaire. Decaux doit donc "se refaire de la marge", en proposant une colonne moins couteuse en investissement et aussi en exploitation. Après l'analyse de la valeur d'une colonne, c'est  l'architecte Jean-Michel Wilmotte qui a été choisi pour "re-designer" le produit  …

Redessinée ou pas,  les célèbres colonnes Morris ne sont pas prêtes de changer de patronyme …



>> "Ginette", première victime de la rentabilisation du mobilier urbain parisien.


>> Wilmotte redessine la colonne Morris.



 

 

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Balade hors des sentiers battus (3/3)

19 Juillet 2009, 09:37am

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Publié par barreteau

Square Vaillant / Rue du Japon –Paris 20ème

 

Paris, un jour de juillet.

17 heures, place Gambetta.

 

C'est l'heure idéale pour aborder ce quartier "en bout de piste", coincé entre le verdoyant cimetière du Père Lachaise et de petits tertres urbains.

Dès que vous atteignez la place Gambetta, instantanément,  vous allez vous croire dans le centre ville d'une sous-préfecture de province. Il vous semble même que vous pourriez rencontrer des figures déjà vues ailleurs, tant les gens semblent ici moins pressés, plus abordables que dans le centre historique.

Face à la place Martin Nadeau, la terrasse d'un café est bien attirante. N'hésitez surtout pas à vous y arrêter: vous avez devant vous la monté vers la rue Gasnier-Guy et le nouveau square qui occupe le secteur détruit de la rue de la Cloche. Là vivait, il y a encore peu de temps, tout un quartier populaire qui s'étendait jusqu'à la rue des Partants et à celle des Amandiers …

 

"Quand on questionne le passé, il répond présent !" disait Sacha Guitry. Eh oui … car ici la nostalgie vous guette nécessairement : tant de choses ont changé … Ceux qui sont venu ici, il ya 10 ans, 15 ans ne reconnaitront rien …
 

Pour vous replonger dans la vie d'aujourd'hui, le mieux sera de terminer cette journée de balade au Square Vaillant, derrière la mairie du 20ème. Tout autour de l'élégante serre, des enfants de toutes nationalités s'adonnent à des jeux de leur âge, en toute insouciance … Passer ici quelques instants à les observer est un réel délice.
 

Le soleil commence à décliner, il est temps de rentrer, les pieds bien fatigués, mais le cœur léger et l'esprit enrichi d'images, de rencontres, d'émotions accessibles seulement à ceux qui n'hésitent pas à cheminer dans la capitale, hors des sentiers battus …

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris, guide à l'usage du touriste averti".

 


>> Voir aussi sur Parisperdu :Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Rue de la Cloche".

 

 

 

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Perspective à la Chapelle.

22 Mai 2009, 09:49am

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Publié par barreteau


En ce début d'après-midi, je déambule sur le boulevard de la Chapelle, bien à l'abri sous les piliers en fonte du métro aérien.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le quartier n'est pas très rieur, à deux pas de la Goutte d'or qui pourtant a grandement été assainie et réhabilitée … Les trottoirs ont été lavés à grande eau pour effacer les derniers reliefs du marché du matin et ainsi présenter le secteur sous son meilleur jour, mais malgré tout l'ambiance que dégage ce lieux reste pesante, morose, "tristounette" …

Soudain, une trouée dans les façades grisâtres, et c'est comme une éclaircie, annoncée par la perspective de la rue de Chartres. Le regard, libéré du poids du viaduc de la ligne 2, peut enfin se porter vers un horizon dégagé.

Et, là-haut, tout là-haut, dans votre ligne de mire, sur la butte, apparaît dans sa blancheur immaculée, le Sacré Cœur …

Décidemment aujourd'hui, de la Chapelle à la basilique, il n'y aura qu'un pas …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'accordéoniste yougoslave"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Gilbert, rue des Azaïs"

 

 

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" Digicode, tu n'es pas mon ami "

10 Mai 2009, 10:21am

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Publié par barreteau



La découverte des cours et des arrière-cours des immeubles Bellevillois a longtemps été l'un de mes "sports" favoris. Quitter la foule et les vrombissements de la rue pour pénétrer dans ces espaces paisibles et hors du temps, a toujours été pour moi l'une des expériences les plus gratifiantes que l'on puisse s'offrir dans Paris. A chaque fois, vous allez à la découverte d'un territoire inconnu, d'un monde invisible, inimaginable.

Jusqu'au jour où il n'a plus été possible de pousser la moindre porte, d'ouvrir le plus petit des portails. Les digicodes s'étaient généralisés… Maintenant, ils vous interdissent à jamais tout accès vers la "terra incognita", et vous laisse pantois dans la rue, face à d'hermétiques façades …


Bien sûr, la sécurité des biens et des personnes justifie sans doute cet équipement, mais il déshumanise profondément l'approche d'un quartier… On en vient à regretter la disparition des concierges et des gardiens d'immeubles dont la conversation était bien plus vivante que celle d'un clavier en acier brossé … Non, décidemment, digicode, tu n'est pas mon ami !

Aussi, je reprends volontiers à mon compte ce couplet de MC Solar :

" Naguère, les concierges étaient en vogue.

Désormais, on les a remplacées par des digicodes…

Dans ma ville, il n'y avait pas de parcmètres.

Je voyais des ouvriers manger des sandwiches à l'omelette...

L'air y était plus pur, Paris était plus beau "


>> Voir aussi le sketch de l'humoriste Marc Jolivet qui met en scène un homme ivre souhaitant rentrer chez lui au milieu de la nuit en ayant oublié le code d'entrée.

 

 

 



 

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