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PARISPERDU

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Le charme hétérogène de la colline du Télégraphe.

1 Avril 2015, 08:25am

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Publié par barreteau

 Carrefour rue de Belleville et rue du Télégraphe Paris 20ème (Août 2014)

C’est sur les hauteurs de Ménilmontant que le scientifique Claude Chappe va réaliser le 12 juillet 1793 les essais grandeur nature de son "télégraphe", un système permettant de transmettre des messages à l’aide de codes, sur de grandes distances.

Son télégraphe possède alors 98 signaux différents, un nombre largement suffisant pour un usage quotidien. Aussi après avoir relié avec succès Ménilmontant et des villes du Val d’Oise, la construction d’une ligne entre Paris et Lille sera décidée.

La rue de Belleville que l'on aperçoit ici, prise en enfilade, forme un dos d'âne au niveau du carrefour de la rue du Télégraphe et atteint alors l'un de ses plus hauts sommets de la capitale, 128 mètres, tout juste devancé par le cimetière du Calvaire à Montmartre (131 m).

C'est précisément à ce carrefour que se dressait le mât de la fameuse invention de Chappe, pleinement utilisée, dès juillet 1793, pour correspondre avec les armées du nord.

Sur cette hauteur, mis à part l'immeuble moderne à droite, l'environnement n'a pas trop changé depuis cette époque.
Mais, au fil des ans, de nouvelles innovations ont pris place dans ce carrefour : tout d'abord le mât "Dervaux" signalant l'accès à la station de métro, et plus récemment la station Vélib et finalement tout dernièrement celle d'Autolib.
Pas de doute, la colline du télégraphe possède un charme certain pour attirer à elle toutes les innovations …


>>   Repère d'altitude: 128,508 mètres

>> Voir aussi : "Demain : tous bobos ?"

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177 avenue de Flandre.

29 Septembre 2014, 09:15am

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Publié par barreteau

177 avenue de Flandre Paris 19ème (juin 1997)

Le 177 de l'avenue de Flandre n'est pas une adresse banale. A ce numéro, on trouve un portail accolé au viaduc de La Villette sur lequel s'allonge la Petite Ceinture. Passé le portail, on débouche sur une allée plutôt campagnarde. Et là, chaque arche du viaduc est occupée par de singuliers locataires … On ne peut pas vraiment parler de bureaux même si la majorité des alcôves abritent des petites entreprises qui ont élu domicile dans ce lieu improbable.

L'arche N° 6 du viaduc abrite la "World Lines Transport & Services", une raison sociale que l'on s'attendrait plutôt trouver à New-York, sur la South Street Seaport au 69ème étage de la 180 Maiden Lane Tower ou bien encore à Hong-Kong au 74 ème étage du HarbourSide sur Austin Road …. mais en aucun cas au fond d'une impasse crasseuse du 19ème arrondissement de Paris !

Pour donner le change, la "World Lines Transport & Services", a placé, bien en vue sur l'avenue de Flandre un panneau qui pourrait rassurer l'éventuel client égaré dans le secteur.
Sur ce panneau, on peut lire:

"Afrique Antilles Asie Océan Indien Amérique Exotique"

"Fret Aérien Maritime"

"Transit Douanes"

Voilà qui ferait sérieux si le dessin au centre du panneau, ne venait pas tout gâcher. Jugez plutôt, on y découvre un homme en slip neutralisant du pied un boa (à moins que ce ne soit un python ?). Et de surcroît, ce sauvage n'a pas de tête, car sur son cou se dresse une ramification de 5 branches (les 5 continents peut-être ?). Et pour ajouter au baroque, on a figuré à côté de lui, un outil à l'allure plutôt martiale …

Aujourd'hui, tout ce folklore a disparu, et il n'y a plus rien au 177 avenue de Flandre, sauf … une Sanisette et une Station Vélib.

On n'ira pas bien loin avec ces "engins" alors qu'ici la "World Lines" vous offrait le monde entier !

 

>> Le 177 avenue de Flandre, aujourd'hui ...

>> De l'autre côté du viaduc de La Villette … là aussi ce n'est pas banal !

 

 

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Suez à nouveau dans l'impasse !

4 Septembre 2014, 09:06am

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Publié par barreteau

L'impasse Suez vue depuis la rue de Bagnolet. (Paris 20e) Juin 2012.

L'impasse de Suez doit bien sûr son nom au canal mais aussi sans doute à sa proximité avec la rue de Lesseps dont l'ingénieur en avait été le promoteur.

Au départ du 77 de la rue de Bagnolet, une voie a d'abord porté pendant quelque temps le nom de rue de Suez, celle-ci débouchait dans la rue de Lesseps. Puis, cette rue a été transformée en impasse lors de la construction de l’école communale de filles de la rue de Lesseps.

D'où aujourd'hui ce "moignon" de rue d'à peine 15 mètres de long, une impasse … pour tout dire assez moche. Toutefois, le quartier est tranquille, à deux pas du Cimetière du Père Lachaise par la rue du Repos … c'est vous dire si c'est calme … !

 

>> Autres impasses dans le même quartier.

 

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La plus petite maison de Paris.

6 Juin 2014, 08:45am

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Publié par barreteau

39 rue du Château-d'Eau _ Paris 10ème.

Dans le 10ème arrondissement, à proximité de la mairie, exactement au n°39 de la rue du Château-d'Eau, se trouve la plus petite maison de Paris.

Un peu plus d'un mètre de large pour 5 mètres de haut, une boutique au rez-de-chaussée et une pièce pour vivre à l'étage, … voilà une bien étrange résidence !

Autrefois, à cet emplacement, il y aurait eu un passage entre la rue du Château-d'Eau et la rue du Faubourg-Saint-Martin. Des querelles d'héritage au sujet de ce passage auraient conduit les propriétaires à le boucher par cette maison miniature …

On ne sait pas si ces faits sont exacts, mais quoiqu'il en soit, le 39 de la rue du Château-d'Eau est désormais répertorié comme "la plus petite maison de Paris".

A ce titre, elle est en compétition avec le 88 de la rue René Boulanger, également dans le 10ème arrondissement et aussi avec le 13 quai Voltaire où l’on signale "la plus étroite façade d’immeuble de Paris".

Toutefois, en comparaison du 39 de la rue du Château-d'Eau, ces deux autres adresses semblent avoir d'immenses façades car chacune d'elles atteignent allègrement … les 2,50 m de large !

 

>>  Le 88 de la rue René Boulanger _ Paris 10ème.

>> Le 13 quai Voltaire _ Paris 7ème


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Des rues de Paris en bois !

21 Mai 2014, 10:59am

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Publié par barreteau

Pavés de bois du passage Saint-Maur (Paris 11ème)

En 1912, Paris est considéré comme la ville ayant la circulation automobile la plus dense du monde : plus de 30 000 voitures passent en effet, chaque jour, dans la rue de Rivoli ou la place de l’Opéra. Berlin suit, loin derrière avec 14 000 véhicules/jour sur la Postdamer Platz et en Amérique, la 5ème avenue de New York ne fait alors pas mieux que 8 000 voitures par jour !

Mais ces rues, pavées en pierres, répercutent le bruit des voitures de manière insupportable pour les riverains. Des essais de pavage avec des pavés en bois sont entrepris et l'on constate que dans ces rues, le tumulte sonore est bien moindre : le revêtement en bois est alors considéré comme le mieux adapté à une circulation intense de l'automobile.

Et, à la veille de la première guerre mondiale, le quart des chaussées parisiennes est pavé de bois …

En 1925, près d'un million et demi de mètres carrés de rues de la capitale sont ainsi couverts en sapin du Nord, pin des Landes et bois exotiques. Mais à la longue, ces pavés en bois se révèlent coûteux, glissants et difficiles à entretenir. Ils sont progressivement remplacés et au final définitivement abandonnés peu après 1930. 

Pourtant aujourd'hui encore, en cherchant bien, on en trouve quelques rares exemplaires sur le sol parisien. Pour aller à leur rencontre, il faudra vous rendre Passage Saint-Maur, dans le 11ème, exactement au 81 de la rue Saint-Maur, ou dans le 3ème, au 38 de la rue Notre-Dame de Nazareth …

Sur place, n'espérez pas revivre les souvenirs de mai 68 et le fameux slogan "sous les pavés, la plage !" car le pavé en bois - lui - est posé directement à même le sol originel !


>> Le  passage Saint Maur - Paris 11ème (juin 2006)

 


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C'est la vie de château.

12 Février 2014, 10:09am

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Publié par barreteau

Métro Château Rouge - Paris 18ème (mai 2010)

Le quartier tire son appellation d'un petit manoir de couleur rouge qui jadis s'élevait ici.

Aujourd'hui, Château Rouge est un quartier quelque peu informel, accroché au flanc de la butte Montmartre, à proximité de la Goutte d'Or et de Clignancourt. Traversé du nord au sud, par le boulevard Barbès et la ligne 4 du métro, c'est avant tout un quartier à forte population d'origine africaine.

En journée, le secteur est très animé. Ainsi, rue Dejean, de nombreux marchés, épiceries et coiffeurs africains sont ouverts de façon quasi-permanente. Et, le week-end, des centaines de clients venus de toute l'Ile-de-France s'affairent ici, à la recherche de produits souvent introuvables ailleurs: des légumes ou des fruits tropicaux peu courants, des épices rares, des poissons capitaine ou thiof …

Lorsque vous sortez du métro Château Rouge, si la faim vous tenaille, empruntez la rue Custine puis à gauche la rue Ramey. Cette dernière comporte une multitude de petits restos africains et là, vous allez découvrir les vraies saveurs de l'Afrique occidentale. Vous n'aurez que l'embarras du choix. Chez "Maïmouna et Mandela", par exemple, les "mafé" ou les "yassa" sont à 5 euros ! Attention toutefois car, si la note n'est pas salée, … la sauce est très épicée !

Mais à Château-Rouge, ce n'est pas la vie de château car, prostitution et trafic de drogue font aussi partie du quotidien.
Aujourd'hui, ce quartier très chaud est en grande rénovation. On y détruit de nombreux immeubles vétustes pour pouvoir construire de nouveaux logements sociaux.

Cela va-t-il définitivement nettoyer Château Rouge … ?


>> Le nouveau visage du quartier Château Rouge.

>> Des problèmes persistants dans les quartiers Château Rouge et Goutte d’or.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Tourisme ethnique".

 



 

 

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Le boulevardier.

5 Novembre 2013, 09:26am

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Publié par barreteau

 Boulevard Bonne Nouvelle, 75002 Paris (Avril 2011)

Aujourd'hui, le boulevard Bonne Nouvelle est presque vide aussi c'est une chance d'apercevoir toutefois un boulevardier, une espèce d'homme devenue rare.

Le boulevardier est souvent un rêveur, il préfère les images aux concepts, car pour prendre forme, ces derniers exigent du travail.
Il est seulement occupé à arpenter les boulevards, selon un ancien code culturel du parisianisme qui tend à disparaître tout comme le paseo espagnol, la passeggiata italienne ou les promenades en soirées sur  les corniches marocaines ou égyptiennes …


Mais ici, nous sommes loin de la torpeur des rivages méditerranéens et la vie agitée de Paris, complexe et imprévisible, semble être la caractéristique la plus riche de la capitale et, au fond, la plus naturelle …
On comprend alors que le boulevardier soit une espèce en voie de disparition !


>> J'aime flâner sur les grands boulevards, Y'a tant de choses à voir …

 

 

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Dans un entrelacs de ruelles, de cours et d'arrière-cours ...

15 Septembre 2013, 11:58am

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Villa Castel -  Paris 20ème - juin 1994

Entre la rue de Ménilmontant et la rue de Belleville, sur les collines et leurs versants, se déploient tout un entrelacs de ruelles, d'impasses, de cours et d'arrière-cours, de venelles, de jardins, de tonnelles … comme autant d'oasis où une vie simple et rude a affiché, pendant longtemps, sa pauvreté et sa solidarité.

Si de l'esprit des rues arpentées par Willy Ronis, dans les années 50-60, il ne reste plus grand-chose, le promeneur attentif pourra toutefois, dans ces quartiers, retrouver quelques parcelles de ces mythiques "villages".

Ainsi, sur le belvédère de la rue Piat, l'agitation de la capitale haussmannienne semble bien lointaine. Le lieu, conserve une réelle magie même si, en contrebas, le parc a fait disparaître le lacis de petites rues, de passages et d'escaliers : Vilin, Pali-Kao, Julien Lacroix ... et pourtant, le vrai Belleville était là !


Sur le plateau, parcourez les rues des Envierges, du Transvaal, ainsi que le confidentiel passage Plantin et surtout la discrète Villa Castel où rodent encore les fantômes de "Jules et Jim".
De là, gagnez les rues décrivant les courbes de niveaux de la colline : rue de Savies, des Cascades, de l'Ermitage, du Retrait ...

A la belle saison, flâner dans ces rues est un vrai plaisir tant la paix et la sérénité sont ici omniprésentes.

 

>> La Villa Castel, déjà sur Parisperdu.

 

 

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Orfila et Villers de l'Isle d'Adam.

27 Juillet 2013, 11:30am

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Publié par barreteau

A la hauteur du 40, rue Orfila Paris 20ème (mai 2009)

Je navigue au hasard entre les rues Orfila et Villers de l'Isle d'Adam. On pourrait croire que ces deux rues rivalisent entre-elles, alors qu'elles coopèrent secrètement dans l'intervalle étroit qui les sépare, où elles complotent à leur aise par un dédale de cours et de jardins cachant des maisonnettes.

Comment le sait-on ? En appuyant à tout hasard sur les boutons de ces digicodes qui ont transformé en coffres-forts jusqu'aux logements les plus déshérités de la capitale. Un oubli, une négligence ou un dysfonctionnement quelconque vous ouvre alors parfois un passage sur l'étendue de toute une arrière-ville.


# Egalement du côté de la rue Villers de l'Isle d'Adam:

 >> Un autre monde.

 >>"On dirait le sud"

 

 

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L'autre bout du monde.

23 Juillet 2013, 09:05am

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Publié par barreteau

Rue Westermann Paris 20ème

"Aller au bout du monde …", cela peut sembler être le propre des grands voyageurs, des aventuriers, de ceux qui veulent aller toujours plus loin …

Mais il y a des limites que sont ces pointes de terre ou de roches qui s'avancent en mer, ces caps mythifiés par les marins: le Horn, Bonne-Espérance, Leeuwin … ou plus près de nous le cap Sizun, au pays de la pointe du Raz et de l'île de Sein, dans le bien nommé Finistère, en latin "finibus terræ": la fin de la terre. Au-delà, il n'y aurait plus rien.

Mais est-il nécessaire d'aller si loin pour trouver le bout du monde ?
Tout comme les philosophes du siècle des lumières qui avaient leurs "déserts" tout près de chez eux, j'ai rencontré "un autre bout du monde", ici à Paris, tout près de chez moi …


C'est un endroit retiré, comme un enclos, qui se tient à l’écart de la ville, à l'écart du monde ou plutôt qui se tenait, car aujourd'hui, cet autre "bout du monde" a été rayé de la carte.

Rue de la Cloche, rue de la Voulzie, rue Westermann: voilà les trois rues qui constituaient, à elles seules, mon "bout du monde".


>> "Rue de la Cloche".

>> "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus"

>> "Hommage posthume".

>> Rejoigniez le Groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui ... demain"

 

 

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Paris Poubelle (1).

19 Juillet 2013, 11:38am

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Publié par barreteau

Hotel Industriel Jean-Baptiste Berlier_ 26-34 rue Bruneseau Paris 13ème

A Paris, la rénovation est souvent synonyme de destruction et nombre d'habitations anciennes sont alors remplacées par des immeubles sans âme, sans caractère, d'une banalité désespérante ...

Les destructions des habitats s'opèrent souvent selon un processus en deux temps : si par malheur l'édifice est en bon état, on commence par le déshonorer, il suffit pour cela de ne pas l'entretenir, de laisser pourrir la toiture, et au besoin de laisser y pénétrer quelques squatters.
Quand il est bien déshonoré, on argue de son état de vétusté pour exiger sa démolition, qui est aussitôt accordée. "Et voilà pourquoi votre fille est muette ! "

Comme s'il n'était pas possible de restaurer et de rendre confortables des maisons anciennes, que 50 ans de lois démagogiques ont laissé pourrir dans leur crasse avant de les mettre à la poubelle.
On répète le scénario maison par maison, c'est long mais diablement efficace.

Depuis les années 60, nos urbanistes et nos promoteurs, en raison avant tout de la cherté des terrains, ont préconisé et mis en pratique un urbanisme à immeubles de tours et de barres de 10 à 15 étages, qui pose des problèmes de concentration, de circulation et de stationnement que l'on néglige d'envisager au départ alors qu'il s'agit d'un préalable indispensable.

Partout on a bâti des HLM de type caserne, des constructions qui rendent uniforme dans leur médiocrité le paysage urbain. Peu a peu la physionomie de nos rues a changé, les maisons anciennes disparaissent les unes après les autres, les unes victimes de la spéculation, les autres de l'alignement. Or l'atmosphère d'un quartier est directement fonction de la largeur de ses rues.

Les principes même de l'urbanisme sont remis en cause face à ces démolitions à la petite semaine, effectuées sans aucun plan d'ensemble.
Il est en effet absolument insensé que les pouvoirs publics, sans se soucier de l'opinion de la population, sans vraiment la consulter, et même parfois en tenant leurs intentions dans le secret, jusqu'à la dernière minute, aient refusé de tenir compte des avertissements des urbanistes et des historiens de Paris les plus qualifiés, afin de rassembler à tout prix dans le périmètre des Halles les constructions les plus hétérogènes et les moins indiquées en cet endroit.

Et pourtant ailleurs dans Paris, on continue sur cette voie aberrante, … les leçons de l'histoire sont peu écoutées.

Selon les options qui maintenant seront prises, Paris restera digne de son passé ou deviendra un entassement de bâtiments modernes qu'on aurait pu édifier ailleurs, … dans n'importe quelle ville du monde !

 

> En savoir plus : "Paris poubelle", le livre.

 

 

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Dans le 11ème, le neuf remplace l'ancien.

10 Juin 2013, 09:36am

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Publié par barreteau

Rue Robert & Sonia Delaunay - Paris 11ème (2009)

Tout le 11ème arrondissement dessine une sorte de damier labyrinthique dû au fait que cet arrondissement comporte - et de loin - la quantité la plus élevée de Paris, de passages, d'impasses, de villas et de cités en impasse … qui compliquent le recoupement normale des perpendiculaires.

Ce quadrillage irrégulier s'incline doucement comme un glacis, sous le relief de Ménilmontant et de Belleville, et du nord au sud, la déclivité s'atténue.

 Cette topographie particulière est propice à une grande diversité dans l'aspect des rues où règne souvent un certain fatras voire une réelle anarchie. Là se mélangent joyeusement les épiceries-bazars, les cafés blafards, les librairies islamiques, les boutiques suintant la misère dans un exotisme lui-même dépaysé.

 Une mode récente a rendu ces lieux, pourtant sans standing, attractifs. Ils drainent maintenant des populations très diverses et nullement autochtones et au fur et à mesure que l'on remonte le glacis, celles-ci viennent se mélanger avec la couleur résolument populaire du 20ème arrondissement.

 Mais en de nombreux endroits, un 11ème neuf remplace l'ancien (souvent peu regrettable mais toutefois si particulier) par une architecture de masse ou de luxe impersonnel, d'emblée frappée de néant.

 Rue Robert et Sonia Delaunay par exemple, ce ne sont plus que des bâtiments à l'uniformité géométrique navrante. Rue Pelée, on a rectifié d'anciennes habitations disparates, pleines de suie et de sueur au profit d'un décor d'une grande platitude. On n'y croise guère que de ternes devantures de banques, d'assureurs, d'agences immobilières, de commerces indéfinissables ou alors très spécialisés dans la céramique industrielle ou certains gros outillages du bâtiment.

 C'est net, c'est propre, bien décapé de la crasse sous laquelle, le 11ème préservait une certaine tiédeur. On aimerait qu'au moins une de ces voies rénovées ne conduisent à rien qu'à sa brusque interruption au seuil d'une campagne infinie …

 
>> Le 11ème arrondissement sur Parisperdu


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Impasse Louis Robert

26 Février 2013, 09:21am

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Publié par barreteau


Moins connue que la cité Leroy ou la villa de l'Ermitage pourtant toutes proches, l'impasse Louis Robert a su, elle aussi, garder son charme d'antant. Elle est toutefois moins accessible que ses voisines: un portail grillagé, souvent fermé, en barre l'accès au 10bis de la rue de l'Ermitage.
 

Mais, avec ses pavés disjoints et une végétation plus ou moins maîtrisée, l'impasse Louis Robert reste un endroit préservé dans ce 20ème arrondissement qui décidément regorge de petits trésors.

Pourtant fin 2004, la Cité Leroy et ses environs sont voués à la destruction, partout ce ne sont que bâtis dégradés et  ouvertures murées. Le secteur Leroy/Ermitage/Louis Robert ne doit sa survie qu'aux treize années de combat de ses habitants; ils n'ont pas voulu les deux mille logements et les quelques milliers de tonnes de béton qui devaient les submerger ... 



>> Qui êtes-vous Louis Robert ?

>> Accès protégé : "Interdit de jour comme de nuit".

 

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La Forge Royale ne répond plus.

21 Février 2013, 08:28am

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23 rue de la Forge Royale, 75011 Paris

Avec tous ces rideaux de fer tirés devant les devantures des petits artisans ou commerçants, avec cette multitude de panonceaux "Locaux disponibles", on comprend vite que le quartier est en pleine mutation.

Au carrefour de la rue Candie, ponctué d'un érable et d'un marronnier, la rue se rétrécit, les immeubles se font plus bas, seuls le restaurant "A la banane ivoirienne" et l'échoppe du  restaurateur de meubles "vernis au tampon"… semblent avoir été toujours là.

Plus loin, un club distillant de la musique arabe et un "brunch-jazz" commencent à redonner un semblant de vie à la rue, peu évident dans la journée car ces établissements n'ouvrent guère avant 22-23 heures.

Il faut dire que dans ce secteur, les enseignes commencent à dater: la Sté Morse-Radio avait son atelier de réparation au 23 de la rue et même si sur son fronton, il est précisé que "le Siège social et le Magasin de vente" sont au 173 rue du Temple … il est évident que la précision est obsolète car, aujourd'hui à l'heure du multiplexage satellitaire, l'activité autour du code morse ne fait plus vivre personne …

Hergé avait écrit "Le Manitoba ne répond plus", ici rue Forge Royale, la "Morse-Radio" ne répond plus non plus …


>> A la Banane ivoirienne …

 

 

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Paris insoupçonné.

13 Février 2013, 09:25am

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Publié par barreteau

Impasse Briare (Paris 11ème)

On ne sait plus si c'est une impasse ou un passage. Alors, on s'y engage sans avoir la certitude absolue de déboucher quelque part.

Ayant pénétré par la rue de Rochechouart, vous sortez finalement rue de Maubeuge, après un long parcours dans ce boyau si étroit qu'on ne peut y étendre les deux bras.
C'était donc bien un passage et non une impasse comme mentionnée sur certains plans de la capitale.

Mais me direz-vous, quel intérêt de venir ici, où il n'y a rien à voir, rien à faire ?
C'est toute la fantaisie parisienne des lieux paisibles et discrets, cachés et secrets … qui ne se donnent à voir qu'aux esprits curieux et amoureux d'un Paris insoupçonné.

 

>> Voir aussi : "Passages du nord … au sud".

>> "Bref entretien, rue Miguel Hidalgo"

 

 

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