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PARISPERDU

Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

27 Juin 2008, 08:16am

Publié par barreteau


Paris ne s'est pas fait en un jour et chaque époque l'a marqué de son empreinte.

Sous le second empire, le baron Haussmann a laissé une trace majeure en éventrant Paris via de larges artères. Il a aussi englobé la petite banlieue et ainsi, Paris compte aujourd'hui quelques 80 quartiers, quatre par arrondissement.
Mais depuis 150 ans, un certain immobilisme condamne la ville qui, prisonnière dans son boulevard périphérique, devient ridiculement petite, comparée à Londres, à Los Angeles ou à Berlin ...
Alors, faut-il faire un "Grand Paris" ?
La réponse est évidemment oui.

Nous avons un besoin urgent d'un nouvel Haussmann qui en finisse avec cette barrière du périphérique et qui englobe, tel son prédécesseur, les villes limitrophes ...

Oui, il est temps de changer ... d'aire.

 

>> "Peut-on penser Paris sans sa banlieue"

>> Un nouveau baron Haussmann ? 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris a-t-il perdu son âme ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "6 mètres avant Paris".

 

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Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

22 Juin 2008, 17:09pm

Publié par barreteau


Photo ©Gianni Giuliani

Installé depuis 1937 dans son atelier du 83 de la rue de Belleville, Maurice Arnoult, est maintenant centenaire ! Malgré son grand âge, il continue à transmettre son savoir-faire d'artisan-bottier et des élèves viennent, encore aujourd'hui, d'horizons divers, à la rencontre de cet homme, oh combien attachant ...! Passionné par son métier et doué pour la transmission, Maurice est- en effet- un professeur hors du commun. Celles et ceux qui ont eu le plaisir d'avoir suivi son enseignement ne sont pas près de l'oublier.

Aujourd'hui encore, il répond avec beaucoup de gentillesse à toutes les sollicitations de témoignages sur une époque révolue où son quartier était le centre parisien de la fabrication de la chaussure et du soulier.

Mémoire de Belleville, un quartier en mutation constante, il se souvient des vagues successives d'immigration qui ont chacune apportée leur touche à ce quartier : les grecs et les arméniens, les juifs d'Europe de l'Est, les pieds noirs, les maghrébins, les asiatiques et récemment, les ex-Yougoslaves. Il se rappelle d'un immigré grec qui, un jour, lui a dit :"on n'est plus chez nous, je n'ai pas entendu parler le français depuis le début de la rue de Belleville". Et Maurice d'ajouter: "ça, c'est de l'intégration"!
Dans l'immeuble où est situé son atelier, il est - comme il le dit lui-même - le seul "français de vielle souche"... et toujours prêt à rendre service à tous, quelques soient leurs origines géographiques, sociales, ou religieuses.
Je peux en témoigner, car lorsque j'avais rencontré Maurice dans son atelier, dans les années 90, notre conversation était sans cesse interrompue par des voisins, des relations, des gamins qui venaient le voir pour lui demander un service, un conseil ... voire ... un peu de monnaie "juste pour se dépanner".

En 1994, Maurice Arnoult a reçu le diplôme et la médaille de "Justes parmi les nations". Cet hommage est rendu aux personnes qui ont sauvé des juifs persécutés pendant la période de la shoah.

Bon anniversaire Maurice, on vous souhaite encore une longue vie, ... vous en faites un si bel usage.


>> A lire : "Moi, Maurice, bottier à Belleville" de Michel Bloit aux Editions L'Harmattan.

>> Dans l'atelier de Maurice Arnoult.

 

 

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De quelle couleur est Belleville ?

19 Juin 2008, 08:54am

Publié par barreteau



Nous sommes sur l'escalier de la rue Vilin, un lieu rendu célèbre par les photos que nous en a livrées Willy Ronis, dans son ouvrage culte : "Belleville-Ménilmontant".

Les clichés de Ronis, pris à la fin des années 50 sont bien évidemment en Noir et Blanc. Aussi, pour le Café-Bois-Charbon: "Au repos de la montagne", situé au 53/55 de la rue Vilin, Ronis ne nous dit rien de la couleur de la façade de ce bistrot-bougnat.

Pour le document de présentation de sa causerie, intitulée : "Belleville, récit des Hauts-Quartiers populaires", le conteur Daniel Leroux a choisi l'illustration ci-dessus ... et là, surprise la façade du Café-Bois-Charbon, affiche une couleur orangée ... presque le même orangé que celui du code-couleur utilisé pour ce blog !

Mais est-ce la vraie couleur ? Cette façade orangée, a-t-elle eue une réelle existance ?
Aussi Parisperdu, lance ici, un "appel à témoins"!
Si vous avez connu la rue Vilin à l'époque où Willy Ronis la photographiait, peut-être pourrez-vous confirmer ou infirmer cette hypothétique couleur orange ?


Merci pour vos témoignages, ... à poster ci-dessous en "Commentaires" ou directement en cliquant ici.


>> Les contes de Daniel Leroux.

>> Willy Ronis : "Au Repos de la Montagne" 1957- ©Photo Willy  Ronis

>> Willy Ronis : "L'escalier de la rue Vilin à l'angle de la rue Piat" 1959 -
©Photo Willy  Ronis 

>> Voir aussi: "Mélange de couleurs", sur Parisperdu

>> Voir aussi, sur Parisperdu :"Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance ".



 

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Paris ... à dimension humaine.

15 Juin 2008, 09:14am

Publié par barreteau


Passage des Deux portes - Paris 20ème.

Paris peut paraître écrasant ... mais il existe tout un pan de la capitale plus léger, moins solennel ...
Il s'agit de toute la partie Est, un territoire qui courre de la place de la Bastille jusqu'à la Villette. Ici, d'anciens quartiers populaires sont devenus des quartiers jeunes, conviviaux ... où maintenant, gens branchés et néo-bourgeois résident ...


Il faut s'essayer à se perdre dans ses rues, dans ses ruelles ... et ne pas craindre de tenter cette expérience toujours enrichissante : prendre le métro, en sortir au hasard et retrouver son chemin parmi les zones piétonnes, les petits cafés, les jardins collectifs où poussent tomates et patates... ici, effet, on est bien loin des quartiers de prestige, on est souvent loin de tout ...

Vous allez alors parcourir un Paris à dimension humaine, et vous serez un peu comme dans une ville tranquille de province. Vous pourrez aussi découvrir le plus grand espace vert de Paris, un "site touristique" original : le cimetière du Père Lachaise .... Puis, près du canal St Martin ou près du bassin de la Villette, vous pourrez vous asseoir, un verre à la main, et même y pique-niquer aux beaux jours ...

C'est là un Paris très vivant, beaucoup plus accessible que celui des "beaux quartiers" des bords de Seine; plus romantique aussi, et trop souvent ignoré des touristes ... et là, tout le monde peut trouver sa place.


>>  La dimension humaine : Humanité, conscience, et complexité de la société. Deux journées avec Edgar Morin.

 

 

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Avant-Seine.

11 Juin 2008, 09:19am

Publié par barreteau


Deux jeunes femmes assises, ... sur l'avant-scène du fleuve qui traverse Paris. L'on pourrait aussi presqu'écrire ... sur l'avant-Seine.

Nous sommes loin, ici, des jours d'été et de la fureur de l'opération "Paris Plage"...

Et de l'attitude de contemplation de ces deux personnes, il se dégage plutôt ... une impression d'automne.

Oui, en cette fin d'après-midi, nous découvrons un bord de Seine semblable à ceux qu'aimait peindre Sisley: des lieux calmes, paisibles ... lumineux et tout en nuances.

Bien sûr notre palette est moins colorée que celle du peintre impressionniste.
Et si le ciel est, ici, totalement absent, les nuances elles, sont bien présentes : quelques 256 gris ... tous différents !


 
>> Alfred Sisley: Bord de Seine, 1872.


 

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Paris a-t-il perdu son âme ?

7 Juin 2008, 09:33am

Publié par barreteau



Paris est la plus belle ville du monde... J'ai fait le tour du monde et je n'ai vu aucune ville plus belle.
C'est la ville lumière, une ville envoûtante, fascinante, magique, imprégnée d'histoire, riche de monuments prodigieux et d'immeubles magnifiques ... Paris est la première destination touristique mondiale et l'on y afflue, chaque jour un peu plus, du monde entier pour l'admirer.

Tout cela sera-t-il encore vrai demain ?
Paris n'est-il pas en train de changer et sa situation n'est-elle pas en cours de se détériorer ?
L'uniformisation de la mondialisation passera-t-elle par Paris ? Paris va-t-il devenir une ville musée dont les parisiens seront peu à peu dépossédés au profit des touristes ?

Bien sûr, le changement est un phénomène incontournable, mais doit-on pour autant subir une transformation anarchique, dégradant la vie quotidienne de ses habitants ?
Les parisiens qui aiment Paris ne sont pas en admiration devant ce qu'on fait de leur ville et ils ont peur qu'elle ne devienne une métropole aussi laide que bien d'autres.

Pour beaucoup, Paris était la capitale mondiale du 19ème siècle. Aujourd'hui, personne ne songerait à dire qu'elle est la capitale du 21ème siècle. Bien au contraire, vu de l'étranger, Paris est une capitale en panne et la vie a déménagé à Londres, à Berlin, à New-York, à Los Angeles ...

Et pourtant, à la belle époque, l'on se précipitait de Vienne, de St Petersburg, de Rio, du monde entier, ... pour profiter de la vie parisienne.
Aujourd'hui, c'est si peu vrai que certains touristes viennent visiter Euro Disneyland sans avoir la curiosité de faire les quelques 40 kilomètres qui les séparent de Paris !

Où est passé l'âme de Paris, où est sa folle attraction ?





 

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Une petite ville pinardière.

3 Juin 2008, 09:02am

Publié par barreteau



Léo Malet, dans "Casse-pipe à la Nation" trace un portrait haut en couleur de la petite ville de Bercy:
"Je m'engage - écrit-il - dans le dédale de la petite ville pinardière, défendue par des grilles contre les assauts possibles des assoiffés."
Eh oui, car à l'époque, les Entrepôts de Bercy ne sont pas un lieu public. Pour y accéder, il faut être viticulteur ou négociant. Et ce sont ces derniers qui, derrière des grilles, dans le secret des chais, pratiquent les assemblages de vins de différentes provenances.

Jusque dans les années 60, les consommateurs se satisfont de ces produits à la qualité souvent douteuse.
Puis le monde vinicole va faire sa révolution. Le bordelais invente la "mise en bouteilles au château", garantie de qualité, elle se généralise rapidement. Le produit qui arrive chez le consommateur est le même que celui qui est parti du vignoble. Les consommateurs deviennent aussi plus exigeants quant à la qualité : plus question de "gonfler" du Bourgogne avec des "Côtes du Rhône", voire avec du vin d'Algérie.

Aussi, dès 1964, dans le cadre du rééquilibrage de l'Est parisien, la Ville de Paris décide de ne plus renouveler les contrats de location aux négociants de Bercy. Ces derniers quittent progressivement ce lieu mythique pour aller s'installer en banlieue.
Peu à peu, les Entrepôts ferment, laissant à l'Est de Paris un vaste domaine aménageable. Il s'agit alors d'y créer un nouveau quartier mêlant logements, bureaux et commerces, dans un parc de 13 hectares.

En 1979, l'ouverture du Palais Omnisports de Paris Bercy marque le début du renouveau du quartier. Suivra bientôt l'implantation du ministère de l'Economie et des Finances.
Et la greffe a réussi : dans l'imaginaire, Bercy est maintenant plus synonyme d'impôts que... d'un pot !

Aujourd'hui, plus de 15.000 personnes travaillent ici. L'aménagement du Parc, l'ouverture prochaine de la Maison du Cinéma assurent la vie d'un quartier qui a toujours eu un fort caractère.
Non, décidément, même sans les pinardiers, Bercy n'est pas mort !


>> Léo Malet, Tardi et Nestor Burma hantent toujours les lieux.

>> Voir aussi sur Parisperdu :" Dans les chais de Bercy"

>>  Voir aussi sur Parisperdu : " Cour St Emilion"

>> Les entrepôts de Bercy, en images, au siècle dernier.  


 

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