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PARISPERDU

peintre

L'énigmatique Marthe de Méligny.

20 Juillet 2026, 08:15am

Publié par Pierre Barreteau

Marthe au miroir _Détails d'une Peinture (1912) et d'une Photographie (1916) : les 2 sont de Pierre Bonnard.

 

Dans le film du réalisateur Martin Provost "Bonnard, Pierre et Marthe" un plan furtif m'a intrigué. On y aperçoit, de façon très brève, une plaque bleue et verte, caractéristique de celles des rues de Paris, où l'on peut lire : "Passage Méligny".

Mais où se trouve donc ce passage dans Paris ?
Eh bien on ne le trouve nulle part : ni sur les divers plans de la capitale ni sur Google Maps... et si l'on questionne l'IA, Chat GPT nous dit :

" Non, il n’existe pas de « Passage Méligny » connu ou répertorié à Paris, ni parmi les passages historiques couverts ou non, ni dans la toponymie actuelle de la ville". Et Chat GPT ajoute : " Il est possible qu’il y ait confusion avec le nom de Marthe de Méligny qui était en réalité le pseudonyme de Maria Boursin, compagne du peintre Pierre Bonnard".

Alors le film voudrait-il nous faire croire que Maria Boursin avait choisi son pseudonyme parce qu'elle passait quotidiennement dans cet hypothétique Passage parisien ?

Françoise Cloarec, l'auteur de "L'Indolente ou le mystère Marthe Bonnard" donne une explication plus plausible du choix du patronyme "de Méligny" par Maria Boursin : "Méligny est un mot qui sonne bien, c'est un petit village de Lorraine où la maison Trousselier (qui emploie alors Maria) a envoyé des fleurs hier". Maria avait donc bien connaissance du nom d'un village nommé Méligny, (Méligny-le-Grand ou Méligny-le-Petit, situés en région Grand Est).

Et ce nom « de Méligny » avait une élégante tonalité aristocratique et correspondait à l’image que Maria souhaitait se donner. Ce nom n'est donc pas lié à un irréel passage parisien.
Mais le choix de ce nom d'emprunt va par la suite avoir des conséquences inimaginables sur le parcours du peintre Pierre Bonnard.

Revenons sur leur rencontre puis sur leur vie commune : un jour de l'hiver 1893 Pierre Bonnard fait la connaissance de Maria, alors âgée de 24 ans, elle devient son modèle favori ; il vient de l'aborder dans les rues de Paris. « Je m'appelle Marthe de Méligny, je travaille dans les fleurs. Je suis orpheline. [...] J'ai 16 ans. Et vous ? ». Il a 26 ans...

En 1925, après trente ans de vie commune, Pierre Bonnard et Marthe se marient le 13 août. Et là, Marthe de Méligny qui se disait descendre d'une vieille lignée italienne est bien contrainte de reconnaitre qu'elle s'appelle en réalité Maria Boursin et qu'elle est la fille d'un charpentier de Bourges. Bonnard, lui, s'en moque…

L'œuvre peinte de Bonnard est habitée de la présence de Marthe : une silhouette à l’arrière-plan, un corps nu dans la baignoire, un visage à la fenêtre ou dans un miroir… Entre 1889 et 1901 le peintre est un adepte du Kodak portatif : en plus de peindre il prend aussi de nombreux clichés de Marthe en noir et blanc, où il fixe l’instant.

Ce couple sans enfant vit une relation complexe, s'y ajoutent les maladies de Marthe – sa langueur, ses dépressions, son asthme - et sa misanthropie de plus en plus marquée au fil du temps, jusqu'à écarter les amis de Pierre Bonnard : Vuillard, Matisse, Signac... 

Elle jurera toujours qu'elle est orpheline et seule au monde. Ce qui, à la recherche de sa succession, s’avérera faux… et déclenchera une affaire judiciaire retentissante pour régler - cinq ans plus tard - la succession de Pierre Bonnard. Car Marthe/Maria avait des sœurs qui ont eu des enfants et ces derniers entendent bien avoir une part de la fortune constituée par la grande valeur des toiles du maître.

Marthe, Maria mais aussi Solange (voir ci-dessous) qui était donc mademoiselle Boursin ou madame Bonnard ?

 

>> Marthe Bonnard s'était aussi lancée dans la peinture : "Les pastels de Marthe Bonnard alias Marthe Solange".

>> "Le Dessert", de Pierre Bonnard,1928 (Marthe Bonnard est en corsage rouge)

 

 

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Willy Ronis et Pierre Bonnard : quand des images se rencontrent. (2/2)

26 Octobre 2022, 14:36pm

Publié par barreteau

 

Willy Ronis et Pierre Bonnard : quand des images se rencontrent. (2/2)Willy Ronis et Pierre Bonnard : quand des images se rencontrent. (2/2)

Photo du haut :

"Marthe au tub", photographie de Pierre Bonnard (1907) 

Photo du bas :      

"Modèle retirant sa blouse", photographie de Pierre Bonnard (vers 1916)

 

Willy Ronis ne pouvait pas ignorer le rôle que la photographie a joué dans l'œuvre peinte de Pierre Bonnard. Car, à la fin des années 1880 la technique photographique s'était considérablement simplifiée et nombreux furent les peintres qui s'y adonnèrent : Degas, Munch, Vuillard, et surtout Bonnard…
En 1905, Kodak va démocratiser la photographie en lançant le « Folding Pocket Kodak », premier appareil photo léger, maniable et peu coûteux, il intéresse ainsi de nombreux amateurs. Cet appareil avait la possibilité de saisir l’instantané au trentième de seconde, ce qui ne nécessitait pas que l’on pose, et gardait ainsi la spontanéité de la scène, si chère à Bonnard.

On retrouve alors dans les photographies de Bonnard outre la parenté des sujets, un cousinage de technicité très fort avec sa peinture :  la même audace, son penchant pour l'harmonie décorative, son goût du geste vif, du mouvement dansant et de la fantaisie, la même grâce mystérieuse qui transfigure les scènes quotidiennes. Tous ces éléments sont d'ailleurs très bien servis par la technique de l'instantané. Sans prétention artistique, ses images photographiques ont une certaine cohérence due à la compréhension des enjeux de l’instantané et du cadrage, facilitée sans doute par son expérience de la peinture et inversement… Ses photos montrent que le peintre a su instinctivement exploiter la liberté de cadrage pour obtenir des images abruptement coupées, et parfois floues, tel qu’on le trouve déjà dans sa peinture.
Il utilise la photographie comme un autre moyen de croquer le motif sur l’instant.
L'historienne de l'art France Borel dira que " Bonnard photographie toujours en peintre ; il peint souvent en photographe" car chez  Bonnard, la photographie est inséparable de son œuvre peinte.

Bonnard donne à Marthe, son modèle, une attitude beaucoup plus voluptueuse dans ses peintures que dans ses photographies pleines de retenue, dont Marthe au tub (1907) à qui il confère une présence sculpturale, et une proximité rasante. Le lien entre photos et peinture est ici très proche voire littéral.
A partir de 1916, Bonnard se désintéresse de la photographie, il se sait essentiellement peintre et ne pousse pas plus loin l’expérience d’une technique qui pratiquée autrement qu’en amateur, serait devenue trop exclusive.
Mais parmi les peintres, il est de ceux qui a le mieux perçu les possibilités expressives de l'appareil photo, en montrant que l’originalité de la vision prime sur la  maîtrise technique  dans la photographie amateur de l’époque.
Bonnard disait qu'"en peinture, la vérité est près de l'erreur". Ronis nous a dit que cela concerne aussi la photographie.

 

 

>> Willy Ronis et Pierre Bonnard : quand des images se rencontrent. (1/2)

 

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Willy Ronis et Pierre Bonnard : quand des images se rencontrent. (1/2)

19 Octobre 2022, 11:56am

Publié par barreteau

   Willy Ronis et Pierre Bonnard : quand des images se rencontrent. (1/2)

"Nu à contre-jour" par Pierre Bonnard (1908)                                                      "

"Le nu provençal" par Willy Ronis (1949)

 

La célèbre photographie du "Nu provençal" où Ronis nous montre son épouse Marie-Anne peut rappeler les toiles de Bonnard montrant sa femme Marthe Boursin (dite de Méligny).
Mais l’analogie va bien au-delà du sujet (le nu à la toilette) et du cadre (le contre-jour de la fenêtre). Par son caractère familier authentique et sa réelle intimité, l’image évoque ces moments à couper le souffle, nés d’un regard posé sur un être aimé, qui soudain comble le cœur.


Comme chez Bonnard, dont les peintures de Marthe la montrent toujours dans l’éclat de sa jeunesse, Ronis en photographiant son épouse Marie-Anne (elle a alors 39 ans) la maintient dans le temps et la garde dans son éternelle jeunesse.
Là est le vrai point commun avec Bonnard : l’acte de mémoire et d’amour.

"Le Nu provençal" est comme un Bonnard qui montrerait Marthe en noir et blanc dans une splendeur de lumière… Toutes deux nues, de dos, face à un lavabo que jouxte la fenêtre produisant le contre-jour.

Ne dirait-on pas la même image, passée en couleur et dont le sujet s'est redressé pour finir sa toilette ? Car il arrive parfois que l'on se retrouve face à une œuvre d'art qui fait écho à une autre œuvre d'art, qui fait elle-même écho à des choses auxquelles on est sensible ou même que l'on a vécues.

Mais quand on parle à Ronis de cette proximité avec le tableau de Bonnard, il répond :  "On me l'a souvent dit, en effet. Mais au moment où j'ai pris la photo, je n'y ai pas songé une seconde.
J'ai pensé : c'est un joli nu, c'est ma femme".

(A suivre…)

 

 

>>Willy Ronis et Paul Cézanne jouent aux cartes !

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Willy Ronis et Paul Cézanne jouent aux cartes !

11 Octobre 2022, 13:25pm

Publié par barreteau

Les joueurs de cartes

Images du haut :
Paul Cézanne, (1892-95),"Les joueurs de cartes" / Courtauld Institute of Art, London.

Paul Cézanne, (1890-92),"Les Joueurs de cartes", / Metropolitan Museum of Art, New-York City.

 

Images du bas :

Willy Ronis : "Café, rue des Cascades, Ménilmontant" - Paris, 1948

Willy Ronis : "La partie de Tarot, Joinville le Pont ", 1991.

 

 

Il existe cinq versions connues des "Joueurs de cartes" peintes par Cézanne et conservées à Paris au musée d'Orsay, à Londres au Courtauld Institute of Art, à New York au Metropolitan Museum of Art et à Philadelphie à la Barnes Foundation. La cinquième et dernière version a été acquise par la famille royale du Qatar en 2012, dans le cadre d'une transaction privée pour un montant de 191,5 millions d’euros !
Ronis connaissait-il ces œuvres où Cézanne met en scène quatre, puis trois et finalement seulement deux joueurs sur sa dernière toile ?
Oui vraisemblablement. Ronis avait au moins connaissance de certaines reproductions de ces toiles. Pour autant, avait-il en mémoire les tableaux de Cézanne au moment d'appuyer sur le déclic ? Là, cela est moins sûr…

Ce qui est sûr par contre c'est qu'il a souvent cherché à photographier des joueurs de cartes car ils entrent pleinement dans les scènes populaires qu'il affectionnait tant.

Dans sa moisson de photos récoltées dans les quartiers populaires, j'ai identifié cinq photos de Ronis montrant des joueurs de cartes, mais il en existe probablement d'autres.

On retrouve donc ce thème dans :
- "Café, rue des Cascades, Ménilmontant" - Paris, 1948
- "Café, place d'Aligre", Paris, 1952 
- "Partie de cartes en plein air, rue Botzaris", Paris 1952
- "La belote", Paris, 1954
- "La partie de Tarot, Joinville le Pont ", 1991.

 

>> Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)

 

 

 

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Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)

13 Septembre 2022, 11:15am

Publié par barreteau

Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)

Photo du haut : "La danse de la mariée en plein air"   
Pieter Brueghel l'ancien (vers 1566)
     

Photo du bas : "Fête provençale La Crémade Vaucluse"
©Willy Ronis  (1964)

 

Ronis, très tôt nourri par les peintres flamands, a alors son style  en place : des noir et blanc à la lumière travaillée, une composition rigoureuse héritée de cette école flamande des XVIe-XVIIe siècles. Dès ses premiers clichés dans les années 1920 Ronis s’inspire de ces compositions, en particulier celles de Brueghel l'Ancien, qui va grandement déterminer la disposition de ses personnages dans le cadre.

D'ailleurs, en 1967, il dit : "Mes photographies réussies de scènes à épisodes multiples font penser, toutes proportions gardées, à ces tableaux de Brueghel dont on éprouve une si grande joie à explorer les différentes parties. Chacune de ces parties est un petit tableau, et pourtant chacun concourt merveilleusement à la composition générale. Même si certains peuvent trouver ridicule de faire un parallèle entre une œuvre de Brueghel et une photo de reportage".

Sa passion pour la peinture et le dessin se lit dans ses photos qui ont souvent des compositions picturales avec ses cadrages très recherchés. Formé « au goût de la composition », pour lui la photo est avant tout un équilibre. La composition est donc fondamentale, ainsi que l’équilibre des valeurs, des rapports entre ombres et lumières. L’importance des ombres dans ses images est primordiale : "Ce n’est pas la lumière qui m’a inspiré, c’est ce qu’elle éclaire" dit-il, aussi ses personnages émergent souvent du clair-obscur.

Par ailleurs il est obsédé par le rythme ternaire et son écho dans le temps : le nombre "3"  pose sa composition et l’équilibre autour d’un pivot central et en écho, ces situations ternaires se répètent, photographiées de façon répétitive au cours des décennies, inconsciemment.

Aussi contrairement à bien des photographes de son époque, Willy Ronis se dit artiste. "La photographie, je savais bien, moi, que je n'étais pas qu'un presse-bouton !"

Jeune, Willy Ronis est passionné de musique et il aurait voulu en faire son métier.
Faute d'avoir pu être compositeur de musique, il est compositeur d’images.


 

>> Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)

 

 

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Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)

4 Septembre 2022, 11:17am

Publié par barreteau

 

Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)

Photo du Haut : "Paysage d'hiver avec Patineurs".
Hendrick Avercamp (vers 1608)                                                     

Photo du bas : "Un dimanche sur le lac gelé du Bois de Boulogne",
 © Willy Ronis  (1954)

Dès sa tendre enfance, Willy fréquente les musées où sa mère l’emmène souvent pour l'éveiller aux arts plastiques. Plus tard, jeune homme timide, il continue à fréquenter régulièrement Rembrandt et les maîtres du Siècle d'or hollandais au Louvre. Lorsqu'il se met à pratiquer la photo il sera clairement influencé par la peinture flamande dans la manière de penser et de composer certaines photos.

Ces visites dans les musées lui ont - très tôt - permis d'exercer autrement son regard et de découvrir qu'en photographie aussi, il existe des règles de composition. Pour être bonne, une photo doit tenir debout, avoir une harmonie, exactement comme un tableau.

D'ailleurs il précise : "La première fois que j'ai pénétré dans les petits cabinets qui se trouvent de part et d'autre de la galerie des Rubens, au Louvre, je me suis senti chez moi : ces scènes ne représentaient pas des gens riches, nobles, laissant leur empreinte dans l'Histoire, mais des scènes de kermesse, de patinage sur des canaux gelés, la petite bourgeoisie, les bistrots, les artisans. Je me sentais en sympathie avec cette population-là".

 

>> Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)

>> Voir aussi : Scène de patinage à Kampen, oeuvre du peintre flamand Barend Avercamp 1625 / 1650

 

 

 

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Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)

26 Août 2022, 09:17am

Publié par barreteau

Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)

Photo du haut : Paysans jouant aux cartes dans une taverne 
David Teniers II (1610-1690)

Photo du bas : La partie de Tarots, Joinville le Pont (1991)
© Willy Ronis

 

Willy Ronis nous dit : "Je n’ai pas eu de maître à penser en photographie, ou plutôt certainement qu’ils sont nombreux à avoir plus ou moins influencé ma démarche"
Et il ajoute : "Mais ce que je sais, c’est que mes vrais maîtres, ce ne sont pas les photographes. Ce sont les musiciens, ou les peintres. Et en peinture ce sont les petits maîtres flamands du XVIIe siècle. C’est Brueghel et l'école des peintres flamands, par leur composition, par leur disposition des personnages dans le cadre".

Chez Ronis, les fondamentaux de la photographie et de la peinture vont se mélanger et produire une œuvre artistiquement riche car il a parfaitement analysé les œuvres des maîtres de la peinture. Il applique alors certaines grandes lois de la composition picturale à la photographie : balance des valeurs claires et sombres, unité du sujet, rythme de l'image, clair-obscur, contre-jour, etc…

Il apprécie donc dans la peinture flamande les scènes de la vie quotidienne dont les personnages font écho à ce qu'il retrouve alors dans la rue à Paris ou ailleurs. Ses sujets, ce sont d'abord les gens : "Les rues vides ne m'intéressent pas." dira-t-il. Les petits métiers, les ouvriers à l'usine, les bistrots, les bords de Marne, les couples, la jeunesse... le tout sans spectaculaire, en se concentrant sur le quotidien et la "poésie de la rue".

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

 

 

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Dubuffet/Villeglé : une affiche dans la ville

6 Septembre 2021, 10:37am

Publié par barreteau

Dubuffet/Villeglé : une affiche dans la ville

Affiche lacérée par Jacques Villeglé, Rue du Grenier-Saint-Lazare, 18 février 1975
(© 2021, ADAGP, Paris / Frac Bretagne (photographie Hervé Beurel))

 

La Fondation Dubuffet revient sur un aspect relativement méconnu du travail de l’artiste : Dubuffet affichiste. Cette exposition révèle également comment l'une des affiches de l'artiste va, en particulier, intervenir dans une série à part entière de Jacques Villeglé.
De 1944 à son décès en 1985, Dubuffet a imaginé une centaine d’affiches pour accompagner ses expositions personnelles tant en Europe qu’aux États-Unis. L'exposition montre combien elles reflètent fidèlement les préoccupations du moment, les différentes transformations survenues dans la chronologie de cette œuvre prolifique et dense où apparaissent des temps forts, tel le cycle de L’Hourloupe qui s’étend sur près de douze ans (1962-1974).

En 1975, Jacques Villeglé découvre les affiches de Dubuffet. Il en arrache une première pour l’incorporer dans ses travaux de « peinture dans la non-peinture ». Le bonhomme de Dubuffet devient alors le nouveau personnage d’une suite d’une quarantaine d’affiches lacérées réalisées entre février et décembre 1975 que Villeglé exposera dix ans plus tard, en 1985, à la Maison de la Culture de Rennes sous le titre Le Retour de L’Hourloupe.

 

 

>> Fondation Dubuffet
137 rue de Sèvres - 75006 Paris 6e
Du 7 septembre 2021 au 7 janvier 2022

 

>> L'affiche de Dubuffet, non-lacérée

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Montmartre, le rose te va si bien.

25 Mai 2020, 10:14am

Publié par barreteau

Montmartre, le rose te va si bien.

Rue de l'Abreuvoir Paris 18ème (2012)

 

La "Maison Rose", située au numéro 2 de la rue de l’Abreuvoir et à l'angle de la de la rue des Saules, se repère tout de suite par sa couleur bien sûr mais aussi pas sa silhouette de petite maison de campagne qui tranche avec celle des hauts immeubles environnants. Durant de nombreuses années, le lieu fut fréquenté par les artistes de Montmartre et, dans les années 1900, Maurice Utrillo peint ici même un tableau qu'il intitule :  “La Petite Maison Rose”.

Un peu plus bas dans la rue de l'Abreuvoir, au numéro 4, une plaque indique :" Ici vécu le Commandant Henry Lachouque, Historien de Napoléon et de la Grande Armé (1883 -1971)".
Puis au numéro 6 on trouve aussi une autre maison rose.
 Et, si l'on descend jusqu'à la rue Lepic, le Café des deux Moulins, où Amélie Poulain était serveuse, a depuis la sortie du film, changé plusieurs fois de propriétaires, et sa façade a été repeinte … en rose !

Décidément, Montmartre, le rose te va si bien …


>> La Maison rose déjà sur Parisperdu.

>> Le fabuleux destin des commerces de Montmartre.

>> Maurice Utrillo : “La Petite Maison Rose”.



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Peintres de Montmartre ...

13 Juin 2017, 08:59am

Publié par barreteau

Peintre à Montmartre.

 

Luka est un peintre montmartrois. Est-ce à dire qu'il a un chevalet sur la place du Tertre ?
Non, absolument pas, car ce qu'il peint, ce sont les façades des galeries et autres commerces de la Butte !

Luka est serbe, comme son compatriote Veličković qui - lui aussi - s'est fait une place dans la peinture, mais pour le coup … la vraie, pas celle du bâtiment ! Et il est, en effet, l'un des principaux artistes d'un mouvement apparu à la fin des années 60 : "la figuration narrative".

Mais quoi qu'il en soit, Luka peut, sans détourner aucunement la vérité, dire qu'il est un peintre de Montmartre.


>> Vladimir Veličković.


>> Galerie-Montmartre, à l'intérieur ce n'est pas la même peinture …

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Cité Florentine.

14 Mai 2009, 09:04am

Publié par barreteau


C'est un endroit secret et, pour beaucoup, quasiment introuvable . Caché au plus profond du 19ème arrondissement, un étroit passage entre deux immeubles gris permet de se faufiler jusqu'à un petit trésor : la cité Florentine.

Car c'est un peu comme à Petra, ou après s'être glissé dans le Siq, vous atteignez  le "Trésor", le  "Khazneh". Bien sûr ici, point de temple de 40 mètres de haut, mais les modestes villas que l'on trouve sur la placette, font, elles aussi, merveilles dans la lumière du matin …


L'on éprouve alors la sensation d'avoir atteint un lieu exceptionnel, hors de la cité, bien qu'encerclé, enserré par ses hauts immeubles. Et là, une profusion de couleurs s'étale devant vos yeux: le vert des barrières en bois, le rose et le rouge des roses trémières, l'ocre jaune des murs, … invariablement tout vous renvoie à une composition picturale des plus parfaites.
Alors vous vous dites que vous avez déjà vu ce tableau quelque part. Vous en cherchez le titre, l'auteur … Vous ne trouvez pas ? … Pourtant c'est simple, c'est même évident …

Voyons, vous êtes "Cité Florentine" … et le tableau que vous recherchez, n'est-ce pas une œuvre de Paul Klee ? Mais oui, bien sûr, vous avez trouvé ... il s'agit … des  "Villas Florentines"!




>> Les "Villas Florentines" de Paul Klee (1926).

 


 

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" Montmartre, made in China "

11 Février 2009, 11:36am

Publié par barreteau

Place du Tertre, 75018 Paris

Il y a encore peu, les peintres qui posaient leur chevalet sur la place du Tertre créaient des toiles "typiques" de Montmartre et ils en détenaient le monopole de la vente.

Mais l'ampleur du marché potentiel a attisé la concurrence car, plus de 10 millions de personnes visitent Montmartre chaque année et beaucoup d'entre elles y achètent des peintures en guise de souvenirs,  ...
Aussi  aujourd'hui, les peintres officiels de la place du Tertre se sentent menacés par les boutiques de souvenirs de Montmartre qui vendent des peintures importées d'Asie et d'Europe de l'Est, des peintures à bas prix, de bien piètre qualité et produites à la chaîne ... Ces toiles portent des signatures "bidon" comme Georges, Claude, Paul, ... pour faire couleur locale et être vendues comme authentiquement Montmartroises.


Ces tableaux n'ont pas d'âme, mais leur coût est dérisoire comparé aux prix pratiqués sur la Place du Tertre. Certaines de ces toiles importées sont mêmes constituées d'un dessin imprimé sur lequel les vendeurs passent quelques coups de peinture pour donner une touche d'authenticité. Ce n'est pas de l'art, c'est ... au mieux ... pour ne pas dire au pire ... de la décoration. C'est sûr, à ces prix-là, on ne peut pas en attendre plus !

Les peintres de l'historique carré des artistes, parlent de concurrence déloyale de la part de ces toiles de Paris "made in China"
et pour moraliser le marché, l'association Paris-Montmartre réclame, en vain, aux élus parisiens une "traçabilité" des tableaux.

"On pourrait écrire Made in... au dos des toiles. Au moins les clients sauraient ce qu'ils achètent" entend-t-on sur
la Place. Une appellation d'origine contrôlée ? L'idée fait sourire. Car ce qui compte, c'est la beauté du tableau, pas la nationalité de son auteur.
Après tout Picasso était espagnol, non ?



>> L'association Paris-Montmartre

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Léon, gribouilleur place du Tertre". 

 

 

 

 

 

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Léon, gribouilleur place du Tertre.

24 Novembre 2008, 09:44am

Publié par barreteau



Sur la butte Montmartre, la place du Tertre est connue pour être le lieu de prédilection des peintres. Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Modigliani, Poulbot, Pissarro et beaucoup d'autres ... moins prestigieux, ont trouvé l'inspiration sur la butte.

Léon est l'un des leurs, même si, avec sa modestie naturelle, il se qualifie de "gribouilleur". Et voilà près de 40 ans, qu'il a établi son "atelier à ciel ouvert" sur la bien nommée place du Tertre qui culmine à 130 mètres d'altitude.

Léon, qui a aujourd'hui 79 ans, est installé au centre de la place, au milieu des quelques 300 artistes qui pratiquent, ici, différents styles de dessin. Ses confères l'appellent "Monsieur Léon" car, toujours "tiré à quatre épingles", il dégage un prestige certain.

Des touristes venus du monde entier s'attardent, parfois longuement,  pour voir la création de ses œuvres en "direct live", car Léon, l'un des portraitistes les plus doués, n'a pas ici son pareil pour "vous tirer le portrait" en quelques minutes.
Fusain, crayon ou pastel tenus fermement par ses vieux doigts secs mais toujours agiles, glissent sur la feuille de velin d'arches avec grâce et précision.

Amélie Poulain et son "fabuleux destin" a boosté la venue des touristes qui désormais, sont présents à Montmartre tout au long de l'année, et ce, pour le plus grand plaisir de Léon qui - dit-il - "ne pense pas prendre sa retraite avant 2020", date à laquelle, il suffira "de lui faire traverser la place !". Comprenez, qu'il a réservé une concession depuis longtemps au petit cimetière de St Pierre de Montmartre ... 

"Monsieur Léon", un artiste montmartrois "à la vie, à la mort" ... essayez-donc d'en trouver un plus authentique que lui ...


>> Les peintres de la place du Tertre, l'esprit bohème de Montmartre.

>> La place, un soir d'hiver.



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Boubat, fenêtre à Collioure.

17 Juillet 2008, 09:42am

Publié par barreteau

"Collioure 1954".  © Edouard Boubat
 

Dans les années 50, Edouard Boubat photographie beaucoup Paris, surtout ses parcs, ses jardins... Puis il se met à voyager à travers le monde et, lorsqu'il traverse le Roussillon, pour lui - comme pour beaucoup - une halte à Collioure lui semble indispensable.Boubat tient alors absolument à voir les lieux précis où Matisse et Derain ont, quelques 50 ans auparavant, inventé le "fauvisme". Il ira même jusqu'à rechercher, avec minutie, tous les angles de vue choisis par les deux "fauves" pour croquer le petit port catalan.

Il accédera ainsi au premier étage de la maison Soulier. Et c'est de ce balcon où Matisse et Derain peignaient, que Boubat prendra cette image sobrement intitulée : "Collioure 1954".

Aujourd'hui,  la maison Soulier est devenue le Café "Chez Simone", et ses balcons ont été totalement remaniés.
Toutefois, en déambulant dans le village, il est possible de retrouver certaines fenêtres dont les balcons arborent un délicat ouvrage de fer forgé ... le même que celui qui n'avait pas manqué d'attirer l'œil d'Edouard Boubat, tant il dialoguait parfaitement avec l'imprimé de la jolie robe de Sophie, sa compagne ...

 

>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)

>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".

>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
 

>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu

 

 

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Avant-Seine.

11 Juin 2008, 09:19am

Publié par barreteau


Deux jeunes femmes assises, ... sur l'avant-scène du fleuve qui traverse Paris. L'on pourrait aussi presqu'écrire ... sur l'avant-Seine.

Nous sommes loin, ici, des jours d'été et de la fureur de l'opération "Paris Plage"...

Et de l'attitude de contemplation de ces deux personnes, il se dégage plutôt ... une impression d'automne.

Oui, en cette fin d'après-midi, nous découvrons un bord de Seine semblable à ceux qu'aimait peindre Sisley: des lieux calmes, paisibles ... lumineux et tout en nuances.

Bien sûr notre palette est moins colorée que celle du peintre impressionniste.
Et si le ciel est, ici, totalement absent, les nuances elles, sont bien présentes : quelques 256 gris ... tous différents !


 
>> Alfred Sisley: Bord de Seine, 1872.


 

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