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PARISPERDU

industriel

Itinéraires Bis.

24 Septembre 2012, 09:26am

Publié par barreteau

198 rue d'Aubervilliers - Paris 19ème

De Belleville à la Villette, glissez à travers le 19e arrondissement qui vous dévoile d'étonnants contrastes. Les tours, les cités et les villas, les berges du canal défilent sous vos yeux, sans grande logique, comme dans un grand tourbillon ! C'est une sorte d'itinéraire Bis qui vous mène aux confins de la cité.

Vous arrivez en effet, à la marge de la marge, à l'extrême extrémité de Paris. C'est un Paris peu urbanisé, une sorte de zone technique de la cité que vous allez pouvoir ici explorer.

Au 198 de la rue d'Aubervilliers, malgré les palissades, vous pouvez encore aujourd'hui accéder à cette immense cour où les services de la Propreté de Paris stockent les bennes en transit vers les décharges de la grande banlieue.

L'atmosphère n'y est pas folichonne, et l'on se sent à des années lumières de la capitale, de son urbanité, du faste de ses avenues et de ses monuments … Pourtant aucun doute, ici c'est aussi Paris.
Bonne promenade sur notre itinéraire Bis !


>> Lire aussi sur Parisperdu : "Ici Paris n'est plus le même ..."

>> Lire aussi sur Parisperdu: "Flandre, morne plaine de Paris".

 

 

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La cour de la Métairie.

17 Mars 2012, 10:22am

Publié par barreteau

403 de la rue des Pyrénées, 75020 Paris 


A la jonction des 92-94 rue de Belleville et du 403 de la rue des Pyrénées, un porche s'ouvre, c'est la "cour de la Métairie". Jusqu'à l'aube de la première guerre mondiale, se tenaient là, les dépendances d’un métayer, dernières traces de la vocation paysanne de la colline de Belleville.

A cette époque, les terres du métayer vont être vendues pour accueillir des activités industrielles. Et, dans la Cour, c'est la société Continsouza, qui implante une usine. Elle va employer jusqu'à un millier d’ouvriers, et devenir ainsi l’une des plus importantes usines de Belleville.

Continsouza produit alors du matériel cinématographique pour Gaumont et Pathé, mais à la fin du mois de février 1928, un terrible incendie ravage ses installations. Pendant de longs mois les ouvriers seront au chômage. Continsouza remontera en partie les bâtiments détruits et recentrera son activité sur la fabrication de machines à écrire, une production qui demeura en place jusqu’en 1948. Ses installations furent alors partagées entre plusieurs sociétés, dont le fabricant de chaussures Berthelot, (on voit encore l’inscription du nom de cette société sur notre photo).

En 1952, c'est la division impôts du ministère des Finances qui vient loger, dans une partie des anciens ateliers industriels de la Cour de la Métairie, son service d’enregistrement mécanographique des déclarations au fisc. (On voit également l’inscription du nom du ministère sur la photo).  
"Les impôts" vont quitter la Cour dans les années 1990, libérant ainsi des terrains pour la construction d’immeubles modernes.

Quant aux "Chaussures Berthelot", elles vont quitter leur immeuble en 1992 et c'est l'Etablissement Public de Santé Maison Blanche qui en fait l’acquisition. Toutefois, les travaux de réaménagement tardent, laissant le champ libre à tout un peuple de squatters. Le centre de postcure Maison Blanche n’ouvrira qu’en 2000.

Dans la "cour de la Métairie", seules subsistent aujourd’hui quelques petites sociétés occupant le 5 bis, mais ce lieu conserve un charme indéniable dû sans doute à la rémanence encore forte de son prestigieux passé industriel …


>> Pierre-Victor Continsouza, pionnier du matériel cinématographique. 

>> Chaussures Berthelot, réclame de l'époque …

>> L'Etablissement Public de Santé Maison Blanche.

 

 

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" Ich bin ein Berliner "

19 Janvier 2012, 10:36am

Publié par barreteau

25, rue Boyer - Paris 20ème: la coopérative "La Bellevilloise".


Tout comme John Fitzgerald Kennedy proclamait à Berlin-Ouest "Ich bin ein Berliner", moi aussi j'ai envie de crier : "Je suis un Parisien" car, même si je ne suis pas né dans cette ville, il y a longtemps qu'elle et moi nous nous sommes mutuellement adoptés.

Et tout comme certains Berlinois peuvent être nostalgiques de l'ex-RDA (la fameuse "Ostalgie"), moi aussi je suis parfois nostalgique de l'Est de Paris, celui du temps où il avait encore quelque chose d'humain, mâtiné d'un certain charme de quartiers un peu désuets: des entrepôts de Bercy aux terrains vagues du haut-Belleville.

Aujourd'hui, à Belleville comme à Ménilmontant, l'Ostalgie refait surface, celle d'un Paris populaire et d'une époque industrieuse … toutes deux définitivement révolues.

Pourtant, se nourrissant des souvenirs surgissant d’un passé lointain, les bars vintage de la rue Oberkampf mettent maintenant en scène cet environnement populaire: celui de la mécanique et de la petite métallurgie, qui se sont maintenues ici, jusque dans les années 60.

A côté de ces bars plus ou moins authentiques, on rénove la Maison des Métallos, le bâtiment de l’Union Fraternelle de la Métallurgie et celui de l’antenne CGT du 11ème arrondissement … autant de symboles de cet ancien bastion ouvrier. Si bien qu'à l’heure de la gentrification des "quartiers Est", la nostalgie ouvrière semble fonctionner à plein.
Ce changement sociologique a paradoxalement prolongé certains particularismes du quartier : les diplômés remplacent les ouvriers dans les nombreuses associations militantes, les artistes se substituent aux artisans dans les ateliers désaffectés.


Mais les avis sont partagés sur les conséquences des transformations urbaines qui ont lieu ici, dans l'Est parisien. Car au final, les bobos sauront-ils conserver un patrimoine en perdition ou vont-ils définitivement le réduire à néant ?



>> "Le Mécano bar" : de la machine-outil et son outillage à l'ambiance latino et ses Mojitos ...

>> La Maison des Métallos.

>> Bienvenue à Boboland.

 

 

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La chaufferie de La Villette et sa grande cheminée.

2 Octobre 2011, 09:57am

Publié par barreteau


Installée le long du canal de l'Ourcq, dans le 19ème arrondissement, cette usine désaffectée depuis une dizaine d'années va être démolie.

Ce sont, finalement, des logements, des commerces et un espace vert, qui vont être implantés à la place de cette unité de production de vapeur qui servait à chauffer une partie de Paris.

"Dans quelques mois, cette usine va partir en fumée pour de chics petites boutiques !" ai-je lu sur le blog d'un bobo du quartier des Buttes Chaumont. "Chouette" écrit le bobo.
Mais est-ce vraiment si "chouette" ?

Car en démolissant intégralement un bâtiment si familier aux résidents du quartier, ne fait-on pas table rase de la mémoire industrielle d'un territoire urbain qui ... aussi leur appartient  ?

L'association ATCO (AuTour du Canal de l'Ourcq),  pense qu'il est possible de conserver une petite partie de l'usine. Et elle demande la sauvegarde de la cheminée, comme symbole du passé industriel du 19ème arrondissement.

Car cette cheminée est pour beaucoup de gens, un peu comme un phare, un repère à la fois historique mais aussi géographique. Ici pour s'orienter, on lève les yeux au ciel pour apercevoir la cheminée ...

Après des années d'études et de procédures, les travaux ont commencé cette année, mais les habitants du 19ème, veulent encore croire que l'aménagement de leurs rues, de leurs logements … ne sera pas victime d'un aveuglement technocratique qui n'hésiterait pas à faire disparaître toute trace du passé industriel du quartier de l'Ourcq.
Ils ne veulent surtout pas glisser vers le monde aseptisé de l'oubli et du saccage des paysages urbains et demandent que soit sauvé le "phare industriel" de leur arrondissement.

Mais le projet semble a priori bien compliqué. En effet, l'emprise de l'usine est l'enjeu de la dernière étape de l'aménagement du secteur Ourcq-Jaurès, un projet lancé en 2002 et qui doit redonner vie à un quartier, il faut bien le dire, particulièrement délaissé.

L'avenir de la chaufferie de La Villette et de sa grande cheminée semble donc d'ores et déjà définitivement scellé …



>> L'effacement du vieux Paris: rue de l'Ourcq.

 

 

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Au cimetière des ambitions.

2 Mars 2011, 10:40am

Publié par barreteau

 

6 - 10,  Rue Watt, 75013-  Paris (juillet  1996)

 

C'était au temps où la rue Watt avait encore une certaine aura auprès de ceux qui venaient respirer ici un peu de poésie urbaine, mais aussi auprès de ceux qui quotidiennement venaient y travailler.

Dès le début des années 70, un grossiste asiatique de l'alimentaire avait implanté ici un entrepôt où il stockait des produits importés, en groupage, de Chine et du Vietnam.
Il s'agissait de produits de premières nécessités comme des vermicelles ou des galettes de riz, de la sauce de poisson ... autant de denrées destinées à approvisionner la communauté asiatique de Paris.

Avec l'arrivée des premiers réfugiés de l'Asie du Sud-est en 1975, la société se développe vite, et la petite entreprise familiale, qui à l'origine ne disposait que d'un minuscule magasin à la place Maubert, va rapidement s’agrandir et ouvrir plusieurs boutiques de détail dans Paris, puis elle passera aux supérettes et à la vente en gros.


Un tel succès fera forcement des envieux, des jaloux non dénués parfois d'un certain relent de racisme. Pas étonnant alors que, rue Watt, sous l'enseigne de la société, un tag rageur proclamait : "la France aux français" !

Depuis cette époque, tout a bien changé rue Watt où la poésie urbaine est désormais au cimetière des ambitions …



>> Ne cherchez plus la société THANH BINH, rue Watt ….

>> La rue Watt sur Parisperdu.

 

 

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La Halle Freyssinet devient très tendance.

14 Juin 2010, 09:22am

Publié par barreteau

La Halle Freyssinet en fin d'exploitation par le SENAM, Juin  2005
 

Depuis le transfert du SERNAM, le service national des messageries de la SNCF, à Valenton dans le Val-de-Marne, en 2007, la halle Freyssinet était déserte et livrée aux tagueurs.

La halle, un des plus beaux exemples d'architecture industrielle de Paris, avait réussi malgré tout à échapper à divers projets plus ou moins heureux de reconversion.

Ainsi, le maire du 13ème et président de la SEMAPA, aménageur de la ZAC, était favorable à la découpe de la halle dans le sens de la largeur en rasant l'une des trois nefs, celle côté voies ferrées, au risque de fragiliser l'ensemble de la structure du bâtiment ce qui lui aurait été fatal.
A l'Hôtel-de-ville, on était plutôt partisan de l'amputation dans l'autre sens, celui de la longueur, sans préciser par quel bout on trancherait (côté rue du Chevaleret ou côté boulevard Vincent Auriol) ?

En réalité, ni l'un ni l'autre de ces décideurs n'avait de projet bien précis sur l'aménagement futur de la halle.
Il faut dire que le site est difficile à aménager car la complexité du faisceau ferroviaire entre la passerelle Charcot et le boulevard Vincent Auriol, avec ses deux niveaux de voies (aérien et souterrain), ainsi que la présence d'aiguillages interdit la construction de files d'appuis continus.
C'est d'ailleurs cette impossibilité qui a eu raison d'un autre projet, celui de l'implantation d'un Tribunal de Grande Instance. L'initiative du ministère de la justice verra finalement le jour sur le site des Batignolles ...

Pour la halle, la "solution" retenue a consisté  … à laisser les lieux en l'état.
La SNCF a donc sagement renvoyé, dos à dos, les maires de Paris et du 13ème, en louant la halle Freyssinet pour 5 ans à une entreprise spécialisée dans l'événementiel. Après des travaux de sécurisation et de mise aux normes, la halle accueille depuis quelques temps déjà: shows, défilés de mode, soirées privées, expositions, et autres réunions politiques ou commerciales ... avec un cachet mi-industriel, mi-underground. Très tendance donc !


Mais la halle Freyssinet continuera toutefois à se lézarder, sans avenir réel et aussi sans garantie quant à sa pérennité … Pourtant, la halle de l'ingénieur Freyssinet  mérite d'être préservée. 

Alors, rendez-vous dans cinq ans pour voir si un véritable projet de reconversion pourra enfin être adopté et savoir finalement si l'hypothèque de la démolition est définitivement levée   …



>> La Halle Freyssinet en 1999, 2005 et 2008.

>> La Halle Freyssinet, déjà sur Parisperdu.

>> La Halle Freyssinet, encore sur Parisperdu.


 

 

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L'entrepôt Macdonald : vers un avenir meilleur.

23 Avril 2010, 09:19am

Publié par barreteau

Entrepôt Macdonald, 141-221 boulevard Macdonald, 19ème.

 

 

Disons-le tout de suite, le propos n'est pas de débattre ici des possibles améliorations du stockage des hamburgers. Ce Macdonald-là fait référence au boulevard qui longe l'entrepôt. Un boulevard baptisé ainsi en l'honneur du maréchal de France Étienne Macdonald, duc de Tarente. Rien à voir donc, avec le géant du fast-food américain.

 

L’entrepôt Macdonald réalisé en 1976 par l'architecte Marcel Forest, est, avec ses 617 mètres linéaires,  l’immeuble le plus long de Paris. Le projet initial prévoyait une surélévation de trois niveaux supplémentaires, ce qui explique la sobriété de la façade conçue comme un simple soubassement. "Son esthétique suffit pourtant à ce qu’il demeure un édifice complet en apparence, en l’attente, qui sera peut-être longue, des programmes futurs" écrivait son architecte, avec, reconnaissons-le, un fameux sens de la prémonition !

 

Aujourd’hui, le néerlandais Floris Alkemade, l'architecte coordonnateur du nouveau projet, trouve sa mission facilitée par cette particularité et, il lui est ainsi possible de conserver la majorité de la structure en béton, puis de la  surélever et enfin de la couper en son milieu pour laisser passer, sous une passerelle, la future prolongation du tramway T3.

Le nouveau complexe abritera 1000 logements, 30 000 m2 de bureaux et des équipements publics. Malgré la densité de l'habitat, la construction respectera la charte de développement durable : l'entrepôt fera la part belle à l'exigence environnementale: géothermie, panneaux photovoltaïques, isolation renforcée, récupération de l'eau de pluie...

 

Le projet global d'aménagement de la zone "Paris Nord-Est" est pharaonique, sa réalisation prendra environ une vingtaine d'années. Mais à elle seule, la restructuration  de l'entrepôt Macdonald est aussi un pari colossal car, d'une vaste friche industrielle grise, oubliée le long des boulevards ceinturant la capitale, au cœur des populaires portes d'Aubervilliers et de la Villette, il s'agit de faire naître - dès 2013 - un vrai "morceau de ville".

A cet horizon, il sera vraisemblablement possible de s'entendre rétorquer : "Alors comme ça, t'habites chez McDo … ?"



>> "Projet MacDonald", fiche du promoteur (SEMAVIP)

>> Images virtuelles de l'entrepôt restructuré.


 

 

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Métro Haxo: station virtuelle.

6 Avril 2010, 08:36am

Publié par barreteau

Station de métro Haxo, avec à droite l'emplacement de l'escalier qui ne sera jamais percé.

Photo : copyright  EXTRAORDINAIRE-URBAIN – Martin Loyer.

Il y a quelques années, les plans du métro parisien mentionnaient encore des stations avec ce renvoi en bas de page : "Stations fermées".
Cela m'a toujours intrigué.
L'explication est due au fait qu'en septembre 1939, au début de la seconde guerre mondiale, le gouvernement met en application un service réduit sur le réseau métropolitain. Seules 85 des quelques 300 stations parisiennes demeurent ouvertes à l'exploitation. Toutes rouvrent dans les années qui suivent la fin du conflit, sauf quelques-unes considérées comme peu fréquentées, peu rentables et qui resteront fermées. Il s'agit de celles que mon vieux plan de métro mentionnait en bas de page: Arsenal, Champ-de-Mars, Saint-Martin et Croix-Rouge.

Un voile de mystère et de fantastique entoure ces stations de métro abandonnées et que l'on peut encore aujourd'hui apercevoir depuis une rame. Mais il y a encore plus mystérieux … et c'est le cas de la station de métro "Haxo".

Les stations Porte des Lilas (ligne 3) et Pré Saint-Gervais (ligne 7bis) auraient dû être reliées entre elles dans les années vingt. La ville de Paris soutenait cette idée, mais la CMP, l'ancêtre de la RATP, n'y voyait que des inconvénients et des résultats peu profitables.
Les tunnels furent néanmoins construits et les voies posées. Une voie unique (surnommée "la voie des Fêtes") relie alors la Place des Fêtes à la Porte des Lilas et une station intermédiaire est construite, c'est la station "Haxo".
Pour le trafic dans le sens inverse, une autre voie est aussi construite reliant directement Porte des Lilas à Pré Saint-Gervais, sans station intermédiaire, c'est la voie navette.

Finalement, la liaison commerciale ne sera jamais mise en service, ... mais la station Haxo existe bel et bien, sauf qu'elle n'a jamais accueilli le moindre voyageur, et pour cause … elle est dépourvue d'accès vers l'extérieur !

Toutefois, cette situation n'est peut-être pas définitive … car la fusion des lignes 3 bis et 7 bis est de nouveau à l'étude pour une mise en service au plus tôt en 2013.
Ce raccordement réutiliserait probablement la voie des Fêtes et la voie navette, permettant enfin l'ouverture au public de la "station virtuelle" Haxo.



>> Extrait du plan officiel du réseau de la RATP.

>> En savoir plus sur les stations fantôme du métro parisien.

 

 

 

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Qui êtes-vous Monsieur Morris ?

29 Novembre 2009, 09:36am

Publié par barreteau



La colonne Morris est un élément du mobilier urbain parisien, présent aussi dans beaucoup de grandes villes en France et ailleurs dans le monde. De forme cylindrique, elle sert de support à la promotion des spectacles et des films. Éclairée à la nuit tombée, souvent rotative, l'espace qu'elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage des rues, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

Les colonnes Morris doivent leur nom à l'imprimeur Gabriel  Morris qui en a obtenu la concession à des fins publicitaires en 1868 auprès de l'inventeur, le Berlinois Ernst Litfass. Ce dernier les avait introduits à Berlin, dès 1854, afin de lutter contre l'affichage sauvage. Ainsi, dans tous les pays de langue allemande, on parle de Litfaßsäule, "colonne de Litfass".

La colonne est en fonte verte, sa toiture est composée d’une marquise hexagonale, décorée aux angles de six mufles de lions, le tout surmonté d’un dôme bombé, décoré d’écailles et d’une flèche ornée de feuilles d’acanthe. L'ensemble est d'une rare élégance et les colonnes Morris sont devenues des objets emblématiques de l'image de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d'Hector Guimard.

En 2006, la décision du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de réduire leur nombre de 773 à 550, c'est-à-dire de détruire 223 "Morris", au prétexte de "désencombrer l'espace public" a fait naitre une vive polémique. La ville de Paris estime donc que ces colonnes prennent trop de place ! Trop de place ? Ça fait rire les Berlinois : dans la capitale Allemande, des Litfasssäulen, il y en a 3000 !

A Paris, diverses associations de défense s'inquiètent de l'éventuelle disparition à terme de la totalité des colonnes Morris, au profit de supports publicitaires plus rentables.

Les colonnes que l'on voit aujourd’hui dans les rues de Paris sont en effet produites et gérées par le géant du mobilier urbain, l'entreprise JC Decaux. Ce sont des versions contemporaines assez fidèles au modèle du mobilier ancien. Mais, poussé par une logique financière, la mairie de Paris vient de revoir le contrat qui la lie à JC Decaux et a fait passer sa redevance de 8 % à plus de 40 % du chiffre d'affaires publicitaire. Decaux doit donc "se refaire de la marge", en proposant une colonne moins couteuse en investissement et aussi en exploitation. Après l'analyse de la valeur d'une colonne, c'est  l'architecte Jean-Michel Wilmotte qui a été choisi pour "re-designer" le produit  

Redessinée ou pas,  les célèbres colonnes Morris ne sont pas prêtes de changer de patronyme …



>> "Ginette", première victime de la rentabilisation du mobilier urbain parisien.


>> Wilmotte redessine la colonne Morris.



 

 

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Gazomètres.

16 Octobre 2009, 09:51am

Publié par barreteau



Le terme "gazomètre" fut créé par William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz, dans les années 1800. En dépit des objections de ses associés, qui lui expliquaient que son "gazo-mètre" ne mesurait rien, contrairement à ce que semblait indiquer son suffixe, le terme fut retenu et passa dans l'usage courant.

Pourtant, le terme de "réservoir à gaz" aurait été plus exact car ces immenses structures métalliques sont utilisées pour conserver le gaz sous une cloche, dont la hauteur varie en fonction de la quantité de gaz présente.

 

La révolution industrielle du 19ème siècle vit fleurir les gazomètres aux abords des villes.

A Paris, la plus forte concentration de ces réservoirs se trouvait à la périphérie Nord: de La Plaine, au Landy, en passant par La Villette et la rue de l'Evangile. On en dénombra jusqu'à 61 en 1907.
Ces "énormes cloches en fer boulonné" dont les plus grosses, hautes de 65 m, mesurent 75 m de diamètre, ont marqué durant plusieurs décennies le paysage industriel urbain. Les pulsations de leurs calottes bombées étaient le signe tangible du fonctionnement de l’usine à gaz. L’alternance levée-abaissement de leurs couvercles signalait le mouvement remplissage-émission et permettait de distinguer les variations diurne et nocturne de la distribution du gaz. A Paris, les gazomètres alimenteront plus de 40 000 réverbères, surtout abondants aux abords des bâtiments publics, des halles, des théâtres et … en y ajoutant les vitrines illuminées, ils vont faire de Paris, la fameuse "ville lumière".

 

Mais en 1951, on découvre, dans un petit village des Pyrénées du gaz naturel. Le méthane de Lacq arrivera à Paris juste dix ans plus tard, et cette arrivée sonnera le glas des gazomètres car le gaz naturel peut se stocker dans des poches souterraines.

Devenus inutiles, les gazomètres disparaissent peu à peu du paysage urbain, …
A Paris, tous seront démolis, le dernier en 1982.



>> Déjà sur Parisperdu : "Carrefour de l'Evangile".


>> Déjà sur Parisperdu : "Usine à Gaz !"


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"Archi-respectueux" du passé.

12 Avril 2009, 10:56am

Publié par barreteau

La SUDAC, en mars 1996.

 

La restauration de la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé…), dans le 13ème, est symptomatique d'une époque. Désormais, on s'attache enfin à garder les traces du passé, notamment celles du passé industriel, pourtant encore récemment jugé peu digne d'intérêt.

La transformation de la SUDAC en Ecole d'Architecture … est à ce titre exemplaire. L'identité de l'usine est préservée, des vestiges industriels sont conservés et enrichis. On y développe une architecture d'avenir, respectueuse du passé.

 

Et cette logique de recyclage préside aujourd'hui à de nombreuses autres réalisations. "On construit avec le passé" répète souvent l'architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff. Le passé, n'est plus une contrainte, mais une ressource pour les nouveaux projets. Le patrimoine historique n'est plus détruit, comme ce fut trop souvent le cas (se souvenir des Halles de Baltard …), mais intégré dans la matière même de nouveaux espaces publics ou de nouveaux bâtiments.

 

La suite de l'histoire ?

Elle se construit chaque jour tout près de chez vous, un peu partout dans Paris … sur le thème en vogue du développement durable. Un exemple, le musée du quai Branly, un bâtiment qui intègre le bois sur ses façades, de la végétation aussi, pour dire qu'il est temps de revenir à des matériaux naturels et qu'il faut penser aussi à notre planète …

L'architecture raconte souvent les préoccupations de son temps.

 

 

>> L'école d'architecture de Val-de-Seine

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu :"Nouvelle vie en usines".

 

 

 

 

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Nouvelle vie en usines.

23 Février 2009, 09:26am

Publié par barreteau


Les Grands Moulins de Paris - 13ème arrondissement -1997.


Il y a vingt ans, on démolissait sans réfléchir. Aujourd'hui, on a enfin pris conscience qu'il est important qu'il y ait dans les villes un continuum historique et physique, et les bâtiments industriels, les usines, les ateliers du XIXe et du XXe siècle sont devenus les supports décomplexés de projets novateurs. Paris respecte enfin son patrimoine industriel.

Les transformations architecturales fleurissent à Paris et tout autour : les Magasins Généraux dans le 13ème, les anciennes Pompes Funèbres de Paris, La Halle aux farines, les Grands Moulins de Pantin, la Sudac ...
Les usines oubliées et les entrepôts sinistres s'inventent des lettres de noblesse.


L'architecture contemporaine serait-elle devenue conservatrice au point de s'accrocher aux vieux murs de son patrimoine industriel ? Pas du tout, répondent urbanistes et architectes. "Toute l'histoire de l'architecture est une succession de transformations et de reconversions: les temples grecs ont été recyclés en églises; des couvents ont été reconvertis en filatures ou parfois en hôtels ..."
Et aujourd'hui, certains architectes ont su jouer astucieusement avec les vieux édifices comme s'ils étaient une matière première. Ils pensent aussi que leur démarche s'inscrit dans le droit fil du développement durable : reconvertir, c'est éviter de polluer et de gaspiller...

Mais il faut qu'il y ait une certaine adéquation entre la forme du bâtiment et sa nouvelle fonction. On ne peut pas tout faire dans tout. Et plus on procède à des changements de fond, plus c'est cher !
Alors, l'enveloppe du bâtiment est souvent dissociée de l'intérieur, comme c'est le cas pour le pôle universitaire Paris Diderot dédié aux Sciences, et installé dans l'ancienne Halle aux farines, dans le quartier des Grands Moulins de Paris, dans le 13ème. L'enveloppe de cette halle en béton armé, construite en 1950, a été conservée et les amphithéâtres ont été glissés à l'intérieur comme un "bateau dans une bouteille", les architectes ont seulement ajouté des verrières pour laisser passer la lumière zénithale, et réalisé une extension métallique légère pour accueillir le restau-U.
Une reconversion en douceur, en somme ...
On en redemande.




>> La Halle aux farines.

>> Voir aussi sur ParisPerdu : "Des étudiants dans la farine ... ?"

>> Voir aussi sur ParisPerdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien ..."

>> Le 104, les anciennes Pompes Funèbres de Paris.


 

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Ici l'on tue ...

3 Février 2009, 09:34am

Publié par barreteau


Nous sommes tout près des abattoirs de La Villette, là où "on tranche le lard" comme le chante Jacques Dutronc ...
Ici, sur le quai de la Gironde, subsistent encore aujourd'hui quelques activités connexes, telle l'usine de "Cuirs et Peaux" Joseph Fischer ou les Etablissements Félix Gaucher, un marchand de charcuterie et de salaisons, en gros et demi-gros ...

A La Villette, sur l'un des murs de l'abattoir, on pouvait lire, sur une enseigne, cette dramatique sentence: "Ici l'on tue ...". Une évidence qui toutefois ne manquait pas de surprendre le promeneur, et l'incitait surtout à passer son chemin au plus vite.

Sur le site de La Villette, le mois de mars 1974 marque la fin d'une époque car on y tue le dernier bœuf.
En 1979, naît alors l'Etablissement Public du Parc de La Villette qui lance le grand projet de réhabilitation et d'aménagement des 55 hectares de friches industrielles, avec la mission de créer le premier parc culturel urbain.

Ce sera une réussite !



>> Des abattoirs ... au premier parc culturel urbain.

>> Démolition des abattoirs de La Villette, septembre 1977 -Photo© Jean-Luc Charuel 

 

 

 

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Le garage de l'Equerre.

22 Janvier 2009, 09:44am

Publié par barreteau


A Paris, dans le 19ème arrondissement, la destinée du garage de l'Equerre est tout à fait révélatrice de l'évolution du quartier.
Suivons donc son parcours.

En 1930, au 7-9 de la rue de l'Equerre, s'implante un garage. Avec son fier fronton gravé, il se présente alors comme un temple de la "modernité automobile".

Dans les années 1980, les asiatiques sont de plus en plus présents à Belleville et s'impliquent fortement dans l'économie locale aussi, il ne faut pas être étonné de voir le mécanicien vietnamien Nguyen Van
Trieu, fraichement arrivé à Paris, reprendre l'activité du garage de l'Equerre.

Mais dès la fin des années 90, les promoteurs immobiliers sont - partout à Paris - à la recherche de bonnes affaires et, les vieux garages de quartier sont des cibles de choix car ils offrent de grandes surfaces et de beaux volumes.

Un projet immobilier est alors conçu par l'Agence XLGD et Associés, pour l'édification de logements au-dessus du garage, sur quatre niveaux. Le permis de construire ne sera finalement pas accordé.

Puis, au début des années 2000, les bobos arrivent en nombre dans les quartiers Est de la capitale. On le sait, le bobo est friand de culture; il va donc falloir lui en fournir dans un secteur qui en manque cruellement ... La Cosmic Galerie va définitivement remplacer le Garage de l'Equerre ... on conservera, bien sûr, son fier fronton gravé, car cela fait "authentique" et "l'authentique" plait aux bobos.


Ainsi, à Paris comme ailleurs en France, les garages comme bien d'autres bâtiments industriels sont souvent recyclés "culturellement". Cela nous montre bien que nous ne fabriquons et ne produisons plus grand-chose ... et avec tous ces bâtiments vides d'activités, c'est sûr que l'on va avoir le temps de se cultiver ... au chômage.


>> Cosmic Galerie

>> Le projet immobilier de l'Agence XLGD et Associés.

>> "Bobo Attitude" ou "Les Bobos sur Parisperdu". 




 

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La Halle Freyssinet ... et ce n'est que justice !

18 Décembre 2008, 09:38am

Publié par barreteau


Le vieux Palais de justice de l'île de la Cité n'est plus adapté depuis des années aux besoins de la juridiction parisienne. Il est donc envisagé de réorganiser les Cours de cassation, d'appel et d'assises dans le palais historique tandis que le Tribunal de Grande Instance (TGI) serait délocalisé sur un autre site.

L'Etat retiendrait volontiers le site de "La Halle Freyssinet", une vaste halle industrielle des années 1920, dans le quartier de Tolbiac, en bordure des voies d'Austerlitz, non loin de la Très Grande Bibliothèque.

Fin 2007, un concours d'idées international a désigné, Josep Fuses et Joan Viader comme architectes vainqueurs du projet du nouveau TGI parisien. Les deux architectes catalans proposent un projet audacieux dans lequel, la Halle Freyssinet, est entièrement conservée ... et ce n'est que justice ! Elle se voit adjoindre une quatrième nef sur pilotis et ce "mix" de bâtiments conserve incontestablement l'esprit des lieux chers à Léo Mallet, à Nestor Burma et à Jean-Pierre Melleville ...

Mais, l'État et la Ville de Paris s'opposent sur le site définitif du futur TGI, chacun préférant une adresse différente dans le 13ème arrondissement. Le nouveau grand projet d'urbanisme suscite, par ailleurs, la fronde d'associations de riverains, ultra mobilisées et encouragées par les prises de position de la  mairie du 13ème qui ne veut pas du projet dans le  quartier de Tolbiac.

La Ville de Paris a donc proposé le site de Masséna, un peu plus à l'est, sur un terrain coincé entre le périphérique et les boulevards des Maréchaux.
Impossible, répond l'État : ce site nécessiterait de lourds aménagements, incompatibles avec la date de livraison du TGI, programmée pour 2012-2013.

Le démarrage des travaux n'est prévu qu'en 2010 ... affaire à suivre donc ...




>> L'EPPJP - Etablissement public du palais de justice de Paris.

>> Fuses-Viader, Arquitectes Associats


>> La halle Freyssinet : déjà sur "Parisperdu".

 

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