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PARISPERDU

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Entre Ourcq et Crimée.

16 Mai 2015, 09:43am

Publié par barreteau

Entre Ourcq et Crimée.

9 rue de l'Ourcq, côté cour … Paris 19ème (1999)

On se désole de la dégradation de ce quartier populaire autrefois peuplé de retraités et de familles modestes. Mais surtout, au pied de ces petits immeubles sans charme, on constate qu'ici, la politique de la ville n'a pas donné les résultats escomptés.

De manière très hypocrite tout le monde a dit, à partir de 2003, que la rénovation urbaine c’était génial, qu’on tenait là enfin un grand programme qui produirait des effets massifs sur le devenir des gens. En fait, on s’est occupé des murs, par la méthode quasi-généralisée de la destruction/reconstruction, mais on ne s'est pas occupé des gens.

Auparavant, les gens de ces quartiers vivaient dans un habitat quasi-insalubre mais ça se passait très bien, maintenant l'habitat a été amélioré et tout va mal ! Je reconnais que c’est un peu simpliste, mais c’est un fait. On a investi massivement sur la forme urbaine…mais parallèlement le fond, c'est-à-dire la condition socio-économique des gens s'est beaucoup dégradée.

Entre Ourcq et Crimée, les habitants sont désormais surtout des pauvres, des chômeurs, des jeunes à la dérive, des immigrés pas toujours en situation régulière … tous sont plus ou moins confrontés à la stigmatisation, à l’exclusion, à la discrimination, bref au rejet de notre société.

Ce ne sont pas seulement les murs qu'il aurait fallu rénover mais c'est aussi les trajectoires de vie de leurs habitants qu'il fallait améliorer. Mais pour cela, le politique n'a pas de réponse …



>> Au 9 rue de l'Ourcq, le coiffeur peigne la girafe !

 

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L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.

16 Avril 2015, 08:19am

Publié par barreteau

 

L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.
Au 5 de la rue Lesage, Paris 20ème (novembre 2010)
 

Dans le bas-Belleville, la rue Lesage a longtemps fait grise mine. Ses immeubles modestes, aux façades dégradées, abritaient souvent des logements peu reluisants. Mais, au tournant de l'an 2000, une vague de réhabilitations a progressivement amélioré la situation. Pour une fois, à Belleville, on ne pratiquait plus la politique de la table rase.
Les actions des diverses associations de quartier - la Bellevilleuse en tête - finissaient par payer !

Au 5 de la rue Lesage, un ancien hôtel de voyageurs avait été plus ou moins transformé au fil des ans en foyer de travailleurs immigrés, composé d'une quarantaine de chambres dont certaines atteignaient tout juste 5 mètres carrés … L'ensemble se trouvait dans un état lamentable, proche de l'insalubrité.

Toutefois le bâtiment, certes passablement dégradé, gardait encore un charme certain,
dû au contraste très surprenant entre sa façade simple, régulière, modeste, et, la cour pittoresque que l'on découvre, une fois le porche franchi. On y trouve en effet, de petits immeubles résultant d’agrandissements successifs, tous entourés de coursives, à l’ombre de deux grands arbres, un érable et un marronnier, dont la ramure passe au dessus des toits.

Et voilà que cet ensemble a fait l'objet d'une réhabilitation réussie permettant la création de 5 logements confortables distribués autour de la cour intérieure pavée, avec ses coursives rénovées et soulignées par des balustrades ajourées…

Le contraste entre une rue étroite, mais animée, de la capitale et la tranquillité d’une cour intérieure, si représentatif de l’esprit d’origine du Bas-Belleville, est enfin ici pleinement retrouvé.

 

>>  La rénovation récente du Bas-Belleville : Dossier de presse du 31 mai 2005

 

 

 

 

 

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Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

5 Mars 2015, 09:02am

Publié par barreteau

 Destruction d'un immeuble situé 5, impasse Bonne Nouvelle_ Paris 10ème.

Que restera-t-il dans cinquante ans du Paris modelé par Monsieur Delanoë ?
Essentiellement des lieux froids, glaciaux où le souffle et l'esprit sont absents, des quartiers sans âme, ni réelle identité ... Finalement, les caractéristiques du bâti érigé lors de sa mandature seront à l'image de l'homme: rigide, bourgeois-bohème et quelque peu arrogant.

Mais là n'est pas le principal reproche. Il y a plus dramatique, car qui aurait pu imaginer dans ses pires cauchemars que cet homme aurait pu perpétrer un tel saccage de la capitale pour y édifier d'aussi affreuses constructions ou élaborer d'aussi insensés aménagements comme à Belleville où dans le 13ème arrondissement, avec ces quartiers d'une grande laideur: Rive Gauche et Masséna?

Et c'est bien là le problème, Monsieur Delanoë n'aura rien embelli, mais il aura beaucoup défiguré, rasé le passé, détruit le patrimoine et tout cela sans la moindre vision futuriste.

Pourtant, démolir, transformer, réaménager, n'est pas nécessairement un désastre.

Ce peut être bénéfique pour la ville, comme cela s'est produit à maintes reprises dans la capitale, tout au long des siècles.

De Charles V jusqu'au XXe siècle, Paris a tout d'abord été agrandi, puis transformé et modifié pour - à chaque fois - s'adapter à son époque et souvent alors Paris s'en est trouvé embelli, sublimé.

C'est ainsi que sous le règne de Napoléon III, grâce au savoir-faire du baron Haussmann, Paris se transforme et s'adapte au nouvel essor industriel de l'époque, et donne naissance à ce magnifique Paris que l'on peut encore admirer aujourd'hui.

Après la seconde guerre mondiale, d'autres progrès apportent confort et qualité de vie. L'auto individuelle participe à ce mouvement, aussi s'avère-t-il nécessaire de lui faire une place dans la ville.
Le président Pompidou le comprit, et en dépit des esprits chagrins, fit faire des travaux qui n'ont pas enlaidi la ville, bien au contraire.

Aujourd'hui, on tente de nous faire croire que la "voie Pompidou" et quelques autres tronçons sur la rive gauche ont privé les Parisiens de promenades agréables et vivifiantes au bord du fleuve. C'est faux.
Les voies de circulation sur les berges de la Seine, ont remplacé tout un fatras d'entrepôts, de hangars, de chantiers à ciel ouvert, de dépôts de matériaux de toutes sortes, qui n'ont jamais rendu la ville plus belle ni permis la moindre promenade au bord de l'eau  …

Alors aujourd'hui, faut-il sevrer Paris de voitures ? Doit-on stopper totalement la circulation automobile à Paris ? La réponse a été trouvée depuis longtemps à Londres ou à Singapour. Le péage urbain, est en effet un moyen plus intelligent et beaucoup plus efficace que "le tout Vélib" ou le "Paris-Plages permanent" ?

Non décidément, Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë …

 

>> Paris-plages ou Saint-Trop-sur-Seine.


>> Paris demande à être gracié.

 

 

 

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La ville en chantier.

28 Février 2015, 11:39am

Publié par barreteau

Carrefour de la rue des Orteaux et de la rue de la Réunion – Paris 20ème. (juin 2012)

La démolition est toujours un irrémédiable gâchis et malheureusement souvent, elle ne préfigure rien de bon.
Ce ne sont alors qu'un amas d'immeubles éventrés, d'espaces laissés vacants par la destruction des bâtiments, de décombres accumulés derrière des palissades, d'énormes étais soutenant des maisons tenant encore debout par miracle … tout cela témoigne d'une ville meurtrie, assassinée, et dont rien ne laisse deviner un éventuel avenir.

Quels regrets, quels espoirs, se dessinent derrière ces scènes de la ville ventre ouvert, derrière ces murs blessés, ces lieux dégradés, ces tours qui s'effondrent, ces bâtiments qui sortent de terre en quelques jours, ces quartiers qui émergent ?
Quels nouveaux espaces urbains se dessinent à la lisière entre ville et banlieue ?

La ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... mais comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


>> Même endroit … deux ans plus tôt …

>> Déjà sur Parisperdu : "Démolition, reconstruction, la ville en chantier"

 

 

 

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Ce n'est pas vraiment la Paix !

1 Février 2015, 09:53am

Publié par barreteau

 Hôtel de la Paix – 4 rue Louis Bonnet – Paris 11ème (janvier 2009)

Dans le 11éme arrondissement, la rue Louis Bonnet a toujours été une rue très commerçante.

Dans les années 80, un bon nombre d'établissements de la communauté chinoise, en majorité des restaurants, s'implantent ici. Ceux-ci remplacent des commerces tenus jusqu'alors par la communauté juive, un changement caractéristique de l'évolution de Belleville. Et c'est ainsi que disparaîtra, entre-autres, la célèbre charcuterie delicatessen Goldenberg avec ses spécialités d'Europe centrale.

Toutefois, jusqu'au tournant de l'an 2000, la physionomie de la rue change peu et elle conserve alors pratiquement les mêmes immeubles depuis plus d'un siècle.

Mais aujourd'hui la rue présente un tout autre visage et, ce sont les petits hôtels qui font les frais de la restructuration du secteur. C'est ainsi qu'au bas de la rue, au N°4, on vient d'assister à la destruction de l'hôtel de la Paix.

Fermé suite à un incendie qui s'était déclaré dans ses étages supérieurs, l'Hôtel de la Paix a été muré pendant de longues années pour empêcher les squatters de l'occuper. C'est là qu'avait été tourné une séquence du film "Bourne Identity", où l'on voit Bourne et Marie se cacher dans ce petit hôtel de la rue Louis Bonnet.

Cette rue qui peut de prime abord sembler plutôt paisible a connu pas mal d'évènements plus ou moins dramatiques: plusieurs incendies dans un périmètre restreint, des bagarres de rue intercommunautaires entre Juifs et Arabes et de nombreux règlements de compte dont certains avec mort d'hommes …

Non décidément, rue Louis Bonnet, ce n'est pas vraiment la Paix !


>> The Bourne Identity, (ou La Mémoire dans la peau), un film réalisé par Doug Liman et sorti en salles en 2002 avec Matt Damon dans le rôle principal.(capture d'écran)

>> Demande de démolition du 2-4 rue Louis Bonnet.

>> La guerre à l'Hôtel de la Paix.


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Flamenco et syndicalistes révolutionnaires.

11 Janvier 2015, 09:51am

Publié par barreteau

Passage du 33 rue des Vignoles_ Paris 20ème (Juin 1997)

Lorsque que pour la première fois, je pénètre dans ce passage de la rue des Vignoles, je découvre une cour bordée d'ateliers. Un lieu comme il en existait encore beaucoup à cette époque, dans Paris. Tous les ateliers viennent alors d'être fraichement repeints en blanc, ce qui donne une impression de clarté, de propreté et même de standing à cet endroit pourtant banal.

Ce qui attire immédiatement mon regard, c'est une pancarte. On peut y lire: "Flamenco en France". Je suis quelque peu intrigué que "La peña flamenca de Paris" ait élu domicile dans cet étroit passage. Arrivé au fond de l'impasse, je ne remarquerai rien d'autre …

Lorsque je suis retourné récemment ici, le passage était toujours là, et ça, c'est un peu surprenant … car ce secteur du 20ème arrondissement a subi ces dernières années, un large processus de restructuration de son habitat. Toutefois, si la configuration des lieux n'a pas bougé, la couleur des ateliers du passage a radicalement changé: fini le blanc immaculé … tout ici a été repeint en rouge !
Un rouge révolutionnaire sans doute car le passage abrite le siège d'une confédération que je n'avais même pas remarqué lors de ma première visite. Cette fois-ci, impossible de "louper" la Confédération Nationale des Travailleurs : couleur rouge omniprésente et, partout des drapeaux et fanions rouges et noirs siglés: CNT !
La CNT est une confédération de type syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste qui a connu un essor important en Espagne durant la période antifranquiste de 1936-1939. De là à expliquer le voisinage en cet endroit des anciens antifranquistes et des adhérents à l'association Flamenco … ?

Mais récemment, le passage du 33 de la rue des Vignoles a eu la surprise de tomber sur un avis de démolition de la mairie de Paris. Le "33" est situé dans l’îlot Planchat-Vignoles, un des îlots voué à destruction sans même savoir quelle construction est prévue à la place.

Des engagements ont été pris par la Mairie pour régler le problème de ces "expulsés-expulsables", mais aussi pour conserver le parcellaire caractéristique de ce quartier. Jusqu’à présent aucun projet n’a toutefois été rendu public par la Ville. La mobilisation se poursuit donc … et en matière de mobilisation, de manifestations et de défilés en tous genres, la CNT est experte ... !

Toutefois, l'impasse des anarchistes, comme certains la nomme dans le quartier, a sans doute entamé son compte à rebours avant ... la destruction finale.


>> Le passage du 33 rue des Vignoles, aujourd'hui.

>> Flamenco au 33 rue des Vignoles.

>> La CNT syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme.

>> Déjà sur Parisperdu : Lieu semblable, destin semblable.

 

 

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Belleville : les chantiers de la mémoire.

6 Janvier 2015, 10:04am

Publié par barreteau

Rue Pixérécourt, Paris 20ème _ 1984

A Belleville, dans les années 1960, tout le monde sait que les vieux immeubles ne seront plus entretenus car ils ont vocation à être détruits lors de la future rénovation du quartier qui déjà se dessine. Les habitants commencent alors à déménager, souvent déplacés dans les nouveaux HLM "confortables" de Sarcelles ou de Créteil. Mais paradoxalement  de nouveaux venus, notamment des migrants du Maghreb, s’installent dans ce bâti libéré ... pour quelque temps.

Dès la fin des années 70, les démolitions vont bon train et la rénovation des années 80, conduira à la "désastreuse" transfiguration de la Place des Fêtes, et à la politique des "Zones d’Aménagement Concertées" aux Amandiers à Ménilmontant ou dans le Bas-Belleville.

Les conditions de la "rénovation" de ces quartiers, le relogement, la conception des constructions nouvelles sur fond de spéculation immobilière ne seront pas sans conséquence sur le plan social et humain. Elles conduiront à la détérioration des conditions de vie et à la destruction des structures sociales. Et aujourd'hui encore, on ne peut que dresser le constat d’un immense gâchis urbanistique et humain.

Passant d’une image intimiste en noir et blanc à une poétique des ruines, la photo présentée ici semble de prime abord hétéroclite, mais elle dévoile finalement la réalité du fait social et urbain. Elle témoigne d’une société en construction, en constant changement, autant que d’un monde en décomposition.
Car ici, trois générations d'habitat coexistent - encore pour quelque temps - dans un reliquat de jardin: un habitat précaire fait de planches et de matériaux de récupération, dernier témoin des baraques des bidonvilles des années 50, au second plan se trouve un des petits immeubles de rapport qui constituaient il y encore peu de temps, l'habitat majoritaire de ces quartiers et, occupant tout l'arrière plan, l'une des tours de la Place des Fêtes.
Dans ce minuscule espace, c'est bien l'un des chantiers de la mémoire de Belleville, que l'
on découvre ...


>> Une rage de destruction.

>> Le ZACage du 20ème arrondissement.

>> Démolition des murs ... démolition des vies.

 

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Une nostalgie d'avenir.

1 Mai 2014, 12:31pm

Publié par barreteau

Quartier de Belleville _ Paris 20ème (mars 1997)

On connaît l'un des buts de Parisperdu : explorer les zones urbaines à l'abandon, y rencontrer leurs derniers habitants.

Sur la colline de Belleville, je déambule dans les cours, là où la vie palpite et s'enlise, pour fixer des images de la vie ordinaire de gens sans histoire.

Car ici, malgré l'évolution de la société moderne, ces lieux, ces hommes et ces femmes sont longtemps restés à l'écart du temps.

Mais aujourd’hui, tout cela a disparu et c'est tout un pan de Belleville qui n'existe plus que dans certaines mémoires.

Pourtant, je veux croire à une nostalgie d'avenir, c'est-à-dire, que  tout ce que l'on aimait bien dans notre ville avant, on pourrait continuer à le vivre encore aujourd'hui et dans le futur.


>> La nostalgie de (ou sur) Parisperdu.

>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur …

 

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Main basse sur la ville.

22 Janvier 2014, 09:40am

Publié par barreteau

1 rue de Thionville Paris 19ème (juin 1997) 

Paris, 1997, loin des constructions nouvelles, c'est un morceau du Paris ancien que l'on découvre ici. Intact.
Mais pour combien de temps encore ?

Car il faut bien dire que les quartiers populaires de Paris sont l’objet de toutes les convoitises, celles des promoteurs immobiliers bien sûr, mais aussi celles de projets publics d’urbanisme et enfin celles de démarches individuelles visant à satisfaire l'accès à la propriété de la classe "moyenne-sup", que d'aucuns nommeront "bobos".
C'est donc au nom de la “mixité sociale” que les pauvres sont virés des quartiers populaires.

Cette gentrification est-elle un projet politique ou un processus social naturel et inéluctable ?
Sommes-nous nous-mêmes les acteurs de cette gentrification ?

A Paris, depuis une vingtaine d'années, l’espace urbain est profondément remodelé. Ces transformations sont dictées par des aspects sécuritaires (fermetures d'impasses dans le 19ème), par la "dysneylandisation" de certains secteurs (Cour Saint Emilion dans le 12ème), par le "bétonnage" et la "goudronnification" de zones entières (Avenue de France, toujours dans le 12ème).

Il serait temps de commencer à réfléchir comment le citadin ordinaire peut se réapproprier l’espace urbain ?


>> Toujours le 1 rue de Thionville, mais en juin 2012

>> Déjà sur Parisperdu : " Quelque part quelqu'un".

 

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Massacre à Austerlitz !

3 Septembre 2013, 09:22am

Publié par barreteau


Le buffet de la gare de Paris-Austerlitz était en sursis depuis vingt ans. Les associations de quartier ont bataillé pour le sauver en tentant de faire échouer le projet de démolition de la Sémapa (Société d'économie mixte d'aménagement de Paris-Rive-Gauche) et de la SNCF.
En vain.

Son arrêt de mort était déjà signé depuis cinq ans, et aujourd'hui, on a démoli un bâtiment qui était un lieu de convivialité, pour créer une esplanade surplombant une cour livrée aux taxis.

Le restaurant Le Grenadier (en hommage à la bataille d'Austerlitz), situé au premier étage a donc été démoli, ainsi que la buvette du rez-de-chaussée. En attendant l'arrivée du TGV (sans doute pas avant 2020), il n'y a plus actuellement aucun vrai restaurant dans la gare !

Bien sûr le maire du 13ème arrondissement, par ailleurs président de la Sémapa, aura beau affirmer que "le buffet de la gare n'avait pas de valeur patrimoniale".
A voir.

Mais pour l'aménageur, le buffet avait surtout l'énorme inconvénient de barrer le débouché de l'avenue Pierre-Mendès-France qui désormais pourra affirmer plus encore son statut de quasi-autoroute urbaine.

Quant à la SNCF, elle démontre ici encore qu'elle n'a aucune vision urbaine. Son seul objectif est de faire circuler les trains et d'installer un centre commercial dans les étages supérieurs de la gare.

Il est en effet regrettable d'avoir choisi un projet qui détruit cette partie de la gare, un lieu fortement chargé d'histoires et d'émotions. Des murs pleins de souvenirs: ceux des séparations, des retrouvailles, de la joie des départs en vacances, de rencontres devant une tasse de café …

Et l'on ne me fera pas croire qu'il n'était pas possible d'élaborer un projet conciliant le neuf et l'ancien ... comme on le fait tout naturellement dans les métropoles anglo-saxonnes.

Mais décidément à Paris, massacrer le néo-classique à la française pour faire du fonctionnel plutôt moche est devenu très tendance !



>> La vaine lutte des associations de quartier.

>> La page Facebook de "La gare d'Austerlitz en mutation".

 

 

 

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Entreprise de destruction.

24 Juin 2013, 09:26am

Publié par barreteau

Angle de la rue Lesage et de la rue de Tourtille - Paris 20ème (1996)

Rue Lesage, rue de Tourtille, tout se prépare à l'effondrement. Fanfan a quitté son bistrot-épicerie depuis déjà quelque temps, la résistance a ses limites et les troupes de l'ennemi étaient trop fortes …

Du linge pend encore parfois au dernier étage d'immeubles dont tous les autres niveaux sont murés. On dirait que les gens tentent d'échapper au désastre en s'élevant vers le ciel.

On croise pourtant des vieux au milieu de la rue ou des jeunes appuyés à des murs.
Ils me jettent des regards dédaigneux, qui se feraient vite assassins, si je les visais avec mon appareil photo. Mais depuis longtemps j'ai appris que pour photographier ici, il vaut mieux pratiquer l'art de l'esquive.



>> Parisperdu et les démolitions urbaines.

>> Chez Fanfan.

>> "Des fenêtres semblables à des yeux sans pensée"

>> Voir aussi sur Parisperdu : " T'arrêtes avec ta tour Eiffel …"

 

 

 

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Le secret de ces petits regards.

16 Mai 2013, 09:20am

Publié par barreteau

Regards de gaz. Fond de l'impasse Poule - Paris 20ème. (1997)

Le secret de ces petits regards, parfois cachés sous d'anciennes boiseries qui s'ouvrent et se referment mal, s'est perdu. Ils portent souvent un petit monogramme caduc, en fer, où l'on peut lire selon les cas: EAU, GAZ, ou PTT.

Au fond de l'impasse Poule, dans le secteur des impasses de la rue des Haies, après le portail du serrurier, je découvre ces deux regards jumeaux au nom de la "Société du Gaz de Paris".

Ils doivent être là depuis près d'un siècle car La Société du Gaz de Paris n'existe plus depuis 1937, date à laquelle, elle a changée sa dénomination en "Compagnie du Gaz de Paris, Régie intéressée", avant finalement de prendre, en 1946, une raison sociale qui nous est plus familière: "Gaz de France". 

A cette époque maintenant lointaine, ces petits regards devaient encore fermer à clé. Leur matricule est resté surchargé de craie blanche pour que les chiffres se détachent de la fonte grise dans laquelle ils sont moulés et qu'ainsi l'employé de l'administration qui effectue les relevés, sache à qui il a à faire.

Aujourd'hui, tout ce secteur du 20ème arrondissement a été rénové, aussi dans l'impasse Poule, ne cherchez pas les regards de gaz … ils n'ont bien évidemment pas été sauvegardés …


>> Le secteur des impasses de la rue des Haies, déjà dans Parisperdu.

 

 

 

 

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Derniers jours pour les cours artisanales des Lyanes.

9 Avril 2013, 14:57pm

Publié par barreteau

Atelier de Découpe/Emboutissage J. Boquet au 6-10 rue des Lyanes Paris 20ème (juin 1995)

Je parcours un coin particulièrement reculé de la capitale: rue des Prairies, rue Leuck-Mathieu, rue de la Cour-des-Noues …
Aucune lueur ne filtre des parpaings mal joints qui murent toutes les ouvertures des dernières maisons individuelles de ces rues. On bouche la bouche et les yeux des maisons avant de les tuer.


Au 6-10 rue des Lyanes, et aussi Villa de Lyanes, dans une succession de cours encore à demi rustiques, bordées de vieux appentis en bois, on s'affaire à récupérer outils et outillages, à démonter quelques éléments des façades des ateliers dans l'optique plus que probable de leur prochaine démolition.

Déjà, au bout de la rue, c'est toute une partie du quartier qui a été reconstruit, conçu par des urbanistes pour leur honte et l'exécration de leur mémoire …!



>> Voir aussi sur Parisperdu: "Des fenêtres semblables à des yeux sans pensée".

>> Ce monde n'a pas totalement disparu.

 

 

 

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Là aussi les rectifieurs s'activent.

5 Avril 2013, 10:01am

Publié par barreteau

6 rue Gasnier-Guy, Paris 20ème (juin 1997)  

Dans ce secteur, ce ne sont que d'étroites façades, qui font les rues pareilles à des alignements de piquets. Mais déjà la rue des Amandiers a été complètement rectifiée et dans la rue Gasnier-Guy sa voisine, d'autres rectifieurs s'activent à rattraper le temps perdu … pour achever leur misérable entreprise de défigurement de Paris. 

On ne m'enlèvera pas de l'idée qu'on aurait pu retaper les anciennes façades, consolider ces murs, mais sous des prétextes d'hygiène et de confort, au lieu de laisser les gens libres d'élaborer leur coquille, on les entasse dans des casiers où, après une période de latence due à l'anesthésie qu'un bien-être tout relatif procure, on s'étonne de les voir devenir apathiquement ou hystériquement fous ...


>> Démolition de la rue Gasnier-Guy, rue symbole de Parisperdu.

 

 

 

 

 

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Désintégration de la vie humaine.

22 Mars 2013, 12:34pm

Publié par barreteau

Angle rue de la Cloche et rue Westermann - Paris 20ème.

Ce billet est un témoignage sur un lieu qui n'existe plus, car après avoir expulsé tous les habitants de ce secteur, la Ville a fait démolir les immeubles, tous les immeubles …
Il s'agissait, encore et toujours, d'effacer les traces les plus criantes de pauvreté dans la capitale.


Les quelques familles qui vivaient là, subsistaient tant bien que mal dans cette quasi-friche qui constituait un îlot à la fois au cœur et à la marge de ce quartier du 20ème arrondissement. En quelques mois, elles ont vu leur vie se désintégrer.

Un peu partout dans le monde, l'embourgeoisement des centres urbains est devenu un phénomène récurrent. La transformation des centres des villes - appelés à devenir, grâce à leur attrait et à leur potentiel économique, des lieux de résidence coûteux et à la mode - chasse les habitants modestes de leurs quartiers. Des familles entières voient alors leur destin totalement bouleversé. Mais qui s'en soucit … ?


>> Le secteur Cloche/Voulze/Westermann, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

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