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PARISPERDU

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Encore un nouveau projet pour le garage de l'Équerre.

8 Mars 2023, 19:32pm

Publié par barreteau

 Avant : état actuel (2022)                                                      

Après : où l'on voit la surélévation envisagée par le nouveau projet.

 

A Paris, au 7/9 de la rue de l’Équerre, dans le 19ème arrondissement, la destinée du garage de l'Équerre va-t-elle connaître un nouveau développement ?

Le nouveau projet consiste à rénover, réhabiliter et surélever ce bâtiment remarquable. Anciennement garage - puis galerie d’art - il pourrait désormais être transformé en un bâtiment accueillant des bureaux.

L'immeuble serait requalifié en "Établissement recevant du public" de 5ème  catégorie, c’est-à-dire entièrement accessible aux personnes à mobilités réduites, aussi bien pour les bureaux que pour l'accès aux cultures potagères plantées sur la toiture ! Les circulations verticales, l’accès sur rue et les
circulations intérieures, tout serait donc aménagé en respectant cette norme ERP 5ème catégorie.

Sous la verrière du bâtiment, le projet a aussi pour ambition d'agrandir le sous-sol et le rendre accessible afin de connecter l’espace d’accueil et les espaces de réunions.

Enfin, dans une logique d’amélioration énergétique, les travaux suivants seraient réalisés : ré-isolation totale de l’enveloppe du bâtiment, les menuiseries en simple vitrage changées par du double vitrage, la chaudière gaz supprimée et remplacée par une pompe à chaleur.

Le garage de l'Équerre souhaite donc passer aux besoins de l'époque actuelle en se conformant pleinement à ses normes.
Mais, la Commission du Vieux Paris, réunie le 26 septembre 2019 à l’Hôtel de Ville de Paris, sous la présidence de M.Bernard Gaudillère, a examiné la faisabilité de ce projet.
La Commission rappelle que la Direction de l’urbanisme a refusé par deux fois  la démolition totale du bâtiment et ajoute, pour sa part, qu’elle s’oppose également à tout projet de surélévation de cette construction qui est protégée au titre du P.L.U

Affaire à suivre…

 

>> Le garage de l'Équerre en 1989

>> Le garage de l'Équerre, maquette du projet.(© APICAP VALO 3 (fonds immobilier)

>> Le garage de l'Équerre, déjà sur Parisperdu en 2009.

 

 

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Paris ne s'est pas fait en un jour, il ne doit pas être défait en un mandat.

28 Août 2019, 09:30am

Publié par barreteau

Destruction des anciens ateliers de la Samaritaine, rue Baillet _ Paris 1er



Madame Hidalgo se consacre toute entière à sa nouvelle croisade : la persécution de l’automobiliste comme seule politique au profit d’une minorité. Car c’est cela le seul programme de la maire de Paris. Elle a mis fin à un système qui fonctionnait parfaitement (Vélib'), et nous propose de nous déplacer en trottinette ! Elle-même n'enfourche un vélo que pour les photos destinées à sa communication. Et que dire des tricycles à touristes que la Mairie laisse se développer entre les mains de petites mafias, et qui encombrent les couloirs de circulation tout en donnant à la Ville-lumière des allures de tiers-monde ?

Et voilà qu'elle prétend "rendre" aux habitants les berges - qu'ils n'ont jamais tellement fréquentées - en ouvrant une aire de loisirs désertée cinq jours sur sept. Sauf qu'en fermant les voies sur berges, on a transformé en enfer les quais hauts de la Seine, bien plus importants comme axe de circulation et de promenade avec leurs perspectives, leurs palais, leurs bouquinistes - aujourd'hui menacés par une pollution sans précédent.

En plus de la pollution, il faut parler de la propreté de Paris. Et il est d’ailleurs assez symptomatique de constater que Madame le maire a eu besoin de commander un rapport de 14 pages, ayant au passage coûté aux contribuables la modique somme de 224.580 euros (soit un peu plus de 16.000 euros la page !), pour se rendre compte que la ville qu’elle dirige est jonchée de détritus et infestée de rats. N’importe quel Parisien avec lequel elle aurait pris la peine de discuter aurait pu le lui signaler ; mais apparemment, c’était beaucoup trop lui demander !

Dans les transformations qu'elle entreprend dans la capitale, au-delà des bonnes intentions, Mme Hidalgo montre souvent une profonde méconnaissance de Paris et un réel manque d'empathie envers le patrimoine et l'Histoire de la ville, considérés comme des fardeaux de la culture bourgeoise. Et elle donne surtout l'impression d'une vieille haine pour les aménagements urbains de la Belle Époque, avec leur raffinement, leur élégance pratique et surtout cette merveilleuse cohérence avec les immeubles haussmanniens ...
Et, comme l'écrivait Jean d'Ormesson : "Le passé et son Histoire empêchent l'avenir de relever du seul hasard et de devenir n'importe quoi".
Si Paris ne s'est pas fait en un jour, il ne doit pas être défait en un mandat.

 

>> Toujours sur Parisperdu, le massacre du patrimoine de la ville :

° Mais comment aimer encore Paris ?
 
° Pipi popo

° Mais où va Paris ?

° Réinventer Paris, qu'elle disait …
 
° La République en danger.
 

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Au temps du grand chambardement.

19 Juin 2017, 09:24am

Publié par barreteau

Au temps du grand chambardement.

Angle de la rue de l'Est et du 288 rue des Pyrénées_Paris 20ème (1998)

 

C'était au temps du grand chambardement, dans le secteur Est de la Capitale. Sur les murs des publicités d'un autre temps, à présent défraîchies, elles semblent rejoindre l'archéologie d'une France disparue. Le quartier disparaît lui aussi, sous l'assaut des bulldozers, faisant place à un immense chantier encore inachevé. Les rues vont demeurer longtemps obstruées par des rangées de palissades.

A l'Est, d'immenses grues dressées sous les nuages annoncent les prochaines étapes du projet urbain …

 

>> A l'Est, d'immenses grues dressées sous les nuages …

 

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Retour rue de la Cloche.

3 Mai 2017, 10:42am

Publié par barreteau

 

 Retour rue de la Cloche.
La rue de la Cloche en cours de démolition_ Paris 20ème _Photo © Aviv Itzhaky

 

Face à la place Martin Nadaud, entre la rue de la Bidassoa et la rue Sorbier, sur un petit promontoire, se dressait-là un quartier singulier. Dans les années 80, le secteur était plutôt glauque... mais sa situation sur cette petite éminence, le faisait apparaître comme un ilot émergeant de l'océan parisien. Le coin avait un charme indéfinissable ... du moins pour le promeneur, mais certainement pas pour y vivre!

Pourtant dans ce petit périmètre, la vie s'organisait autour de trois rues pavées: il y avait-là des maisons, des habitants, des artisans .... La rue de la Cloche était la rue principale, mais l'on trouvait aussi deux autres rues: la rue de la Voulzie, et la rue Westermann. Aujourd'hui ces trois rues ont disparu et toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square.

Car "La Ville" a jugé que cet îlot urbain était devenu inhabitable, au vu de la vétusté du bâti et du fait de l'instabilité du sous-sol. Il est vrai que cet emplacement se trouve juste à la verticale du tunnel de Charonne du chemin de fer de la ligne de Petite Ceinture. Alors une fois les trois rues condamnées, l'ensemble a finalement été démoli, et le terrain libéré a été laissé en friche pendant des années.

Bien sûr ce n'était pas l'âge d'or, ici, rue de la Cloche. Les habitations étaient plus que modestes, mais en ces temps de crise du logement, elles auraient pu être réhabilitées et le sous-sol aurait facilement pu être stabilisé par des injections de béton. Mais on a préféré tout raser et créer ce square, le Square du Docteur Grancher.
Est-ce le bon choix ? Pas certain, car si je ne suis pas contre un nouvel espace vert ... on doit convenir qu'ici on n'en manquait pas, à deux pas du Père-Lachaise: le plus grand espace vert de la Capitale ...


>> La rue de la Cloche sur parisperdu.

>> Le Square du Docteur Grancher

 

 

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Rue Westermann.

15 Avril 2016, 18:35pm

Publié par barreteau

 

 Rue Westermann.

Dans la rue Westermann Paris 20ème (juillet 1997)

 

Ne cherchez pas la rue Westermann sur un plan ou dans votre GPS … elle n'existe plus.
Et pourtant, à Paris, il est très rare que le nom d'une rue disparaisse. La voie peut être raccourcie (rue Vilin, par exemple), déplacée, réduite en passage piétonnier … mais une voie rayée de la carte parisienne, c'est exceptionnel!

C'est pourtant ce qui est arrivé dans le 20ème arrondissement et, non seulement pour la rue Westermann, mais aussi pour ses deux voisines: la rue de la Cloche et la rue de la Voulzie.

Dans l'Ouest de la France, on se réjouira peut-être de cette disparition car la rue Westermann devait son nom au général français, surnommé "le boucher de la Vendée", lors de cette guerre civile qui opposa les Républicains aux Royalistes, entre 1793 et 1796.

Bref, désormais plus personne ne pourra - en cet endroit - regretter le général Westermann, mort sur l’échafaud en 1794.

D'ailleurs n'aurait-on pas pu garder le nom originel de la rue, un nom qu'elle conserva jusqu'en 1895: elle s’appelait alors la rue des Osiaux (osiers).
Une appellation nettement plus pacifique … Non … ?


>> Je reviens d'un lieu qui n'existe plus ...

>> L'autre bout du monde

>> Mourir une dernière fois ...

 

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Ou comment le saccage a été subventionné.

30 Mars 2016, 10:41am

Publié par barreteau

Ou comment le saccage a été subventionné.

L'assassinat de Baltard (1971) © Jean-Claude Gautrand

 

Sous les pioches d'Haussmann c'est tout un pan de Paris, celui de Balzac et d'Eugène Sue, qui va disparaître. Est-ce regrettable ? Peut-être moins que le saccage des dernières décades qui a défiguré Paris et qui sévit encore...

Car après Haussmann, le massacre reprend dans les années 50-60. Et Georges Pillement dans son ouvrage "Paris poubelle" nous le décrit en détail, montrant comment le saccage a été subventionné… Ecoutons-le : "Il ne se passe pas de mois sans qu'on démolisse dans Paris plusieurs maisons anciennes qui donnent à la capitale son charme et son pittoresque. Car les spéculateurs ne voient qu'un terrain bien situé et qui sera d'un bon rapport lorsque la demeure ancienne sera démolie et qu'on aura élevé sur son emplacement un immeuble d'habitation qu'on vendra par appartement. Ces promoteurs ont d'excellents amis dans les administrations, qui leur facilitent les autorisations et leur versent les subventions qui leur permettront de mener à bien leur saccage."

On n'a que trop démoli dans Paris, il faudrait désormais que toutes les constructions anciennes qui ont jusqu'ici échappé au massacre soient enfin préservées si l'on veut garder quelque chose de l'atmosphère qu'on y respirait il n'y a pas encore si longtemps. Mais bien des rues l'ont déjà totalement perdue.


>> Paris Poubelle.

>> A lire: "Paris poubelle", de Georges Pillement, chez Jean-Jacques Pauvert. Ou comment le saccage a été subventionné.

>> Marville et son Paris perdu.

 

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Le grand bouleversement du quartier des Amandiers.

9 Février 2016, 09:47am

Publié par barreteau

Le grand bouleversement du quartier des Amandiers.
Rue des Amandiers et rue de Tlemcen_ Paris 20ème

 

J'ai souvent parlé, ici, du grand bouleversement qu'a connu le quartier des Amandiers au cours des 40 ou 50 dernières années.

Depuis les années 60, cette partie de Ménilmontant a en effet été presque entièrement détruite puis rebâtie. Théâtre de toutes les politiques urbaines, sa démolition a parfois été facilitée par des opérations quelque peu "border-line", car murages illégaux, détériorations volontaires du bâti et incendies criminels furent des faits courants aux Amandiers.

Pourtant aujourd'hui, une promenade dans le quartier, permet de constater que tout n'a pas été rasé. Les associations de riverains qui ont beaucoup lutté - "La Bellevilleuse" en tête - pour conserver l'âme du secteur, ont réussi à sauver, ça et là, quelques rares constructions.

Ainsi, toute la rive paire de la rue Robineau n'a pas été touchée alors qu'ailleurs ce n'est plus que ponctuellement que l'on retrouve les bâtiments d'avant le grand chambardement.

Rue Désirée, seuls les numéros 6 à 10 et aussi le 13 ont été conservés en raison de leur bon état.

Mais, rue des Mûriers, le mitage est patent car seuls restent aujourd'hui: les 6 et 8 (sur rue); le 12 (sur rue et cour); le 18 (sur rue); le 26 (sur rue et cour); le 28 (sur rue et cour).

Rue des Partants, on n'a pas finassé avec le bulldozer aussi retrouve-t-on seulement le numéro 30 dans sont état d'origine.

Les habitants de Ménilmontant qui ont connu le quartier avant ces multiples et récentes transformations font des récits bien nostalgiques de la démolition, des expulsions et de la reconstruction qu'ils ont vécues ici. Tous témoignent de l'esprit chaleureux et populaire de l'ancien "Ménilmuche", d'un esprit de village et d'un mode de vie aujourd'hui presque oublié. Et tout cela contraste tristement avec les images actuelles d'un quartier aseptisé et sans âme.

Aussi c'est bien un constat à la fois révolté et désabusé d'un immense gâchis urbanistique et humain, qu'il faut désormais dresser.


>> "Les Amandiers", déjà sur Parisperdu

>> "Les Amandiers". Projet de l'architecte Antoine Grumbach: "Quartiers anciens, approches nouvelles" 1998

 

 

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Belleville entend défendre son territoire.​

22 Janvier 2016, 20:51pm

Publié par barreteau

 Belleville entend défendre son territoire.​
Au
48 rue Ramponeau_Paris 20ème: le fond de la cour et la porte de la métallerie Grésillon

 

Comme chaque décennie depuis les années 70, Belleville doit faire face à une nouvelle vague de rénovation urbaine qui, ici comme dans d’autres quartiers du Nord-Est de Paris, conduit à repousser toujours davantage aux marges de la ville ceux qui, hier encore, parvenaient tant bien que mal à s’y loger et aussi à y mener leurs activités.

Toutefois, aujourd'hui enfin, Paris entend lutter contre la désindustrialisation en constatant qu'elle ne peut pas tout sacrifier sur l’autel du tourisme. 

Nous avons déjà parlé ici du cas de la cour du 48-50 rue Ramponeau où l'atelier de métallerie Grésillon et d'autres ateliers mitoyens sont menacés par la spéculation immobilière. Face à cette tendance lourde, observable à Paris comme dans toutes les capitales où les scintillements de la ville touristique et de la rentabilité à court terme aiguisent les appétits, il conviendra de suivre avec attention les conclusions que la mission "Fabriquer à Paris" a récemment rendues.

Il faut rester confiant car Belleville a déjà su, dans le passé, faire entendre la voix de ses habitants et faire revenir à la raison ceux qui envisageaient de construire le quartier sans sa population.


>> Conclusions et préconisations du rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation "Fabriquer à Paris" 

>> Le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir …


>> Cour de la métallerie Grésillon.

 

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Une association, empêcheuse de bétonner en rond !

18 Janvier 2016, 09:42am

Publié par barreteau

 Une association, empêcheuse de bétonner en rond !
3 villa de l'Ermitage_Paris 20ème (juin 1997)

 

Dans les années 90, la Villa de l’Ermitage n'était encore qu'une suite de bicoques branlantes et d'ateliers d’artisans où régnait une atmosphère de quiétude heureuse. Puis le progrès en marche passa au bulldozer la plupart des villages du 20ème arrondissement, bétonnant allègrement le secteur. Village champêtre au cœur du tissu urbain, la survivance de la Villa de l’Ermitage n’a pourtant pas été évidente face à l'avidité des promoteurs.

Mais l’association de préservation "Viva Villa" de la Villa de l’Ermitage veillait au grain et fut ici l'empêcheur de bétonner en rond.

Alors, aujourd'hui, les petites maisons de ville, les pavillons, les ateliers d’artistes bordés de jardinets et de courettes, et d'autres constructions hétéroclites pleines de charme sont encore là … et c'est un petit miracle.

La Villa de l’Ermitage reste donc un confetti verdoyant, mémoire d’un quartier disparu célébré depuis longtemps par les photographes amoureux de Paris.


>> La villa de l'Ermitage déjà sur Parisperdu

>> L’association "Viva Villa"(statut)

 

 

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Rue des Partants.

12 Janvier 2016, 12:36pm

Publié par barreteau

 Rue des Partants. 

Angle de la rue des Partants et de la rue des Muriers_Paris 20ème  (mars 2012)

 

Rue des Partants, ce nom un peu étrange lui vient de l'époque où des habitants du village de Belleville partaient pour Paris.
Ici, nous sommes dans le quartier des Amandiers, un quartier qui s'est complètement transformé en l'espace d'une cinquantaine d'années.
Dès 1953 c'est d'abord l'Etat puis une société d'économie mixte qui vont successivement modeler la ZAC des Amandiers, située entre le métro Père Lachaise, Gambetta, la rue de Ménilmontant et la rue Sorbier.

 

Cette très grande opération de rénovation a conduit à la destruction de la plupart des anciens immeubles, remplacés par près de 2000 logements neufs.
 

D'après le projet initial, ces nouveaux logements sociaux étaient censés reloger les anciens habitants. Mais l'opération traîne en longueur car à maintes reprises, des manifestations ont abouti à retarder la destruction contestée de certains immeubles. Et, en 1994, le tribunal d'instance ordonne même le relogement de 35 familles considérées à tort comme des locataires sans titre et expulsées de la rue des Partants.

Pour sensibiliser les habitants aux problèmes d'urbanisme, une association se créée alors : "Archi XXème", au 49 de la rue des Partants. Elle lutte pour que l’esprit chaleureux et populaire de l’ancien "Ménilmuche" perdure dans un quartier oscillant entre démolition, expulsion et reconstruction. "Archi XXème" fait le constat à la fois révolté et désabusé d’un immense gâchis urbanistique et humain.

 

Car il y avait là une architecture en espalier, notamment rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Une architecture remarquable à plus d’un titre avec ces collines surplombant la ville et qui rappellent un peu celles de San Francisco. Beaucoup de photographes et de cinéastes ont pris ces rues comme décor ou s’en sont inspirés car c’était alors un endroit extrêmement attirant.
 

Aujourd'hui, le quartier est essentiellement composé d'immeubles neufs, assez hétéroclites car datant de plusieurs époques et diversement réussis.
Et, encore une fois, la population d'origine a dû partir, … la rue porte donc définitivement bien son nom.



>> Mehdi et Henri, rue des Partants.

>> Une rage de destruction ...

>> Vers l'infini et même au-delà ...


>> La vaine lutte du luthier.

>> La rue des Partants vue par Willy Ronis(1948). © Willy Ronis/Rapho

 

 

 

 

 

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Retour rue Gasnier-Guy.

23 Septembre 2015, 09:31am

Publié par barreteau

 

 Retour rue Gasnier-Guy.

Le 20, rue Gasnier-Guy_ Paris 20ème (1997)

 

A l'époque du grand bouleversement du quartier des Amandiers, pendant des années et des années, j'ai parcouru cette rue pentue et son prolongement, plus plat: la rue des Partants.

Etait-ce ce vaste champ de ruines, ces immeubles murés, ce secteur à l'abandon ou cette atmosphère de ville sinistrée qui invariablement m'attiraient ici comme un aimant … ?
Je ne saurais le dire mais la rue Gasnier-Guy est vite devenue la rue symbole de "Parisperdu". Car là, les démolitions étaient autrement plus expéditives que la reconstruction qui, d'année en année, trainait en longueur. Cela créait une ambiance de fin du monde ou d'après guerre dans une ville dont on avait du mal à se persuader qu'elle était bien Paris …

Quand l'heure de la reconstruction, de la résurrection du quartier sonna enfin, les architectes durent se rendre à l'évidence : ces fortes pentes et ces immeubles anciens créent ici un paysage de faubourg particulièrement pittoresque, et définissent d'étonnantes perspectives ascendantes ou descendantes, en particulier rue Robineau, rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Pensez-donc, la dénivelée, le long de cette dernière, dépasse seize mètres sur une distance de cent cinquante !

Pour préserver cette ambiance, il était nécessaire de revoir le PAZ (le Plan d'Aménagement de Zone) qui prévoyait la démolition de la quasi-totalité des bâtiments des îlots délimités par les rues des Partants, Gasnier-Guy, Robineau, Désirée et des Mûriers. Il fallait d'autant plus revoir la copie d'origine que les démolitions et l'architecture des projets de reconstruction étaient vivement contestées par les riverains et les associations.

L'objectif fixé serait donc de maintenir l'identité du quartier, ce que ne permet pas la politique de la table rase. Alors il fallut bien se décider à conserver et à réhabiliter une douzaine de bâtiments dont le maintien paraissait important pour le paysage urbain. Des locaux d'activités et des commerces, en rez-de-chaussée de ces immeubles, seraient également maintenus.

Mais le 20, rue Gasnier-Guy; situé au point haut du relief et dont la silhouette formait un élément d'intérêt majeur dans le paysage, n'a pas pu, pour des raisons économiques (la fameuse rentabilité du bâti !), être conservé.

Si bien qu'aujourd'hui lorsque je retourne rue Gasnier-Guy, le charme, le magnétisme n'opère plus, … La rue n'est plus qu'une enfilade de blocs identiques et les commerces en rez-de-chaussée qui devaient être conservés se sont peu à peu transformés en locaux d'habitation, même s'ils ne sont pas vraiment faciles d'accès … sur ce relief particulièrement accentué.

Maintenant, c'est sûr, je le sais, on a assassiné la rue Gasnier-Guy …


>> La rue Gasnier-Guy sur Parisperdu.

>> La rue Gasnier-Guy aujourd'hui.

>> Les lieux retrouvés de Parisperdu.

 

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Visa pour l'image 2015

9 Septembre 2015, 11:19am

Publié par barreteau

Visa pour l'image 2015

27 février 2015. Cette opération de démolition à Madrid a entraîné l'arrestation de 11 militants pour le droit au logement qui avaient aspergé d'essence les forces de police. (Photo© ANDRES KUDACKI/AP/SIPA)

Depuis 1989, "Visa pour l'Image" réunit à Perpignan le meilleur du photojournalisme mondial. Chaque année j'y fais une visite pour découvrir ce que les photoreporters les plus talentueux ont dernièrement ramené de leurs périples, parfois hélas au péril de leur vie. Bien souvent il s'agit surtout d'images des guerres qui continuellement ensanglantent la planète. On en ressort invariablement secoué, bouleversé, révolté …

Mais cette année, j'ai fait la découverte d'un thème différent … mais tout aussi poignant.
Il s'agit d'un sujet souvent abordé dans ce blog, celui des expulsions et des démolitions urbaines. Et les recoupements entre les images exposées dans l'église des Dominicains et certains billets de Parisperdu sont manifestes.

C'est le photographe argentin Andres Kudacki qui présente ce reportage, réalisé au cours des trois dernières années, en Espagne.

Durant cette période, l'Espagne est sans doute le pays où la crise immobilière a été la plus rude: avec la précarité - un taux de chômage à 26 % et des baisses de salaires généralisées - des milliers de personnes n’arrivent plus à payer leur loyer ou leur crédit immobilier et sont menacées d’expulsion. D’autres sont victimes d’expropriation à la suite de spéculations immobilières entre les pouvoirs publics et des sociétés privées qui, une fois l'immeuble vidé, vont souvent procéder à sa démolition pour faire "du neuf" plus rentable.

"Je souhaitais parler de l’intimité de ces familles pour montrer leur attachement à leur maison et la gravité de la perte de leur logement" nous dit Kudacki qui a travaillé sur la détresse de nombreuses familles madrilènes et nous en délivre des images bouleversantes.

A voir absolument, jusqu'au 13 septembre 2015 à Visa pour l'Image à Perpignan.


>> Le photographe Andres Kudacki - site officiel

>> L'une des images les plus poignantes: Carmen Martinez Ayudo, expulsée à 85 ans !

>> Démolitions des murs, démolitions des vies.

 

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Le plan Voisin: une catastrophe à laquelle on a échappé.

7 Juillet 2015, 10:17am

Publié par barreteau

 

Le plan Voisin: une catastrophe à laquelle on a échappé …

L'impact du Plan voisin, vu du pont du Carrousel

 

Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, est à l’honneur au Centre Pompidou, dans le cadre de l’exposition "Mesures de l’homme". Mais, cinquante ans après sa mort, l'architecte de la modernité, rassemble autant qu'il divise.

A l'occasion du débat d'actualité sur les tours à Paris, il me semble opportun de revenir sur l'un de ses plus célèbres projets architecturaux (ou plutôt urbanistique) non réalisés: "le Plan Voisin".

Ce projet, qui peut paraître dément aujourd'hui, proposé par Le Corbusier en 1925, mais auquel il travailla jusque dans les années 40, a eu une considérable influence sur l'urbanisation parisienne des années 50-60. Reprenant un de ses projets théoriques pour une sorte de ville clé en main "de trois millions d'habitants", concept issu de sa vision totalement industrialisée de la construction, Le Corbusier y prévoyait, en gros, la destruction d'un petit quart de Paris, pour y faire un maxi-Front de Seine, en plus grand et en plus radical, un genre de Hong Kong sur-densifié à la soviétique. Mais la seconde guerre mondiale va opportunément en repousser la réalisation sine die.

Nous, qui voyons dans l'affreuse Défense un abcès de fixation indispensable, un moindre mal, qui permet de cantonner les horreurs dans une zone dédiée, ne voulons pas cependant, ne voir dans le plan Voisin qu'une catastrophe à laquelle on a échappé, un simple document anachronique, un dessin d'urbanisme-fiction de plus dont les étudiants en architecture raffolent. On est en effet au contraire étonné, de voir à quel point les arguments des promoteurs actuels des tours sont proches de ces idées d'il y a presque un siècle: jouer avec la densité pour épargner l'espace au sol, séparation des voies de circulation et des habitations, urbanisme concerté, mégalomanie du "silhouettage", ingénierie sociale, et j'en passe ....

L'image ci-dessus montre l'impact du Plan voisin, vu du pont du Carrousel. On voit se dresser, derrière le Louvre que le célèbre architecte consentait à épargner, quelques unes des 18 tours cruciformes de 200 m de haut (hauteur de la Tour Montparnasse). Inutile d'insister sur l'aspect général, particulièrement hideux, qu'aurait eu cette ville. Il en aurait été fini de Paris, connue dans le monde entier pour sa beauté et son romantisme.


>> L'expo au Centre Beaubourg.

>> Le plan Voisin de Le Corbusier.

 

 

 

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Feue "La Miroiterie".

2 Juillet 2015, 08:52am

Publié par barreteau

 

 Feue "La Miroiterie".

 La Miroiterie, 88 rue de Ménilmontant _Paris 20ème.

A Paris, "La Miroiterie" a longtemps été un lieu atypique, un lieu éclectique, dérangeant, …

Un endroit qui brassait toutes les cultures rock, punk, hard-core, métal, ska, psychobilly, afro… mais qui permettait aussi d'autres styles d'expression comme la peinture,  la sculpture ou encore la danse.

La Miroiterie était donc devenue "le lieu incontournable" des rendez-vous de la scène alternative parisienne avec ses ateliers d’artistes, sa salle de concert et aussi … ses logements, car longtemps "La Miroiterie" est resté le plus vieux des squats en activité à Paris, exactement de 1999 à 2014. Et il faut dire qu'au cours de cette période on y a croisé de drôles d’oiseaux …

Mais depuis ses débuts, le sort de l’établissement a toujours été en suspens et, chaque année, on annonçait l’expulsion des squatteurs.

Finalement, après une dizaine de procès et 14 ans de combat contre les autorités, le "squart" comme il se dénommait lui-même, a fini par disparaître.
C'était l'année dernière ....



>> L'histoire singulière du 88 rue de Ménilmontant.

>> Avis à la population …

>> La Miroiterie c'est fini … sur Facebook.

 

 

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Le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir.

12 Juin 2015, 09:31am

Publié par barreteau

 

C'est la litanie des "derniers" qui continue à s'égrener. Après le dernier bottier, le dernier atelier de serrurerie, le dernier étameur, le dernier décolleteur … mais aussi le dernier fabricant de jambon à Paris, c'est aujourd'hui le dernier ferronnier qui est menacé de fermer ses portes et donc de rejoindre la longue liste des métiers disparus dans Paris intra-muros, et de rejoindre aussi notre "Paris perdu"

La partie se joue au 48, rue Ramponeau, dans le vingtième arrondissement, un arrondissement qui a longtemps été celui des ateliers, des petites usines manufacturières, et qui, depuis déjà plusieurs décennies, est livré à l'appétit des promoteurs.

Au 48 donc, l’artisan ferronnier Grésillon a son atelier, son voisin dans la même cour, l'entreprise de verrerie/miroiterie Maestrini a fermé il y a deux ans, mais dès 2005, la Mairie de Paris avait préempté ces locaux, expressément pour protéger l’activité de l’artisanat. Or récemment, la Semaest, partenaire de la ville de Paris, a dévoilé son souhait de vendre ces bâtiments et, l’acheteur est un promoteur qui n’aurait pas caché son intention de tout démolir.

Est-il acceptable que disparaisse la dernière ferronnerie de Paris, employant 8 personnes, ainsi que les ateliers d'artistes situés dans les mêmes bâtiments ? Est-il acceptable que cette cour, lieu historique de … la création des Ateliers d'Artistes de Belleville (AAB), perde la diversité de cet ensemble d'artisans, d'artistes, d'habitants, d'associations et d'activités pour enfants ? Est-il enfin acceptable de détruire l'âme de ce site, patrimoine de Belleville, au charme et la renommée unanimement reconnus ?

Si vous pensez que non, alors vous pouvez vous manifester auprès de la Mairie de Paris, en signant la pétition pour préserver les emplois, les mètres carrés "artisanaux et artistiques", et afin de soutenir le dynamisme culturel et économique de ce lieu. Car non, le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir …



>> L'atelier Grésillon, présentation de l'Atelier.

>> L'atelier de verrerie/miroiterie Maestrini.

>> La page facebook du 48, rue Ramponeau.

>> Le précédent de La Forge de Belleville.

>> En visite chez les artistes et les militants de Belleville.

 

 

 

 

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