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PARISPERDU

artisans

La vaine lutte du luthier.

1 Février 2010, 09:56am

Publié par barreteau

Photos:

1. Bernard quitte définitivement son atelier.
2.
Rue des Partants, béance des terrains vagues et commerces fermés.
3.
L'Atelier de Bernard, luthier, 26 rue des Partants Paris 20ème(1996).

 

Aujourd'hui, Bernard quitte son atelier, le cœur lourd.

Ce soir est le dernier soir … c'est le "clap" de fin.

Demain il reviendra, mais ce sera uniquement pour terminer le déménagement de son atelier. Et il n'y aura plus de luthier, rue des Partants.

 

Bernard était "théoriquement" expulsé depuis déjà deux ans. Il savait bien que ce jour finirait par arriver … Il savait bien que le quartier était condamné, que son atelier allait être rasé, comme tout le côté pair de la rue Gasnier-Guy et de la rue des Partants.
Aujourd'hui, ce jour est arrivé, et cela fait encore plus mal qu'il aurait pu le croire.

 

Pourtant longtemps, avec ses voisins, il a lutté pour repousser l'échéance. Il a adhéré à plusieurs associations de défense : celle du quartier des Amandiers dans les années 70, celle de la rue des Mûriers dans les années 80, puis enfin celle de la rue des Partants dans les années 90 … Mais, au bout du compte tout cela a été vain, le résultat a toujours été le même : inéluctablement les bulldozers ont toujours eu raison des immeubles et … des associations de défense du quartier.

 

Alors aujourd'hui, Bernard quitte sa rue des Partants, une rue au nom prédestiné …

Et, il n'est  pas étonnant qu'il parte ainsi, le dos voûté, l'esprit songeur, morose, désabusé…
 

Demain ou après-demain, tout sera détruit … son atelier, son travail, ses souvenirs, une grande partie de sa vie, … tout va disparaître en un instant.

 

 

 

>> Autre lieu, autre luthier …

 

 

 

 

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"Le travail révélé" : regards de photographes, paroles d'experts.

2 Mars 2009, 10:17am

Publié par barreteau

Alain, restaurateur de meubles anciens.
 
Du 6 au 20 mars 2009, la mairie du 13ème arrondissement de Paris ouvrira ses portes à une exposition photographique intitulée "Le travail révélé".

Trente photographes, mondialement connus comme Raymond Depardon, Lucien Clergue, Martin Parr ou Jean Gaumy ... exposeront près de 80 clichés reflétant les réalités du travail d'aujourd'hui.
En complément, le 17 mars, 20 experts des sciences et du monde du travail s'exprimeront lors de Conférences-Débats.

"Le travail révélé" est un évènement faisant converger des points de vue esthétiques et scientifiques et reposant sur des valeurs fondatrices : le travail, l'art et l'engagement citoyen.
Et si le travail ne pouvait être révélé que par un croisement des regards ?


>> En savoir plus ... 


 

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Raymond, batelier indépendant.

19 Février 2009, 09:42am

Publié par barreteau

Ecluse du Square Eugène Varlin - Canal St Martin Paris 10ème
 

Raymond aime son métier de batelier indépendant, parcourant les canaux de l'Est et du Nord de la France. Contrairement au marinier-salarié d'une grande entreprise dont les tâches et les horaires sont bien définis, Raymond est un homme libre.
Il est le propriétaire de l'Aster, un bateau transmis par son père qui était lui aussi batelier ... On n'arrive pas dans ce métier par hasard. C'est souvent une affaire de famille.
Et cela continue car Raymond travaille en couple avec Ginette, sa femme, qui l'assiste dans les manœuvres délicates et le remplace à la barre quand il s'occupe de l'entretien. Car à bord des petites péniches, comme sur l'Aster, il n'y a pas de mécanicien. C'est au patron d'assurer les petites réparations sur le moteur, de surveiller les niveaux d'huile, de prendre soin de l'installation électrique, de la robinetterie ... Il faut savoir se débrouiller seul, mais cela ne dérange aucunement Raymond, au contraire, il adore cette liberté d'action.

Raymond et Ginette sont parfois aidés d'un matelot, pour les longues périodes de navigation, lorsqu'ils vont à Rotterdam ou en Allemagne ... Raymond préfère toutefois éviter cet équipage car "un matelot à bord, ça vous bouffe le bénéfice" dit-il.

Aujourd'hui, dans le transport de marchandises, les artisans, comme Raymond, ont du mal à survivre face à la flotte industrielle. Pour s'en sortir, certains de ses collègues ont été amenés à s'orienter vers le tourisme fluvial. Une perspective que Raymond se refuse à envisager, il préfère sa vie de bohème, entre tâches polyvalentes ... et revenus aléatoires.


>> Voir aussi sur Parisperdu : la traversée du 10ème via le canal St Martin.

 

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" Oui Willy, elle est encore là ... "

6 Décembre 2008, 10:13am

Publié par barreteau


Lorsque j'ai montré à Willy Ronis une photo du 32 rue de la Mare, dans le 20ème arrondissement, il me fit la réponse suivante :
"J'ai bien reconnu l'escalier du 32 rue de la Mare. Peut-être s'y trouve-t-il encore (au 2ème palier) une mini-usine de chaussures ..."

Une recherche dans mes photos me fait trouver la mini-usine en question. On peut en effet lire sur la droite de l'image : "Chaussures JL".


Et bien, oui Willy, la mini-usine est encore là ! ... Et en 2008, les "Chaussures JL" ont toujours leur siège social au 32 rue de la Mare. Mais la "mini-usine" a diablement fondu ... Car si, dans les années où Willy Ronis parcourait Belleville et Ménilmontant, les "Chaussures JL" ont employé jusqu'à une quinzaine de personnes, aujourd'hui l'effectif n'est plus que de trois personnes ... la mondialisation et l'invasion du marché par les productions "Made in China" sont passés par là ...

Lorsque je communique la nouvelle à Willy Ronis, sa réponse sera sans détour: "c'est un petit miracle que tout cela n'ait pas disparu ... mais comment font-ils pour en vivre encore ?"

Il faut dire que tout ce qui gravite autour de Willy, y compris lui-même ..., a une bien belle longévité ! ...



>> L'escalier du 32 de la rue de la Mare, dans Parisperdu.

>> L'escalier du 32 rue de la Mare, vu par Willy Ronis - Photo©Willy Ronis

>> La sarl "Chaussures JL"

 
  

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Un bâtiment qui ne paie pas de mine.

12 Novembre 2008, 10:43am

Publié par barreteau


Angle de la rue de Vitruve et de la rue Florian

C'est un bâtiment qui ne paie pas de mine. Il est grisâtre et rouge délavé avec des ouvertures encadrées par des pierres de taille d'un autre âge. Il n'a rien d'extraordinaire, mais sa position en angle, bien en vue dans ce carrefour et une touche d'une certaine "classe" sans doute héritée de son passé, de son histoire, font qu'invariablement il attire l'œil du passant.

Il donne sur une petite rue en pente, une rue comme beaucoup d'autres dans ce quartier du 20ème. On dirait une MJC des années 1980, en moins propre...
D'ailleurs, l'acronyme de l'endroit porté sur la façade prête à confusion ... Il est inscrit en lettres blanches : "MCJ, entrée visiteurs".
Entendez, "Manufacture de Chaussures Jivry", mais seuls ceux qui ont travaillé dans ce bâtiment le savent !

Car ici, on a, durant plus de 40 ans fabriqué des chaussures pour dames, pour hommes, pour enfants ... Tout cela dans la discrétion de ce petit atelier perdu au cœur du vingtième arrondissement. Mais depuis déjà bien longtemps, la Manufacture de Chaussures s'est retirée d'ici, ... sur la pointe des pieds.


>> Voir aussi : "Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !"

 

 

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Portrait d'un ouvrier d'un autre temps.

18 Octobre 2008, 09:48am

Publié par barreteau


Roger, maroquinier.


Roger est un modèle de politesse et de courtoisie, tel que son patron imagine l'employé idéal. On ne lui  connaît pas d'ennemi. On n'a pas davantage le souvenir d'une parole désobligeante, d'un geste déplacé ou encore moins d'une folie à l'égard de l'un de ses collègues de la "Manufacture de maroquinerie" du 20ème arrondissement, là où il a toujours travaillé.

"Je ne m'en lasse pas, et pourtant cela fait des années que je fais ça ..." affirme Roger, à son établi depuis bientôt un quart de siècle !

Longtemps il aura été un repère contre le temps qui défile trop vite. Un antonyme dans ce grand zapping permanent où il est de bon ton de s'adonner aux dernières modes, aux futilités de la grande consommation mondialisée ... Roger, est tout bonnement un ouvrier d'un autre temps ...


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Denise, ouvrière en voie de disparition"



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" On dirait le Sud "

1 Octobre 2008, 09:06am

Publié par barreteau


Laverie Teinturerie Pujol - octobre 1995

Nous sommes rue Villiers de l'Isle Adam, dans un environnement urbain sans grand charme, cernés de toute part par des immeubles de standing moyen. Mais lorsque l'on arrive devant le numéro 38, instantanément on se sent plus léger, car là, on peut se croire face à un petit commerce de province. Les jours d'été, avec le soleil dans la vitrine, on se croirait ... dans le Sud. Et cette impression se trouve confortée lorsque l'on découvre le nom du propriétaire sur le fronton de la boutique: PUJOL !

La "Laverie Teinturerie" Pujol travaillait à l'ancienne, avec des techniques aujourd'hui définitivement perdues : marquage des pièces à l'encre de chine, détachage personnalisé, repassage au fer plat, empesage des cols et application d'une touche d'eau de lavande sur "le blanc" ... Ici, on était à mille lieues des pressings automatisés.

Il y a encore peu, dans ce coin du 20ème arrondissement, la maison Pujol  faisait de la résistance face aux nouveaux pressings : les "5 à Sec", les "Clean City" ou les "Euro Pressing". Mais chez ceux-là, aucun conseil de nettoyage, aucune convivialité : vous dialoguez uniquement avec l'automate de manutention de vos vêtements ... sans parler des résultats qui sont bien en deçà de ceux que vous fournissait Madame Pujol.

Pourtant, face au raz de marée des pressings franchisés, les Pujol ont dû fermer boutique, ... on appelle cela la nouvelle économie ou encore ... le nivellement par le bas.


>> Pressing: les réseaux franchisés étendent leur implantation.  

 

 

 

 

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L'Epicerie du coin.

5 Juillet 2008, 10:27am

Publié par barreteau


Dans tous les sens du terme, elle portait bien son nom ...
Bien calé dans son coin, à l'angle de la rue Henri Chevreau et de la rue de la Mare; c'était aussi l'épicerie "du coin", celle que l'on fréquentait naturellement, dans ce quartier du 20ème, entre Belleville et Ménilmontant.

D'aussi loin que l'on se souvienne, elle a toujours été là, ... Même Willy Ronis, dans les années 50, a dû la connaître, lorsque, toujours à l'affût, il arpentait le secteur, son Rolleiflex à la main ...

Longtemps elle a été la seule à approvisionner en produits de base, les résidents du quartier, surtout ceux - et ils étaient nombreux - de condition modeste. C'était bien avant l'arrivée des Franprix et autres Proxi du boulevard de Ménilmontant.

Dès que l'on pénétrait à l'intérieur de l'Epicerie du coin, l'on était surpris qu'une aussi petite surface puisse contenir autant de produits, entassés jusqu'au plafond, couvrant même les fenêtres ... jusqu'à les rendre aveugles. Les produis encombrants, comme les bouteilles de gaz, étaient exposés sur le trottoir, tout comme les chaises pliantes ... c'est dire si l'offre était diverse !

Comme partout, les grandes surfaces ont changé la donne. Les habitants du quartier, attirés par la publicité de la grande distribution et dans l'espoir d'y trouver des prix plus bas, n'ont pas hésité à aller fréquenter les hypermarchés de la Porte de Bagnolet.

Alors, pour survivre, Momo, qui tient désormais l'Epicerie du coin, a dû se diversifier dans le dépôt de pain, les sandwichs et les paninis ... mais ce n'est pas vraiment son métier et il là aussi, il a du mal à lutter contre les Mac Do et les fast-foods chinois de la rue de Belleville.
Pas surprenant, dans ces conditions, si le restaurant voisin de la rue Henri Chevreau garde un œil sur le pas de porte de l'Epicerie du coin, ...

Inéluctablement, une page du vieux Paris va bientôt se tourner, dans ce petit coin du 20ème ....



>> "L'Epicerie du coin", devenue "Chez Momo".

>> Voir aussi "Lieux retrouvés_09: Rue de la Mare".

 

 

 

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Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

22 Juin 2008, 17:09pm

Publié par barreteau


Photo ©Gianni Giuliani

Installé depuis 1937 dans son atelier du 83 de la rue de Belleville, Maurice Arnoult, est maintenant centenaire ! Malgré son grand âge, il continue à transmettre son savoir-faire d'artisan-bottier et des élèves viennent, encore aujourd'hui, d'horizons divers, à la rencontre de cet homme, oh combien attachant ...! Passionné par son métier et doué pour la transmission, Maurice est- en effet- un professeur hors du commun. Celles et ceux qui ont eu le plaisir d'avoir suivi son enseignement ne sont pas près de l'oublier.

Aujourd'hui encore, il répond avec beaucoup de gentillesse à toutes les sollicitations de témoignages sur une époque révolue où son quartier était le centre parisien de la fabrication de la chaussure et du soulier.

Mémoire de Belleville, un quartier en mutation constante, il se souvient des vagues successives d'immigration qui ont chacune apportée leur touche à ce quartier : les grecs et les arméniens, les juifs d'Europe de l'Est, les pieds noirs, les maghrébins, les asiatiques et récemment, les ex-Yougoslaves. Il se rappelle d'un immigré grec qui, un jour, lui a dit :"on n'est plus chez nous, je n'ai pas entendu parler le français depuis le début de la rue de Belleville". Et Maurice d'ajouter: "ça, c'est de l'intégration"!
Dans l'immeuble où est situé son atelier, il est - comme il le dit lui-même - le seul "français de vielle souche"... et toujours prêt à rendre service à tous, quelques soient leurs origines géographiques, sociales, ou religieuses.
Je peux en témoigner, car lorsque j'avais rencontré Maurice dans son atelier, dans les années 90, notre conversation était sans cesse interrompue par des voisins, des relations, des gamins qui venaient le voir pour lui demander un service, un conseil ... voire ... un peu de monnaie "juste pour se dépanner".

En 1994, Maurice Arnoult a reçu le diplôme et la médaille de "Justes parmi les nations". Cet hommage est rendu aux personnes qui ont sauvé des juifs persécutés pendant la période de la shoah.

Bon anniversaire Maurice, on vous souhaite encore une longue vie, ... vous en faites un si bel usage.


>> A lire : "Moi, Maurice, bottier à Belleville" de Michel Bloit aux Editions L'Harmattan.

>> Dans l'atelier de Maurice Arnoult.

 

 

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Mehdi et Henri, rue des Partants.

29 Février 2008, 09:46am

Publié par barreteau


De sa fenêtre, Mehdi porte un regard pensif sur sa rue. Et comme il peut le constater, elle vit le martyr.

Depuis plusieurs mois déjà, son ami Henri, le coiffeur qui tenait le salon du rez-de-chaussée, a quitté le quartier. Henri a laissé son 20ème arrondissement, où il est né, pour aller terminer ses vieux jours, à Romainville, près de sa fille.

Et chaque soir, en rentrant du travail, Mehdi est confronté à un spectacle qui le désole. Celui de la porte et de la devanture du salon de coiffure d'Henri, totalement murées.
Alors, invariablement, à cet instant, lui arrive à l'esprit un flot d'images où Henri, emmuré dans son salon, semble l'appeler au secours en poussant des cris que Mehdi ne peut percevoir...


Bientôt, Mehdi devra lui aussi partir. Il voudrait bien ne pas y penser. Mais les bulldozers qui œuvrent plus haut, rue Gasnier Guy, dans un vacarme incessant se chargent bien vite de le lui rappeler.

Mehdi et Henri, habitaient la rue des Partants, une rue au nom sans doute prédestiné...


>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies.

>> Voir aussi dans Parisperdu: Murs abattus et baignoires rémanentes ...  

 

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Denise, ouvrière en voie de disparition

12 Juin 2007, 08:49am

Publié par barreteau


Depuis 15 ans, Denise passe ses journées ici, à l'Atelier de petite maroquinerie Fréjac, dans le 20ème. L'atelier est plein des couleurs et des odeurs des peausseries les plus exotiques : crocodile, lézard, python, autruche, buffle, et même ... éléphant, ou kangourou.

Pour réaliser un portefeuille, Denise va mettre environ une heure. Elle en assurera toutes les étapes : de la coupe au parage des bords, du collage à l'assemblage et la couture finale. A part cette dernière étape pour laquelle elle va s'asseoir devant la robuste PFAFF, Denise est constamment debout devant sa table de travail.
Elle ne se plaint pas, mais elle souhaiterait que ce métier - qu'elle exerce avec tant de talents - ait enfin une place reconnue parmi les métiers d'art, car aujourd'hui son travail est souvent galvaudé et assimilé à l'idée plutôt désuète que l'on se fait de l'artisanat.

Toutefois, pour son patron, Denise est une excellente professionnelle. Dotée d'un fin toucher, elle peut reconnaitre d'un geste rapide les diverses textures et ... sa grande dextérité lui permet d'assembler avec précision les cuirs découpés.

Mais les commandes se raréfient et Denise est inquiète pour son travail et pour son avenir. Elle regrette les nombreuses importations asiatiques bon marché et dont la qualité est à des années-lumière de celle qu'elle réalise.
Et par-dessus tout, elle craint que son patron délocalise l'atelier en Chine, au Vietnam ou ... ailleurs...

L'horizon de la fabrique de petite maroquinerie du 20ème ... est plutôt sombre.



>> L'atelier Fréjac en 1997.

 

 

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Rue Watt : petits ateliers et grands desseins

4 Février 2007, 10:20am

Publié par barreteau


Ces ateliers bordaient le prolongement de la célèbre voie sous terraine. Des imprimeurs, des menuisiers, des serruriers ....  s'activaient ici dans ces locaux, puis des traiteurs asiatiques y ont stocké des produits alimentaires ...

Pour réaliser le grand projet de la zone Paris Rive
Gauche, on a beaucoup détruit ici, notamment tous ces petits bâtiments qui, sans avoir un intérêt architectural de premier plan, avaient une présence, une épaisseur historique qui permettait à la rue Watt - tant célébrée par Henry Miller - de s'ancrer dans une continuité temporelle.

Le quartier est alors devenu une sorte de zone, un désert peu engageant où la Seine, pourtant toute proche, est bizarrement absente et où l'environnement de la Bibliothèque Nationale de France est pour le moins "glacial". De trop rares édifices, préservés à grand-peine -  tels les Grands Moulins de Paris, les Frigos, et la Sudac, cette ancienne usine d'air comprimée -  jouent encore ce rôle de repères, de passeurs de mémoire.

Finalement, l'université de Paris-VII a débarqué en force dans le secteur. Une bonne partie de ses unités de physique et de chimie sont déjà installées ici.

Ce no man's land encore trop informe réussira-t-il à se transformer, en quelques décennies, en un carrefour de tous les savoirs ? Pas sûr car on sait, hélas, qu'une telle mutation relève d'une alchimie largement imprévisible.


>> Le nouvel environnement de la rue Watt :



>> Rue What ? :

 



>> Rue Watt, ailleurs dans Paris perdu (1)

>> Rue Watt, ailleurs dans Paris perdu (2)

 

 

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René, coiffeur rue de Bagnolet.

26 Août 2006, 14:11pm

Publié par barreteau


Nous sommes le 25 juin 1996, et demain l'équipe de France de football joue - à Manchester - les demi-finales du championnat d'Europe contre
la République Tchèque.

René, l'artisan-coiffeur du 108 de la rue de Bagnolet, est plongé dans la lecture de l'Equipe, ... et il est fort perplexe. Il découvre en effet, que le jeune Zidane, qu'on annonce comme un futur grand parmi les maîtres à jouer, s'est blessé hier, à l'entraînement.

Voilà un sujet de discussion que René ne manquera pas d'aborder avec son prochain client. Mais, depuis l'ouverture d'un salon franchisé très tendance - un peu plus haut dans la rue - les clients se font rares. Car il faut bien avouer que, face à ce nouveau concurrent, le salon de René a pris "un sacré coup de vieux".

Demain la France sera battue aux "tirs au but" et René - dépité - risque fort de s'assoir à nouveau dans les fauteuils désertés par ses clients.

Décidemment, on vit une sale époque ...



>> Pour les "footeux" : en savoir plus ...


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Maurice, dernier tapissier de Charonne

24 Février 2006, 10:30am

Publié par barreteau


Maurice Caner se définissait lui-même comme le "dernier tapissier" de Charonne. Il faut dire que sa spécialité : la réfection de matelas et de sommiers n'était plus très en vogue même si son "avantage marketing" - pourtant bien en vue sur sa carte de visite -  était : "PRIS LE MATIN, RENDU LE SOIR".

La donne du marché de la literie ayant changé, Maurice se tourna alors vers la réfection des sièges "de style ou moderne" précisait-il. Dans ce domaine, le savoir-faire rare de cet artisan devint vite très recherché et Maurice travailla pour les plus prestigieuses des adresses : château de Versailles,  palaces-hôtels de luxe des grandes métropoles ... et même les palais des émirs du Moyen-Orient.

Il fallait le voir à l'œuvre, dans le bric-à-brac de son atelier du 19 de la rue des Orteaux, dans le 20ème, pour comprendre que son geste rapide, précis et sûr devait avoir peu d'équivalent de par le monde. Et le tout sans un mot ... évidemment puisque Maurice avait la plus part du temps la bouche pleine de clous ... qu'il distribuait un à un entre ses dents avec la régularité d'un métronome !


>> La carte de visite de Maurice ...

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