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PARISPERDU

artisans

Les couvreurs-zingueurs parisiens au sommet.

9 Février 2026, 09:39am

Publié par pierre barreteau

 

Si les toits de Paris sont uniques et iconiques, c’est grâce aux savoir-faire des artisans couvreurs-zingueurs, un art aujourd’hui internationalement reconnu par son inscription récente à l’UNESCO.

Avec près de 80 % des toits de Paris recouverts de zinc, les couvreurs zingueurs parisiens possèdent toutes les compétences nécessaires à la restauration des toitures des immeubles haussmanniens construits à Paris au cours du XIXème siècle.

Ces toits sont caractérisés par la forme des combles et l’utilisation du zinc, un métal léger qui réduit la taille de la charpente et augmente le volume habitable de la surface.
La restauration d’une toiture consiste à enlever les anciennes pièces de zinc, à mesurer et à découper de nouvelles pièces sur place et sur mesure à l’aide d’un outil spécial : la plieuse parisienne, puis à assembler et à fixer les pièces sur la toiture.

Viennent ensuite les ornemanistes qui eux, travaillent le zinc dans leurs ateliers pour fabriquer des fenêtres, reproduire ou créer des ornements de faîtage qui rehaussent la beauté de la toiture.

La pratique est transmise par le biais d’un programme d’alternance, dans lequel les apprentis alternent théorie, cours pratiques et expérience pratique sur les chantiers de construction ou de rénovation.
La fierté de préserver la beauté du paysage se manifeste par une coutume qui consiste à laisser un objet sous un morceau de toiture à la fin d’un travail, objet que les couvreurs de zinc retrouveront des décennies plus tard lorsqu’ils referont à nouveau la toiture du bâtiment.

 

>> Les couvreurs-zingueurs inscrits à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel français.

>> La couleur de Paris.

 

 

 

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Passage du Prado, le plus ancien des passages Parisiens.

4 Juin 2025, 14:50pm

Publié par pierre barreteau

Passage du Prado, 75010 Paris

Le passage du Prado est une galerie commerçante du 10ème arrondissement, situé à quelques pas de la station de métro "Strasbourg-Saint-Denis".

Ouvert dès 1785 - ce qui en fait le plus ancien des passages parisiens - il a longtemps été connu pour ses fréquentations interlopes… Mais le Passage du Prado a bénéficié en 2012 d’une rénovation totale y compris pour sa verrière qui a bénéficié d'une intervention artistique d’inspiration Art Déco, elle arbore désormais de belles gammes de couleurs vives.
Au fond du passage, dans un angle, on trouve une splendide rotonde également totalement rénovée.

Mais la surprise est que dans ce décor modernisé officient aujourd'hui une bonne dizaine de coiffeurs, tous originaires du sous-continent indien. Devant cette improbable succession de salons de coiffure - avec des cheveux éparpillés partout par terre - des gens sont là, patientant au milieu du passage car le travail du coiffeur n'est pas encore totalement terminé : ils ou elles patientent à la porte des salons avec leurs cheveux pleins de produits ou même avec des papillotes de papier alu plein la tête !

A découvrir absolument.

 

>> Non loin de là, le passage Brady est lui aussi majoritairement occupé par des commerçants et des restaurants indiens, pakistanais voire mauriciens.


>> Rénovation du Passage du Prado en 2012.

>> L'entrée du Passage du Prado :

 

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Le savoir-faire des bottiers de Belleville est toujours vivant !

2 Octobre 2020, 15:01pm

Publié par barreteau

Le savoir-faire des bottiers de Belleville est toujours vivant !

"L'Atelier Maurice Arnoult" Association AMA. Crédit photo : @atelier_ama

 

Déjà 10 ans que Maurice Arnoult, maître bottier à Belleville, nous a quitté. Il avait alors 102 ans et avait démarré dans ce métier à l'âge de 14 ans. Autant dire qu'il en avait accumulé du savoir-faire !

Avant son grand départ, Maurice - dans son atelier du 83, rue de Belleville - avait pris soin, pendant vingt ans, de transmettre bénévolement son savoir-faire à une foule d’apprenti(e)s venu(e)s des quatre coins du monde.
Et, dès 2005, l'association "L’Atelier de Maurice Arnoult" (AMA) va encadrer ce travail de transmission et elle continue encore aujourd'hui à garder vivante la mémoire de l’artisan-maître -bottier .

Depuis le décès de Maurice, c’est désormais Michel Boudoux, un autre maître-bottier, qui a la responsabilité de former les élèves de l'AMA à la fabrication de la "chaussure femme, sur mesure".
D'autres artisans-bottiers ont rejoint l'association en tant que maîtres bénévoles, ainsi aujourd'hui Jacques Aslanian et Léon Mesrobian s'attachent eux-aussi à faire perdurer ces savoir-faire artisanaux.

Là où il est, Maurice Arnoult peut bien être satisfait de la relève ….


>> L'association AMA « l'Atelier Maurice Arnoult », site officiel

>> Maurice Arnoult, déjà sur Parisperdu.

>> Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

>> Michel Boudoux, maître-bottier.


 

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Les couvreurs-zingueurs de Paris au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?

10 Novembre 2017, 14:28pm

Publié par barreteau

Les couvreurs-zingueurs de Paris au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?

 

Actuellement, 80% des toits parisiens sont recouverts de zinc, une matière qu’il faut renouveler tous les 50 ans, un chantier permanent mené à bien par des couvreurs-zingueurs, des hommes harnachés au-dessus du vide ou juchés sur des échelles.

Aujourd'hui, les couvreurs de Paris militent pour que leur profession soit inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. Ils sont les gardiens d’un océan de gris, de tous ces toits de zinc qui participent au caractère unique de la capitale. Car depuis Napoléon III, tous les immeubles haussmanniens sont recouverts de zinc, un matériau peu cher et facile à installer. C’est ainsi que, peu à peu, une forêt métallique a recouvert Paris de gris, rendant largement visible, depuis le ciel, la transformation de la capitale par le baron Haussmann.
 
Le zinc a aussi permis aux architectes d’utiliser peu de charpentes, laissant plus d’espace intérieur pour y vivre. Sont alors apparues les chambres sous les toits, les chambres dites "de bonnes", elles aussi typiques de Paris.
Ces toits au charme désuet sont devenus l'un des symboles de la capitale, immortalisés par la photographie, la peinture ou le cinéma. C’est là, par exemple, qu’Henri Verneuil situe la course-poursuite de Jean-Paul Belmondo dans « Peur sur la ville » (1975). Tandis que sur l’affiche de « Paris nous appartient », de Jacques Rivette (1958), Gianni Esposito arpente le toit du Théâtre de la Ville.

Pour obtenir la reconnaissance de l'Unesco, une première étape a été franchie en juin dernier lorsque le savoir-faire du couvreur-zingueur parisien a été inscrit à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel français.

À terme, les couvreurs-zingueurs souhaitent que les toits eux-mêmes soient reconnus par l’Unesco, cette fois par une inscription au patrimoine matériel mondial : les toits de Paris auraient alors une valeur universelle.
Mais la démarche est compliquée et, surtout, il reste à convaincre Anne Hidalgo, fervente militante de la végétalisation des toits, et … toujours là pour la casse des traditions, des particularités et du patrimoine de Paris ! Non Parisperdu ne lui dit pas merci …


>> C'est le lieu exact où les toits de Paris paraissent s’étendre à l’infini …

>> La couleur de Paris.

>> Les chambres sous les toits, les chambres dites "de bonnes", elles aussi typiques de Paris.

 

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Belleville lance ses premières Journées de l'artisanat.

9 Octobre 2016, 09:26am

Publié par barreteau

 Belleville lance ses premières Journées de l'artisanat.

Elise Kastner   Céramiste, Atelier K au 50 rue Ramponeau, 75020 Paris


L’artisanat à Belleville fait partie de l'histoire du quartier. Aujourd’hui encore, il est toujours bien ancré dans ce quartier populaire, et garde une force créatrice intacte.

Aussi, pour mieux connaître ces artisans, les 1ères Journées de l’Artisanat à Belleville vont se tenir les 15 et 16 octobre prochains avec un parcours "Portes Ouvertes" de 30 ateliers, des tables rondes, des expositions et des démonstrations de savoir-faire.

Venez découvrir ces métiers de passion.


>> Demandez le programme ...

 

 

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Peintre du dimanche …

10 Avril 2016, 17:37pm

Publié par barreteau

Peintre du dimanche …
32 rue de la Croix St Simon Paris 20 (juillet 1997)

C'est l'extrême sud du 20ème arrondissement, un endroit où le promeneur est rare, une zone où aucun touriste ne va … Il est tôt en ce dimanche matin quand je descends à la station Maraîchers, je traîne du côté de la rue du Volga et du square de la gare de Charonne mais, mis à part quelques employés de la Ville qui s'affairent à nettoyer la chaussée avec le renfort d'une lance à eau et d'un couple de balais … il n'y a rien de très intéressant à mettre à l'actif de ma sortie matinale. Je remonte donc vers le nord, le long de la ligne de la Petite Ceinture car je sais qu'elle peut toujours réserver de bonnes surprises.

Et, effectivement, au 4 de la rue Ferdinand Gambon, derrière un portail métallique, je découvre un espace verdoyant qui jouxte une ancienne gare de la Petite Ceinture. C'est la gare de Charonne-"Voyageurs", à ne pas confondre avec celle qui a donné son nom au square. Cette dernière était dévolue aux "Marchandises". Puis les surprises s'enchaînent car, immédiatement après avoir passé le pont sous la ligne P.C, au 9 de la rue de la Croix Saint-Simon, je peux m'engager dans un étroit passage: c'est le Sentier des Ecuyers, coincé entre le mur qui reçoit en surélévation le chemin de fer et la façade entièrement métallique du bâtiment de la restauration scolaire du 20ème. Il s'en échappe d'entêtantes effluves de friture … Je poursuis mon parcours dans la rue de la Croix Saint Simon où quelques rares maisons individuelles résistent encore au bétonnage qui a beaucoup sévi dans le secteur.

Au 32, un "peintre du dimanche" change la couleur du portail en bois: il était bleu, il le badigeonne de blanc. J'y suis repassé récemment … il est de nouveau bleu !


>> Le portail du 32 rue de la Croix Saint Simon … à nouveau "bleu"

>> Déjà sur Parisperdu : Un monde loin du monde ...

>> Déjà sur Parisperdu : le square de la gare de Charonne

 

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De l'art de la diversification.

11 Février 2015, 16:43pm

Publié par barreteau

8bis rue de la Liberté 75019 Paris

Rue de la Liberté, plusieurs portails se succèdent laissant deviner derrière eux la présence d'ateliers.
Au 8bis, une enseigne confirme mon intuition, on peut y lire : " Menuiserie / Gilles Weber"

Monsieur Weber est un artisan menuisier qui a créé ici sa société, il y a bientôt dix ans.
Il travaille le bois mais aussi le PVC et, de ce modeste atelier, sortent régulièrement des éléments pour des cuisines intégrées, des portes, des fenêtres, des escaliers … et bien d'autres choses encore.

Mais ce que l'on devine moins aisément, c'est que cet alsaco-lorrain n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier car "au pays", il a gardé des attaches … parfois étonnantes, ainsi à Colmar, il est gérant d'un fast-food et à Metz, il est l'associé d'un débitant de tabacs.
Ce qu'on appelle l'art de la diversification des activités …


>> 6, 8, 8bis et 10 rue de la Liberté, Paris 19ème.


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Ce n'étaient que de frêles ateliers.

2 Février 2014, 15:06pm

Publié par barreteau

Cours des artisans au 42 de la rue de la Jonquière_ Paris 17ème (1997)

Au cœur du 17ème, la rue des Moines débouche dans la rue de la Jonquière, juste à la hauteur d'une pharmacie. L'officine est prise en sandwich entre deux porches donnant accès à de vastes cours intérieures, respectivement au 42 et au 44 de cette rue commerçante.

Dans les années 90, vivaient ici, au rythme de leurs activités, de nombreux petits ateliers dont les bâtiments occupaient tout cet espace intérieur.

On trouvait tout d'abord, un fabricant-distributeur de "raccords et coudes" en fonte malléable, la société Lombard. Au fil de son développement, cette entreprise avait accaparé plusieurs locaux de la cour. Puis c'était l'artisan-peintre Noël Priot qui proposait ici ses compétences en peinture et décoration, papiers peints, patines anciennes, revêtement des sols et des murs … Son écriteau mentionnait deux numéros de téléphone: celui du jour et celui pour l'appeler le soir, chez lui, … car l'on n'était pas encore à l'époque du "portable" !

L'alignement de ces ateliers se terminait par une petite imprimerie dont les rotatives tournaient parfois tard dans la nuit, ce qui avait le don d'excéder les riverains …

Mais cette époque est  révolue et tout est redevenu terriblement calme dans la cour du 42 rue de la Jonquière. Car, à l'aube des années 2000, il n'a pas fallu beaucoup de temps aux promoteurs pour occuper le terrain … Il ne leur a pas fallu non plus beaucoup d'efforts pour démolir ces frêles ateliers et construire, dans la cour mise à nue, des bâtiments de 4-5 étages qui remplissent et rentabilisent autrement mieux tout cet espace …


>> Vue actuelle de la Cour des artisans au 42 de la rue de la Jonquière (Google street)

>> Les artisans de Parisperdu !

 

 

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Le dernier jambon de Paris fait intra-muros.

31 Octobre 2013, 08:23am

Publié par barreteau

Au 166 rue de Charonne, les Etablissements Le Guel fabriquent le dernier vrai jambon de Paris.

La gastronomie est vraisemblablement née à Paris. Mais on ignore souvent qu’il existe un vrai terroir parisien avec des produits qui, toutefois, sont  pour la plupart en train de disparaître.

Bien sûr tout le monde connaît le "champignon de Paris" cultivé dès l'époque de Napoléon Ier, dans les carrières souterraines de Paris, d'où son nom. Mais aujourd'hui le champignon de Paris vient du Val de Loire … quand ce n'est pas de Chine !

Alors quoi d'autre sur le terroir parisien d'aujourd'hui ? A vrai dire pas grand-chose, tant le vin de Montmartre ou le miel des ruches de l'Opéra tiennent plus du folklore local que d'un terroir véritable.

Finalement, il faut aller rue de Charonne, au fin fond du 11ème arrondissement pour trouver un véritable produit du terroir parisien. Le dernier vrai "Jambon de Paris" fabriqué à l'ancienne, sans colorant ni conservateur. Ici, neuf salariés travaillent à temps complet pour préparer environ 500 jambons par semaine. Dont le nec plus ultra du jambon : "le Prince de Paris" que l'on reconnait à son tampon qui représente la Tour Eiffel.

Vendu entre 21 et 29 euros le kilo – soit environ deux fois plus que son cousin industriel –, ce "vrai jambon de Paris" a le goût de l’authenticité, … et le prix de sa rareté.


>> Où trouver le dernier jambon de Paris ?

>> Le dernier jambon de Paris a-t-il un goût de luxe ?

 

 

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Un homme à sa fenêtre.

12 Décembre 2012, 13:07pm

Publié par barreteau

100 rue Leibnitz - Paris 18ème


Au numéro 100 de la rue Leibnitz, un monsieur d'une cinquantaine d'années enjambe la modeste ferronnerie de l'appui de sa fenêtre et, dans cette position dangereuse d'équilibre, s'affaire à réparer l'embrasure.

De temps à autre, il interrompt son travail et examine ce qui se passe dans la rue, à droite et à gauche (rien à part moi), puis à l'aplomb de sa jambe pendante.
Sans doute déçu de s'apercevoir qu'il n'y a qu'un seul étage, il renoncera à sauter … et son ouvrage achevé, finira par rentrer dans l'appartement.


>> Au 100 de la rue Leibnitz, les travaux sont terminés ...

 

 

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La cour de l'Industrie.

10 Avril 2012, 09:07am

Publié par barreteau


Au 37 bis de la rue de Montreuil, dans le 11ème, la cour de l'Industrie, créée au milieu des années 1800, témoigne aujourd'hui encore du passé artisanal de l'arrondissement.

Il y a là une cinquantaine d'ateliers pour moitié des artisans, pour l'autre des artistes. Longtemps menacés d'expropriation ceux-ci se sont très tôt constitués en un groupe de pression. Et, avec l'appui de la mairie de Paris et d'associations diverses, à coup de pétitions et d'actions, les occupants vont finalement pouvoir rester dans l'un des derniers vestiges du patrimoine artisanal du quartier.


Car aujourd'hui, la démolition de l'ensemble n'est plus à l'ordre du jour et le lieu parait définitivement sauvé. Rachetée par la mairie de Paris qui y commence des travaux de rénovation, la cour de l'Industrie restera en activité et ne sera donc ni "loftisée" ni "boboïsée".

Les doreurs-laqueurs, les sculpteurs-ornemanistes et … autres artisans à l'ancienne vont pouvoir continuer à travailler sereinement dans le dernier îlot d'ateliers dans Paris.

Preuve est faite que, même face aux promoteurs aux dents longues, la lutte et la solidarité paient …



>> Le 37bis, site officiel.

 

 

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Elie: il fait dans la "demi-mesure" ...

11 Janvier 2012, 09:53am

Publié par barreteau


Mai 68 restera pour Elie une date importante, non pour les évènements qui marquèrent cette époque mais par le fait qu'il quitta alors, et en bons termes, son patron de la rue du Caire pour se mettre couturier à son compte, dans les hauts de Belleville.

Elie s'installa près du métro Pyrénées aussi, avait-il coutume de dire qu'il avait atteint les Pyrénées en passant par "le Sentier" !
Il occupait, au premier étage, un deux pièces que lui sous-louait son frère. C'est-là, dans un immeuble plutôt vétuste, qu'il implanta son atelier de "sur demi-mesure". Le terme ne figure pas au registre des métiers pour la bonne raison qu'à Paris, seul Elie a pratiqué cette activité.

Elle consistait à fabriquer des costumes sur mesure à partir de vêtements "grands patrons", on dirait aujourd'hui XXL, souvent invendables et que lui cédait à bon prix son ancien employeur. Comme le costume n'était pas intégralement fabriqué "sur-mesure", Elie avait inventé le terme de "demi-mesure".

Rapidement le bouche à oreille fonctionna et Elie fut obligé de chercher des sources d'approvisionnement complémentaires à celle de son ex-patron.
Il faut dire qu'Elie avait le génie de la coupe et ne vivait que pour la couture. Aussi fallait-il le voir, tel un maître de ballet, le mètre-ruban autour du cou, la pelote d'épingles au poignet et la craie de couturier en main, tournoyer autour de son client pour lui ajuster au mieux sa tenue … ajouter un peu d'étoffe au niveau de la poitrine pour les messieurs à fort jabot ou au contraire en retirer pour ceux aux fesses plates …
Pour le pantalon, il ordonnait au client de faire lui-même la mise en place de la "partie intime", en s'exclamant : "le fusil à gauche, s'il vous plaît, toujours à gauche, … !"

Puis, à la fin de l'exercice pratique, Elie retrouvait rapidement son âme de commerçant : "Je te fais le second à moitié prix, crois-moi c'est une affaire" lâchait-il systématiquement, sans que l'on comprenne bien si la bonne affaire était pour le client … ou pour lui ?
Mais vous aviez passé avec ce dôle de petit bonhomme un bon moment et vous repartiez toujours de la rue des Pyrénées, le cœur plus léger, … le portefeuille aussi.



>> Denise, ouvrière en voie de disparition.

>> Artisans, générations perdues.



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La mort annoncée des stations-services parisiennes .

3 Avril 2011, 11:14am

Publié par barreteau


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22-24 Rue Etienne Marey Paris 20ème (mai 1997)

 

Paris compte aujourd'hui une centaine de stations-service, trois fois moins qu'en 1980.

Une tendance que l'on retrouve au niveau national, mais à Paris cette baisse va encore s'accentuer dans les prochaines années. En effet, la mise aux nouvelles normes, prévue pour 2014, constituera vraisemblablement le coup de grâce des "indépendants", ces stations de trottoirs composées d'une ou de deux pompes installées en bordure de rue, dont une vingtaine perdure dans la capitale.

 

A Paris, le durcissement des conditions de stationnement, la transformation des voies en faveur des transports en commun et la montée des préoccupations écologistes ont fait baisser la circulation de 24% en huit ans. Et s'il reste encore 1,2 millions d'automobiles qui transitent chaque jour par la capitale, cela ne suffit pas pour maintenir à flot de nombreuses stations-services malgré un tarif dépassant souvent les 1,60 € le litre de sans plomb.

Les taxis ne semblent pas s'émouvoir de ces disparitions car la plupart des chauffeurs qui travaillent dans la capitale font leurs pleins en banlieue, là où le carburant est moins cher.

Les pompes parisiennes ne servent plus alors qu'en dépannage, et le client y met rarement plus de 20 € …

Trouver du carburant à Paris pourrait bientôt devenir un calvaire, comme au temps pas si lointain des pénuries dues aux grèves contre la réforme des retraites … !


>> Les cabines téléphoniques aussi …

 

 

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Artisans : générations perdues

26 Février 2011, 10:25am

Publié par barreteau

Maurice dans son atelier du 19 rue des Orteaux, en Mai 1995.

 

 

Maurice Caner était un personnage attachant. Ses yeux, le jour de notre rencontre, avaient bien du mal à fixer l'objectif, dans la lumière qui cascadait à travers la semi-pénombre de son atelier. Peut-être avaient-ils, au fil des années, trop longuement fixés cet ouvrage qui fatigue le regard ? Ou bien s'étaient-ils usés par l'application qu'exige le métier de tapissier ?

A 70 ans, il faut bien que la vie vous ait marqué quelque part …

 

Fatigué ou pas, son regard brillait de malice, coulait sur ces joues roses où s'éparpillaient des poils de barbe mal rasée. Il avait la mèche un peu folle, le tablier fatigué de se tenir à son cou, le pull qui dégoulinait comme le pourpoint d'un noble de la capitale. Oui ! Maurice était probablement dans sa simplicité joyeuse, l'un des derniers seigneurs du quartier, lui qui était né là, dans ce coin du 20ème, bien loin des beaux quartiers qu'il ne fréquentait guère.

 

A l'époque, difficile de faire plus perdu que cette rue des Orteaux. Pourtant le coin était plein de mouvements, de vrombissements ... Plus d'une trentaine d'artisans se faisaient face de chaque côté de la rue : des tapissiers, des serruriers, des cordonniers, des encadreurs-doreurs …. Toute une agitation, toute une vie de labeurs pour permettre la vie des humains.

 

Que de silence aujourd'hui dans la rue des Orteaux, où l'odeur des travaux sur le bois ou le métal a disparu. Pourtant, avant de continuer notre balade, il est peut-être important d'errer un moment dans cette rue pour croiser, à l'occasion, l'un de ses vieux habitants qui garde encore le souvenir de plusieurs générations d'artisans du quartier. On pourrait échanger quelques mots et emporter ensuite avec soi, un peu de cette existence qui donne à comprendre tout un Paris disparu …

 

 

>> Maurice, dernier tapissier de Charonne

 

 

 

 

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Atelier clandestin.

25 Mai 2010, 08:54am

Publié par barreteau

Rue Emile Duployé - Paris 18ème - Juin 1997


Normalement, la porte est toujours fermée, et à l'intérieur, la lumière est toujours allumée.
Rien ici ne signale l'existence d'un atelier de confection de vêtements. Sauf peut-être, collées sur la vitrine, deux photos extraites d'un magazine et montant des mannequins de haute couture.

Rue Emile Duployé, c'était un petit secret que pourtant tout le monde connaissait : un atelier clandestin se tenait-là, en bordure de rue et non pas là où s'installent ordinairement les ateliers clandestins, c'est à dire au fond d'une cour ou d'un passage caché et difficilement accessible. Trouver un atelier de ce genre avec "pignon sur rue", était en effet très étrange.

Dans l'atelier, diverses nationalités de travailleurs confectionnent des vêtements, probablement pour le compte de petites et de grandes marques du quartier du Sentier à Paris. Au début, ce n'étaient que des Chinois. Puis au bout de quelques temps, on a vu y entrer des kurdes, des Pakistanais, des Sri-lankais, ...

Par quel hasard, la porte était-elle restée entre-ouverte aujourd'hui?
L'air de rien, je l'ai poussé un peu plus et ai eu le temps d'apercevoir cinq ou six machines à coudre ainsi que de grandes piles de vêtements. Puis quelqu'un a violemment repoussé la porte en délivrant, dans une langue qui m'était inconnue, ce que j'ai pris pour un juron ...

Peu après, un colosse de type asiatique est sorti sur le pas de la porte, grommelant d'autres mots et jetant un œil noir en ma direction et surtout envers mon appareil photo. Je m'éloignai rapidement.

Le mois suivant, passant à nouveau par la rue Emile Duployé, je constate que le décor à changé. L'atelier est semble-t-il définitivement fermé, la lumière est éteinte, toutes les vitres sont passées au "blanc d'Espagne". Seules restent sur la vitre, les pages du magazine de mode.
L'atelier aura sans doute déménagé un peu plus loin dans le quartier ...


Aujourd'hui, la rue a été complètement bouleversée mais l'immeuble de l'atelier clandestin est encore là. Il semble attendre patiemment son inéluctable destruction ...



>> Atelier clandestin (Document INA)

>> La transformation de la rue Emile Duployé (Vue de nuit. Juin 2005)

 

 

 

 

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