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PARISPERDU

Petit cirque, grande émotion.

30 Mai 2009, 08:51am

Publié par barreteau


Square de l'Amiral Bruix, à la porte Maillot, un petit cirque s'installe de temps à autre et invite aux attractions. Autour du chapiteau, le campement est encombré de caravanes cabossées, de tentures délavées, d'enclos pour les animaux … Mais, au-delà de ces apparences, le Cirque, c'est avant tout une âme.

Une âme faite de générosité et de l'amour des belles traditions. Les modes passent, les valeurs essentielles restent. Ici, on travaille en famille, toutes générations confondues, chacune d'entre elles enrichissant l'autre de son savoir. Le grand-père clown entraîne son arrière-petit-fils sur la piste pour qu'il y fasse ses premières cabrioles. Le père, la mère, le fils, la fille, la belle-fille, la sœur, la nièce, la cousine... Toutes et tous se ressemblent : ils ont le même sourire, la même joie d'exercer leur métier.

Même les animaux sont considérés comme des membres de la famille : on dresse en douceur les tigres, on crée une représentation humoristique et poétique pour les chiens, les otaries …, on fait parader fièrement les zèbres, les lamas, les chameaux ...

Le Cirque, c'est une bouffée d'oxygène, c'est aussi le plaisir de retrouver ce que l'on a en soi et que l'on oublie souvent : la possibilité de rire et de rêver, ne fût-ce que le temps d'un spectacle, et c'est une nécessité.

D'un seul coup, toutes les lumières s'éteignent. Les flonflons battent la cadence. Les enfants, bouche bée, écarquillent les yeux. Le public, conquis d'avance, retient son souffle... Place au spectacle et à l'émotion.



>> Voir aussi sur Parisperdu: "C'est quoi ce cirque ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu: Alexandre Romanès et son cirque tzigane.

>> Izis : un maître de la photo, un amoureux du cirque. 


 

  

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"Chinoiseries" à Belleville.

26 Mai 2009, 10:59am

Publié par barreteau


Les émigrés chinois se comptent par dizaines de milliers à Belleville. Qu’ils viennent de l'ex-Indochine, de Wenzhou, au sud de Shanghai ou de Dongbei, au nord-est de la Chine, ils restent largement méconnus du reste de la population de ce quartier populaire de Paris car, parmi eux, beaucoup sont "sans papiers" et cherchent à rester discrets.
 

Ces "Chinois sans-papiers" n’ont ni nom, ni existence officielle, et pourtant ils sont nombreux à peupler les rues de Belleville. S'ils se mélangent peu avec le reste des habitants du quartier, c'est que la barrière de la langue est bien réelle. Et peu de Wenzhou font en effet l’effort d’apprendre le français, par manque de temps ou par facilité car ils connaissent toujours un parent pour faire la traduction. Soutenus par un groupe extrêmement solidaire, ils demandent très rarement de l’aide à l’extérieur. Pourtant, beaucoup pourraient le faire afin de mener à bien leurs régularisations, mais l’affaire emblématique de l’école Rampal a renforcé la crainte de la police et accentue le repli sur soi. Nombreux sont les Chinois qui ne sortent pas beaucoup de chez eux et ne fréquentent que leur famille.


Entre eux, l’entraide fonctionne à plein, comme en témoigne la multitude de petites annonces rédigées en mandarin et qui couvrent les vitrines des commerces. On y vend un peu de tout et on y offre divers services, comme la garde d’enfants ou des heures de ménage. On y trouve aussi des cigarettes de contrebande. Des annonces proposent même une quittance EDF, ou une carte vitale à partager … !

À Belleville, la myriade de restaurants et de magasins d’alimentation laissent entrevoir l’importance du commerce chinois qui s’est mis en place. Mais tout le monde n’a pas aussi bien réussi. Pas loin du boulevard de Belleville, on rencontre fréquemment des prostituées chinoises. Elles marchent très lentement et regardent les hommes "droit dans les yeux". Sur le trottoir d’en face, trois autres femmes attendent en groupe. Ces prostituées sont en général originaires de Dongbei, une province qu'elles ont quittée pour fuir une grande précarité. Les "Dongbei" sont très minoritaires ici, à Belleville, ce qui fait qu'ils ne bénéficient d’aucune entraide, contrairement aux Wenzhou qui représentent 85% de la communauté chinoise de Belleville. Quant aux hommes, ils cherchent à survivre grâce à différents petits boulots. Au coin d’une rue, ils sont deux, accroupis autour d’un sac, à échanger des magazines. Ce sont des revues qu’ils récupèrent dans les poubelles et revendent plus loin sur un marché. Ils font la même chose avec les vêtements …

Avec la crise actuelle qui, en Chine aussi, ferme les usines et l’exode rural qui malgré tout continue, les vagues de migrants ne sont pas prêtes de s’arrêter. En attendant, se poursuit à Belleville la chasse aux "sans papiers", les isolants toujours un peu plus du reste de la population …

 


>> L’affaire de l’école Rampal (mars 2007).

 

 

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Perspective à la Chapelle.

22 Mai 2009, 09:49am

Publié par barreteau


En ce début d'après-midi, je déambule sur le boulevard de la Chapelle, bien à l'abri sous les piliers en fonte du métro aérien.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le quartier n'est pas très rieur, à deux pas de la Goutte d'or qui pourtant a grandement été assainie et réhabilitée … Les trottoirs ont été lavés à grande eau pour effacer les derniers reliefs du marché du matin et ainsi présenter le secteur sous son meilleur jour, mais malgré tout l'ambiance que dégage ce lieux reste pesante, morose, "tristounette" …

Soudain, une trouée dans les façades grisâtres, et c'est comme une éclaircie, annoncée par la perspective de la rue de Chartres. Le regard, libéré du poids du viaduc de la ligne 2, peut enfin se porter vers un horizon dégagé.

Et, là-haut, tout là-haut, dans votre ligne de mire, sur la butte, apparaît dans sa blancheur immaculée, le Sacré Cœur …

Décidemment aujourd'hui, de la Chapelle à la basilique, il n'y aura qu'un pas …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'accordéoniste yougoslave"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Gilbert, rue des Azaïs"

 

 

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Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano.

18 Mai 2009, 09:52am

Publié par barreteau

Entrée du cimetière Montmartre, rue de Caulaincourt Paris 18ème


En 1937, Paul Valéry écrivait ceci: "…PARIS [c’est lui qui met ce nom en majuscules…] est bien autre chose qu’une capitale politique et un centre industriel, qu’un port de première importance et un marché de toutes valeurs, qu’un paradis artificiel et un sanctuaire de la culture. Sa singularité consiste d’abord en ceci que toutes les caractéristiques s’y combinent, ne demeurent pas étrangères les unes aux autres."

Que faire, que conclure, alors, de cette "singularité" ?
"Penser PARIS" ? Plus on y songe, plus se sent-on, tout au contraire, "pensé par Paris." Tous les amateurs, les amoureux et autres piétons de Paris ne feront pas de cette remarque une énigme.

Les plus récentes mutations de la capitale donnent une tonalité particulière à la prose et à la poésie des écrivains. La mémoire, comme hier chez Georges Perec ou comme aujourd'hui chez Patrick Modiano, joue un rôle essentiel, ainsi qu’une volonté d’inscrire dans les phrases ce que la réalité est entrain d’annihiler.
Leurs écrits contournent ou transcendent cette nostalgie fatalement attachée au pas de l’arpenteur des rues et des boulevards, constatant avec dépit ce que coûte, jour après jour, la modernisation galopante et la spéculation …


>> Qui est Patrick Modiano ?

>> Modiano ou les Intermittences de la mémoire.

>> Voir aussi: Georges Perec, sur Parisperdu.

>> Voir aussi, sur Parisperdu: "Paris, de Beaudelaire à Allen Ginsberg …"


  

 

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Cité Florentine.

14 Mai 2009, 09:04am

Publié par barreteau


C'est un endroit secret et, pour beaucoup, quasiment introuvable . Caché au plus profond du 19ème arrondissement, un étroit passage entre deux immeubles gris permet de se faufiler jusqu'à un petit trésor : la cité Florentine.

Car c'est un peu comme à Petra, ou après s'être glissé dans le Siq, vous atteignez  le "Trésor", le  "Khazneh". Bien sûr ici, point de temple de 40 mètres de haut, mais les modestes villas que l'on trouve sur la placette, font, elles aussi, merveilles dans la lumière du matin …


L'on éprouve alors la sensation d'avoir atteint un lieu exceptionnel, hors de la cité, bien qu'encerclé, enserré par ses hauts immeubles. Et là, une profusion de couleurs s'étale devant vos yeux: le vert des barrières en bois, le rose et le rouge des roses trémières, l'ocre jaune des murs, … invariablement tout vous renvoie à une composition picturale des plus parfaites.
Alors vous vous dites que vous avez déjà vu ce tableau quelque part. Vous en cherchez le titre, l'auteur … Vous ne trouvez pas ? … Pourtant c'est simple, c'est même évident …

Voyons, vous êtes "Cité Florentine" … et le tableau que vous recherchez, n'est-ce pas une œuvre de Paul Klee ? Mais oui, bien sûr, vous avez trouvé ... il s'agit … des  "Villas Florentines"!




>> Les "Villas Florentines" de Paul Klee (1926).

 


 

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" Digicode, tu n'es pas mon ami "

10 Mai 2009, 10:21am

Publié par barreteau



La découverte des cours et des arrière-cours des immeubles Bellevillois a longtemps été l'un de mes "sports" favoris. Quitter la foule et les vrombissements de la rue pour pénétrer dans ces espaces paisibles et hors du temps, a toujours été pour moi l'une des expériences les plus gratifiantes que l'on puisse s'offrir dans Paris. A chaque fois, vous allez à la découverte d'un territoire inconnu, d'un monde invisible, inimaginable.

Jusqu'au jour où il n'a plus été possible de pousser la moindre porte, d'ouvrir le plus petit des portails. Les digicodes s'étaient généralisés… Maintenant, ils vous interdissent à jamais tout accès vers la "terra incognita", et vous laisse pantois dans la rue, face à d'hermétiques façades …


Bien sûr, la sécurité des biens et des personnes justifie sans doute cet équipement, mais il déshumanise profondément l'approche d'un quartier… On en vient à regretter la disparition des concierges et des gardiens d'immeubles dont la conversation était bien plus vivante que celle d'un clavier en acier brossé … Non, décidemment, digicode, tu n'est pas mon ami !

Aussi, je reprends volontiers à mon compte ce couplet de MC Solar :

" Naguère, les concierges étaient en vogue.

Désormais, on les a remplacées par des digicodes…

Dans ma ville, il n'y avait pas de parcmètres.

Je voyais des ouvriers manger des sandwiches à l'omelette...

L'air y était plus pur, Paris était plus beau "


>> Voir aussi le sketch de l'humoriste Marc Jolivet qui met en scène un homme ivre souhaitant rentrer chez lui au milieu de la nuit en ayant oublié le code d'entrée.

 

 

 



 

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Le grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

6 Mai 2009, 09:16am

Publié par barreteau

Grand Paris, "Projet de l'Atelier Castro Denissof Casi" 2009 /DR


Après tout le "ramdam" politico-médiatique sur les dix projets du Grand Paris, je me suis longuement interrogé sur la question : Parisperdu doit-il aborder le sujet ?

Ma première réaction a été qu'il valait mieux ne rien en dire … Mais beaucoup de mes amis, de mes lecteurs m'ont relancé, … un peu sur le ton : "Alors le Grand Paris, encore un pari perdu ?" Alors je m'y suis lancé.

Il ressort, de tout ce que j'ai pu lire sur ces projets, que l'on cherche surtout à copier certaines capitales, alors que souvent, celles-ci … souhaiteraient plutôt nous ressembler !
Que nous propose-t-on? Eh bien, des tours, encore des tours, ... beaucoup de tours !
Mais si l'on regarde ce qui a déjà été fait un peu partout, je n'ai pas souvenir d'un quartier de tours d'habitation, dans le monde, qui soit agréable à l'œil et où il fait bon vivre, sauf bien sûr… sur la plaquette promotionnelle du projet.

Laissons donc les tours à ceux qui, comme Abu Dhabi ou Dubaï, n'ont pas reçu le passé en d'héritage et dont les émirs, d'ailleurs, veulent importer "clé-en-main" les trésors culturels de Paris, que sont La Sorbonne ou le musée du Louvre.

De surcroît, dans les projets du Grand Paris, on met surtout en avant des objets architecturaux, en oubliant les territoires. Tous les dysfonctionnements urbains de la région Ile de France n'ont donc pas servi de leçon... Les urbanistes ne devraient-ils pas, enfin,  précéder les ateliers d'architecture qui certes ont d'immenses qualités, mais pas celle de penser un espace global.

Je conseille aux "architectes" qui se penchent sur le "Grand Paris du futur" de rendre visite au projet du "Grand Paris des années 50" : La Défense. Qu'ils interrogent les gens qui aujourd'hui y travaillent. Que pensent-ils des transports en commun qui les conduisent ici ? Avec leurs pannes incessantes, leurs retards, les grèves à répétition et une gare désuète, dangereuse … D'ailleurs, combien de temps met-on pour sortir de cette foutue gare, et même, … comment en trouvez les sorties ?
Avant d'envisager des projets théoriques, penchons-nous sur ce qui existe.

Quant à Antoine Grumbach qui veut faire aller Paris jusqu'au Havre, je lui conseil d'établir au plus vite un partenariat avec Renault, dont les sites industriels jalonnent la vallée de la Seine. Ils pourront, ensemble, réfléchir à la reconversion des usines d'automobiles déjà fermées, quasiment fermées ou prochainement en voie de fermeture : de l'ile Seguin à Sandouville, en passant par Flins et Cléon … Avec tout ce bâti, bientôt inoccupé, … la moitié du projet est déjà réalisé !

De grâce, Messieurs les Architectes ne vous appropriez pas le nom prestigieux de Paris pour nous vendre une pseudo-nouvelle "Architecture Grand-Parisienne"!
Allez plutôt montrer vos talents ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi... ! Ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, tout en conservant la démarche intime entre l'Art et l'Artisanat. Cette approche a l'avantage d'éloigner toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, tout en respectant cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis...

Laissons donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Venise, Florence, et j'en passe... Il s'agît là, de villes déjà faites... et bien faites !

Après New York, "Big Apple", on espère éviter un autre "gros fruit" pour Paris, ce qui n'est pas sûr, tant on semble prendre les parisiens … pour des poires !
Avant que tout cela ne vire au cauchemar,... vite, pincez-moi, je rêve …


>> Le grand Paris, site officiel.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le Grand Paris ou comment changer … d'aire ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ? "

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien …"


 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce n'est vraiment pas la fête ... !

2 Mai 2009, 12:01pm

Publié par barreteau

Place des Fêtes Paris 19ème - Juin 2005


En sortant du métro "Place des Fêtes", on débouche sur cette fameuse place, et là, ce n’est vraiment pas la fête … !
Quelque soit l'endroit où vous portez le regard, vous vous sentez littéralement écrasé par toutes ces tours … qui vous entourent.
Franchement, cette grande place sans âme est laide, sinistre, sur-bétonnée … et de surcroît l’atmosphère n'y est pas des plus légères, tant les incidents de voisinage ou inter-bandes y sont nombreux.

Construite en 1836 pour les réjouissances des Bellevillois, nombreux sont ceux, aujourd'hui, qui estiment que la place des Fêtes a été assassinée par de pseudo-urbanistes.
Dans les années 70, la place sera en effet, défigurée par le courant de "rénovation" qui déferle sur certains quartiers de Paris. On assiste alors à la  destruction des immeubles modestes et des ilots caractéristiques de l'habitat populaire, les espaces verts disparaissent sous une marée de béton, de tours, de barres et de parkings … Cet urbanisme forcené va définitivement défigurer la place des Fêtes, et la multiplication des  tours de 18 à 24 étages, va lui donner un aspect architectural pas très flatteur.


La place sera réaménagée en 1995.  L'aménagement final résultera d'un compromis bancal, entre certains commerçants qui ne voulaient pas de bancs (pour éviter les indésirables), le maire qui voulait des arbres, les riverains qui ne voulaient pas des gradins de l'architecte qui les avaient conçu comme une agora pour organiser des … fêtes ! On y ajoutera une fontaine en forme de labyrinthe (encore du béton …) et un pseudo-obélisque translucide et illuminé la nuit … Bref, là encore, rien de très … festif.

 

Le charme résiduel de la place des Fêtes réside dans le marché qui s'y tient trois matinées par semaine, et par quelques immeubles anciens qui évoquent encore, au sud-ouest de la place, la physionomie disparue d'un coin de Paris, très populeux et populaire.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Place des Fêtes"

 

 

 

 

 

 

 

 

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