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PARISPERDU

humaniste

Le Paris de Léon Claude Vénézia.

14 Octobre 2019, 10:58am

Publié par barreteau

Le Paris de Léon Claude Vénézia.

 Enfants jouant rue Vilin à Belleville Paris 20ème _Mai 1967 Photo : ©Léon Vénézia /Roger-Viollet

 

Piéton de Paris, tout comme Brassaï qu'il a eu le privilège de connaître, Léon Claude Vénézia est un photographe humaniste et poétique, amoureux de Paris, la ville où il est né en 1941.

Observateur du théâtre de la rue, il a porté son regard sur les grands bouleversements urbains et sociétales des années 60 et 70, ainsi que sur le monde ouvrier et les marges sociales.

Dans son livre "Le Paris de Léon Claude Vénézia", il évoque les rencontres qui ont marqué son parcours et présente ses photographies des quartiers populaires de l'Est parisien et de sa banlieue : de Belleville à Drancy, de Ménilmontant à Bobigny.

Coloriste hors pair, il compose des images joyeuses d'un Paris populaire où enfants, immigrés, artisans et petits métiers ont tous leur place.

Tout comme Willy Ronis l'avait fait en son temps, il quitte Paris pour vivre en Provence dans les années 80. Et aussi comme Ronis, il enseigne la photographie pendant plus de dix ans à l'Ecole supérieure d'Art d'Aix-en-Provence.
C'est dans cette ville qu'il meurt en 2013, nous laissant un témoignage coloré sur le Paris perdu.


>> Les photos de Léon Claude Vénézia chez Roger Viollet.




 

 

 

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Photographier Paris, nouveaux regards sur la ville.

27 Décembre 2018, 15:52pm

Publié par barreteau

Photographier Paris, nouveaux regards sur la ville.

 Elsa, L'Orillon Bar, Belleville, 2015
©Thomas Boivin,

 

Vous avez jusqu'au 5 janvier 2019 pour aller voir l'exposition "Photographier Paris" présentée à l'Hôtel de Ville de Paris. C'est l'occasion d'une nouvelle découverte de la capitale, à travers le regard de seize créateurs français et étrangers. Leurs instantanés vous font déambuler dans Paris à travers des portraits, des paysages et des monuments de leur choix.

Mon coup de cœur se porte sans conteste sur les images de Thomas Boivin qui nous entraîne à Belleville et à Ménilmontant rencontrer les passants. Il en fait des portraits depuis cinq ans. En effet, depuis 2012, il écume les terrasses de café, les parcs et les rues de cette partie nord-est de Paris. Le tout donne une série de portraits sensibles en noir et blanc aux Buttes Chaumont, place de la République ou encore à travers le reflet de la devanture du Carillon.
Un nouveau photographe humaniste, dans les pas de Willy Ronis, est peut-être né …

 

>> En savoir plus sur l'Expo.
 

>> Thomas Boivin, site officiel.

 

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Rue des Terres-au-Curé.

30 Novembre 2018, 12:04pm

Publié par barreteau

Rue des Terres-au-Curé.

Enfants prenant de l‘eau à la fontaine, rue des Terres-au-Curé, Paris 13ème, © Sabine Weiss 1954

 

Il y a fort longtemps, un curé avait donc des terres, ici dans le sud du 13ème arrondissement. Des terres d'une si grande superficie qu'il avait dû autoriser un droit de passage aux riverains : un sentier connu sous le vocable de la "Coupe des Terres au Curé". Ce chemin qui s'étendait alors jusqu'au boulevard Masséna fut divisé en deux tronçons coupés par les voies du Chemin de Fer de Ceinture.
Le premier tronçon qui aboutissait boulevard Masséna est devenu le square Masséna. Et, lors de l'urbanisation du secteur, le tronçon restant fut logiquement baptisé "rue des Terres-au-Curé".

A ne pas confondre avec l'impasse du Curé qui est une voie située dans le quartier de la Goutte-d'Or au cœur du 18e arrondissement de Paris.

 

 

>> La rue des Terres-au-Curé aujourd'hui, vue depuis la rue Regnault.

>> Sabine Weiss et Parisperdu.

 

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Le Groupe des XV.

14 Février 2018, 15:38pm

Publié par barreteau

Le Groupe des XV.

Le Groupe des XV, vers 1946_ Photo ©Jean-Marie et Pierre Auradon

De gauche à droite et de bas en haut : photographe debout (de dos) non identifié, Robert Doisneau (couché), Lucien Lorelle, Willy Ronis, Pierre Jehan, Marcel Bovis (au premier rang) ; Jean-Marie Auradon, Marcel Amson, photographe non identifié portant un chapeau, Emmanuel Sougez, Jean Séeberger, André Gaban (debout au second rang) ; sur l'escabeau, Suzanne la femme de Jean Séeberger, prend la photo.

 

Le groupe des XV est fondé à Paris en 1946 par 15 photographes, d'où son nom …
Il a deux objectifs principaux : faire reconnaître la photographie comme moyen d'expression artistique à part entière et œuvrer à la sauvegarde du patrimoine photographique français.

Pour faire connaitre le Groupe, André Garban, son fondateur, organise chaque année, une exposition collective, souvent dans une galerie parisienne. Et c'est dans son studio de portraits, situé rue Bourdaloue, près de l'église Notre-Dame-de-Lorette, que se tiennent les réunions du Groupe. André Garban organise aussi, dès 1946 le Salon national de la photographie, dans la galerie Mansart de la Bibliothèque nationale.

Outre André Garban, ses membres historiques sont : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Autour des années 50 – 52 d'autres photographes viendront rejoindre ce Groupe, comme par exemple : Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab ...

Tous défendent les qualités formelles, la maîtrise technique et les valeurs du métier, excluant le pictorialisme et la photographie subjective sans pour autant rejeter les idées neuves, l'originalité, les angles nouveaux. Ils ne dédaignent ni le surréalisme - cher à Pierre Jahan - ni les apports de la nouvelle objectivité.

Ces photographes, tous professionnels, tirent leurs revenus de commandes publiques et privées. Ils collaborent avec la presse (Plaisir de France, Réalité...) et l'édition.

Ce groupe, dissous en 1957, n'est en rien dogmatique et cherche principalement à défendre la photographie française face à l'hégémonie américaine de l'époque. Les photographies faites par ces membres ont souvent le même point commun : la représentation de scènes de rue témoignant de la vie quotidienne et traditionnelle des Français. C'est à ce titre que l'on peut rapprocher le Groupe des XV de la photographie humaniste.

 

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

 

 

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Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon

22 Janvier 2018, 15:23pm

Publié par barreteau

 Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon


Reportage sur Paris-plage vers 1936 © André Papillon

 

André Papillon est né en 1910 à Bordeaux. Ayant, pendant la Première Guerre mondiale, perdu son père, officier de marine, ainsi que son frère aîné, André grandit à Bordeaux auprès de sa mère. Puis il rejoint à Paris sa sœur qui est l'épouse du photographe François Kollar, lequel l'initie au métier.

En 1936, devenu reporter indépendant, il couvre le Front populaire et la guerre d'Espagne pour Match, et travaille pour plusieurs journaux et des magazines tels que Regards, Vu …

Photographe engagé, il participe en 1935 à l'Exposition "Documents de la vie sociale" organisée par l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires.

Après la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il est mobilisé, il reprend son activité de reporter pour Le Monde illustré, La vie du rail, …

Attiré par la photographie industrielle, il a pour clients Saint-Gobain, Coca-Cola, Oméga, Moulinex, …

Il est également en relation avec de nombreux artistes et écrivains comme Cocteau, Colette, Matisse, Rouault, …
En 1948, il participe à l'exposition de la Photo League à New-York aux côtés de Boubat, Brassaï, Doisneau, Kollar, René-Jacques, Ronis et quelques autres photographes humanistes.

Il cesse toute activité en 1982 et décèdera quatre ans plus tard.

 

>> Pêcheur corse (vers 1948)

>> Le dernier allumeur de réverbères, 1950

>> André Papillon sur Artnet.

>> Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

 

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Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

12 Janvier 2018, 10:05am

Publié par barreteau


Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners
      
Rue Rambuteau, mai 1968

 

Jean-Louis Swiners est né en 1935 à Montreuil-sous-Bois. En 1957, après des études secondaires, Swiners accepte un poste, non rétribué, de porteur de valises du photographe Jean-Philippe Charbonnier. Et, dès le début 58, il fait partie de l'équipe des photographes principaux du groupe Réalités, au même titre qu' Édouard Boubat.

Disposant d'un studio et d'un laboratoire personnel, il se livre - en dehors de son travail salarié - à de multiples recherches personnelles, notamment dans le domaine du portrait.

Grâce, entre autres, à son reportage "Paris vu par un chien", il reçoit le prix Niépce en 1962. Il utilise alors le chèque et le billet d'avion qui l'accompagne pour effectuer un reportage sur les fêtes de la Pâques orthodoxe à Arachova en Grèce.

En 1964, il abandonne la prise de vues et reprend ses études interrompues par la guerre d'Algérie. Il étudie à l'EHESS de 1965 à 1980 sous la direction de Roland Barthes. Durant cette période il demeure fortement ancré dans le milieu du journalisme et de la photographie : il est journaliste à Planète, rédacteur en chef de Terre d'Images puis directeur commercial du mensuel Photo, fondé par Roger Thérond en 1967.

A partir de 1980, il débute une seconde vie. Il invente le marketing de combat et se consacre à l'enseignement de la stratégie d'entreprise et du marketing stratégique à l'European Business School de Paris et à HEC, avec, en parallèle, une activité de consultant en entreprise, sur les sujets de la créativité, de l'innovation et du leadership.

Mais Jean-Louis Swiners n'a pas complètement quitté le monde de la photo. De 1980 à 2006, il fait partie du jury du Prix Nadar. Aujourd'hui, membre des Gens d'Images, il est l'un des rares photographes vivants (avec Yann Arthus-Bertrand) figurant dans le "Who's Who en France".

 

 

>> Discussion avec Jean-Louis Swiners.

>> Photographes Humanistes (11/13) :Éric Schwab

 

 

 

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Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

27 Décembre 2017, 10:39am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

Rue de Réaumur, 1943_ Éric Schwab © Getty Images

 

Né en septembre 1910 à Hambourg d’un père français et d’une mère juive allemande, Éric Schwab arrive à Paris au début des années 1930. Il fait ses débuts comme photographe de mode et de plateaux de cinéma. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il est mobilisé dans le nord de la France. On connaît peu de détails sur cette partie de sa vie. Mais on sait qu’il revient dans la région parisienne et qu'à partir de septembre 1944 Schwab travaille pour l’AFP comme correspondant de guerre et suit la progression des troupes alliées.

Sa rencontre avec Meyer Levin début 1945 est un moment fort. C’est le début d’une grande amitié et d’un périple qui va les conduire vers la découverte de l’univers concentrationnaire à bord de leur jeep « Spirit of Alpena ». Durant toute l'année 45, ils visitent les camps de Buchenwald, Dachau, Leipzig-Thekla et Terezin.

A Terezin, dans les baraquements, il trouve une petite femme, âgée de 56 ans, qui a échappé à la mort et s’occupe des enfants survivants. C'est un moment d’intense émotion car il vient de retrouver sa mère …

En une vingtaine de photos, certaines à la limite de l’insupportable, Schwab nous décrit toute l’horreur des camps d’extermination nazis. Il photographie l’inhumain perpétré par la barbarie et porte l'horreur des camps à la une des journaux.

Mais Éric Schwab n’a pas connu immédiatement la notoriété d’autres photographes qui ont documenté la libération des camps car la plupart de ses photos sont publiées non signées.

Il faudra attendre plusieurs années pour que soient reconnus les talents de Schwab, notamment la qualité de ses cadrages, la force de ses portraits. Ses photos deviennent alors des icônes d’une terrible période de l’humanité.

Après la guerre, Éric Schwab quitte la France et s’établit à New York en 1946. Pendant quelques années, il continue à collaborer à l’AFP, sur des sujets plus légers. Passionné de jazz, il documente les rues de Broadway, les clubs de jazz d’Harlem, les bains de mer à Coney Island.

Éric Schwab quitte l’AFP au début des années cinquante. Il travaille ensuite dans divers organismes des Nations Unies à New York et Genève, notamment à l’Organisation Mondiale de la Santé. Il voyage et s’intéresse particulièrement au sort des réfugiés. Une de ses photos intitulée « réfugiés au Pendjab » prise en Inde en 1951 sera sélectionnée pour la mythique exposition photo The Family of Man en 1955 à New York.

Il n’a semble-t-il pas laissé de récit sur la découverte des camps et ses retrouvailles avec sa mère, décédée en 1962.
Éric Schwab est mort en 1977 à l’âge de 67 ans.

 

 

>> Éric Schwab, un photographe humaniste qui a photographié l’inhumain.

>> Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

 

 

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Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

17 Décembre 2017, 09:22am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

 Le patin à roulettes _ Paris,1961.

 

Léon Herschtritt est né à Paris en 1936. Il fait des études classiques, puis un rapide passage à l’Ecole nationale de photographie. Il rapporte de son service militaire la maquette d’un livre "Les gosses d’Algérie" et, pour ce reportage, il sera le plus jeune photographe à recevoir le prix Niepce, en 1960.

Il fera ensuite ses premières armes de journaliste reporter-photographe dans les salles de rédaction de "France-Observateur", "La vie catholique illustrée" et "Réalités".
Puis il devient reporter indépendant dès 1962. Herschtritt se consacre alors aux reportages d’actualités politique, sociale et humaine : "Les grèves à Decazeville", "Les Paysans italiens", "La vieillesse". En 1966, il obtient le prix des Gens d’images pour son livre "Au hasard des femmes" et il publie aussi un livre sur la prostitution : "La célébration des putains".

En 1973, Herschtritt ouvre le premier bistrot de photographe à Paris : un lieu de rencontre qu’il anime et où il organise mensuellement, jusqu'en 1977, des expositions.
Puis, vivement secondé par sa femme Nicole, il devient jusqu'en 1993, antiquaire spécialisé en photographie ancienne et appareils photographiques de collection dans la première galerie consacrée à la photographie au marché aux puces de Paul Bert (Saint Ouen). C'est aussi à cette époque qu'il publie "Jamais deux fois le même regard" un livre regroupant des photographies de sa collection personnelle.

En 1998 est créé la Galerie Léon Herschtritt, au cœur de Saint Germain des Prés où les expositions de photos se succèdent. Il y fête ses "50 ans en photographie" en 2006 et participe cette même année à une exposition collective sur "La Photographie humaniste" à la Bibliothèque Nationale qui lui achète 40 photographies pour son fond.

Avec son regard profondément humaniste, son sens inné de la composition et une vraie éthique du reportage, Léon Herschtritt, c'est 60 ans de photographies …

 

>> Léon Herschtritt, site officiel

>> Léon Herschtritt : Autoportrait 1959

>> L'exposition : « Léon Herschtritt, Photographe à vie ! » à la Galerie Esther Woerdehoff

>> Léon Herschtritt aux Rencontres d'Arles 2009

>> Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy

 

 

 

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Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy

5 Décembre 2017, 09:03am

Publié par barreteau


Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy


Montreuil - 1947 © coll. Fondation Robert Ardouvin / Ina Bandy

 

 Ida Gurevitsch naît en 1903 à Tallin dans une Estonie alors province russe. Au début des années 1920, Ida séjourne à Moscou, elle y rencontre Nicolas Neumann, un photographe hongrois. Ils se marient et quittent l’U.R.S.S. en 1925. Nicolas Neumann, alias Nicolas Bandy, apprend les ficelles du métier à celle qui deviendra Ina Bandy et gardera ce pseudonyme même après leur divorce.

Puis elle traverse l’Europe, en séjournant en Allemagne avant de venir s’installer définitivement en France au début des années 1930.

À Paris, elle se lie avec l’agence photographique "Alliance Photo" fondée par René Zuber et où collaborent Denise Bellon, Robert Capa et quelques autres photographes, tous alors inconnus.

Dans les années qui précèdent la guerre, Ina vit dans le XVe arrondissement de Paris, et par la suite, malgré les persécutions nazies des familles juives, elle choisit de rester en France, se cachant sous son pseudonyme.

Après-guerre, elle s’installe à l’hôtel de la Paix, 29 quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis. Elle y habitera jusqu’à sa mort. Elle y occupe une petite chambre avec vue sur la Seine et dispose d’un petit local au rez-de-chaussée qui lui sert d’atelier. Elle réalise toutes les opérations elle-même, allant jusqu’à faire ses tirages de grand format sur le sol de sa cuisine. L’hôtel, outre le fait qu’il est très bon marché, abrite quelques autres "gentils farfelus" : Michel Tournier, Georges de Caunes, Pierre Boulez, Gilles Deleuze, Jesús Rafael Soto ou la comtesse de la Falaise.
Ina Bandy réalise alors des reportages photographiques pour des magazines tels que ELLE, Médecine de France et Art News ou des journaux parisiens. Elle photographie, ainsi, entre autres, des personnalités des arts et de la culture : Giacometti, Calder ou Chagall et bien d’autres. Elle réalise aussi des reportages en noir et blanc, mais aussi en couleur, sur la vie quotidienne et plus particulièrement celle des gens modestes. Pour autant, ses sujets de prédilection seront les enfants. Elle en fera des milliers de photographies dont l’esprit situe son œuvre au côté des photographes humanistes comme Robert Doisneau, Willly Ronis et Sabine Weiss.

Femme menue, d’aspect chétif, elle se sera battue toute sa vie pour sa survie… Son attitude solitaire et discrète explique en partie le manque de renseignements dont nous disposons aujourd’hui sur son œuvre et sa vie.

Elle meurt en février 1973, presque oubliée et son fond photographique est dispersé.

Aujourd’hui, sa famille, notamment Antoine Gurewitch, son petit-neveu, avec l’aide d’historiens et de personnes qui l’ont connue, effectue des recherches sur son histoire personnelle et son œuvre photographique encore trop méconnue.

 

>> Une exposition marque le retour d’Ina Bandy sur la scène photographique.
 

>> Autoportrait Paris © coll. Fondation Robert Ardouvin / Ina Bandy

>> Photographes Humanistes (8/13): Édith Gérin

 

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Photographes Humanistes (8/13): Édith Gérin

25 Novembre 2017, 19:18pm

Publié par barreteau


 Boulevard Auguste Blanqui. Paris (XIIIème arr.), début des années 1950.

 

Edith Gérin est née en 1910 en Lorraine, près de Thionville.

Elle passe son enfance et sa jeunesse à Paris, dans le 18e arrondissement, boulevard Ornano. Ce n’est que vers 37 ans qu’elle commence à s’adonner à la photographie. Habitant à l’époque sur la rive droite de la Seine, elle photographie surtout le fleuve et les quais avec des ambiances de brume matinale ou des scènes de rue du centre de Paris.

Plus tard, ayant déménagé sur la rive gauche, à la limite des 13e et 14e arrondissements, elle promène alors son appareil entre le Quartier latin et le sud de capitale, alors en pleine mutation. Elle a ainsi immortalisé les quartiers Glacière-Arago-Gobelins avant les grandes rénovations des années 1960.

Ne cherchant pas à faire œuvre de témoignage, elle s’est surtout attachée aux ambiances, aux éclairages, aux reflets sur les pavés mouillés ... La présence de personnages demeure pour elle anecdotique, souvent sous formes de silhouettes plutôt que comme objet d’étude.
Bien qu'aujourd'hui classée parmi les photographes humanistes, elle s’est toujours défendue d’avoir voulu faire de la photographie humaniste, sa sensibilité l’orientant essentiellement vers des atmosphères insolites ou poétiques.

Ses œuvres ont été publiées dans les revues spécialisées des années 60 : "Photo ciné revue", "Noir et blanc" … ou "Point de vue images du monde" qui consacrait à l’époque sa double page centrale à la photographie.

Durant ses années d’activité professionnelle, elle n’a pu voyager qu’en France et en Europe, mais une fois à la retraite, elle entreprend des expéditions plus lointaines. Elle en rapporte de nombreuses photographies encore peu connues.
De même, ce n’est que dans les années 1980 qu’elle sort un grand nombre de photos de ses tiroirs et commence à exploiter plus méthodiquement ses clichés du Paris ancien.

Dans les années 1990, certaines de ses photographies ont été présentées lors d’expositions sur la photographie humaniste et ont illustré plusieurs livres : "Paris perdu" (1991), "Je me souviens du 13e arrondissement" (1995), "Paris des photographes" et "Les Parisiens " (1996). Elle a également fait partie des huit photographes représentant la photographie humaniste à l’occasion des rencontres d’Arles en 1993 et 1994.

 

Edith Gérin nous a quitté en 1997, elle avait 87 ans.

 
 

>> Aujourd'hui Edith Gérin se vend très bien …

>>
Photographes Humanistes (7/13) : Jean-Philippe Charbonnier


 

 

 

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Photographes Humanistes (7/13) : Jean-Philippe Charbonnier.

15 Novembre 2017, 09:07am

Publié par barreteau

 

 Photographes Humanistes (7/13) : Jean-Philippe Charbonnier

 

Deux mains et une culotte, Luxembourg, Paris 1978  
© Jean-Philippe Charbonnier

 

Jean-Philippe Charbonnier, piéton de Paris débute sa carrière de photographe sur un plateau de cinéma. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il se réfugie à Lyon où il travaille dans divers labos photos.
Une presse abondante, née dans l’enthousiasme de la libération, lui fournit de nombreuses occasions de travail, notamment au sein de la rédaction des journaux "Libération" et "France-Dimanche".

De 1950 à 1974, il collabore à la revue illustrée "Réalités" alors la plus influente en France.
Le regard tourné vers l’extérieur, Charbonnier parcourt son pays et le monde pour réaliser de nombreux photo-reportages. Les portraits de vies qu’il effectue alors avec sincérité et proximité attirent l’attention de l’agence Rapho qui a fédéré en son sein l’école dite
"humaniste". Une école que Jean-Philippe Charbonnier intègre dès lors aux côtés de Willy Ronis, Édouard Boubat ou encore Sabine Weiss. Ses travaux sont alors publiés dans le monde entier.

Ses images racontent le quotidien des hommes ; certaines sont prises dans la rue, à la volée, et d’autres sont posées. Ses photographies sont toujours compréhensibles par le lecteur, centrées sur le personnage principal, sans effets inutiles.

Son travail réalisé sur Paris révèle la singularité d’une œuvre marquée par un regard social et touchant, porté sur la transformation de la société de l’après-guerre.

Au hasard de ses reportages, Charbonnier photographie des tranches de vie, devenues des documents d’histoire. "On fait toujours des photos qui seront historiques un jour ou l’autre" répétait Charbonnier. Il écrivait lui-même ses légendes qu'il considérait indissociables de ses photos. Leurs textes révèlent un humour où sommeille parfois une douce ironie. Elles constituent "avant tout une conversation, un monologue, un à propos de, plutôt qu’une espèce de littérature plus ou moins journalistique" disait-il.

Exposé aux Rencontres photographiques d'Arles en 1976 et au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1983, il obtient en 1996 le Grand Prix de Photographie de la Ville de Paris.

Jean-Philippe Charbonnier, piéton de Paris nous quitte en 2004, il a alors 84 ans …


>> Jean-Philippe Charbonnier, l'œil de Paris aux Editions Séguier

>> Jean-Philippe Charbonnier, piéton de Paris

>> Photographes Humanistes (6/13) : Jean Marquis

 

 

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Photographes Humanistes (6/13) : Jean Marquis

5 Novembre 2017, 10:37am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (6/13) : Jean Marquis


Rue du Petit Musc, Paris, 1951.

 

Né en 1926 à Armentières dans le Nord, Jean Marquis doit ses débuts en photographie au grand photographe des années 1950 : Robert Capa, cousin de sa jeune épouse Susie. 
Il commence alors dans un laboratoire où il a l’occasion de visionner les planches contacts de grands photographes, comme Cartier-Bresson ou David Seymour. Puis il réalise un reportage sur la Deûle et les canaux du Nord, qui séduit Capa et qui le fait alors entrer à l'Agence Magnum.

Armé d’un Leica acheté à Henri Cartier-Bresson, il commence sa carrière de photo-reporter sans jamais laisser de côté sa recherche de sujets personnels.

Il suit d’abord le chemin de la photographie humaniste, dans une période de grands changements sociaux, avant de se tourner vers une photographie plus contemplative en apportant une vision nouvelle sur la photo industrielle et le monde du travail.

Jean Marquis a beaucoup photographié Paris. Il adorait marcher jour et nuit dans ce qu’il appelle "le théâtre de la rue". La mode, les hommes politiques, les grandes manifestations, les anciennes Halles, les écrivains et artistes en vue, les courses de chevaux, le cinéma, tout est passé devant son objectif, merveilleusement mis en scène par son regard précis et sa passion pour la lumière naturelle.

Jean Marquis, ce photographe humaniste trop longtemps oublié vient de fêter ses 91ans.
Je n'arrête pas de vous le dire : la photographie assure une belle longévité …

 

>> La Grande Expo Jean Marquis – "Un regard lumineux" au Salon de la Photo 2016

>>
Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques

 

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Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques.

26 Octobre 2017, 09:54am

Publié par barreteau

 

 Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques

Paris 1933, Photo : © René-Jacques.
 

Dès ses 20 ans René Giton "dit René-Jacques" se passionne pour la photographie et obtient un premier prix au Concours de photographie amateur de Royan.

Puis le jeune homme entreprend des études littéraires et de droit qui devraient lui ouvrir une carrière politique. Cependant, sans autre formation qu'un stage d'assistant chez le photographe Gilbert Boisgontier, il décide de faire de son loisir favori son métier, adoptant définitivement son nom d'artiste : René-Jacques.

Il entreprend alors des recherches personnelles, notamment sur Paris, qu'il photographie de jour comme de nuit, dans un registre à la fois impressionniste et poétique. On le remarque surtout pour ses compositions équilibrées, pour les tonalités subtiles de scènes de rues souvent désertes.

Dans les années 1950, il est l'un des fondateurs du Groupe des XV, un collectif de photographes qui comptera en autre Robert Doisneau et Willy Ronis. Ce groupe représente, à lui seul, le mouvement humaniste de la photographie française d'après-guerre.

Travailleur infatigable, régulièrement sollicité par la publicité qui apprécie son style élégant et novateur, René-Jacques ne renoncera jamais à son œuvre d'auteur humaniste. Des écrivains comme Léon-Paul Fargue ou Francis Carco recourent à lui pour illustrer leurs ouvrages, appréciant sa vision singulière du paysage urbain. C'est alors comme si la carrière littéraire, envisagée par René Guiton dans sa jeunesse, trouvait son aboutissement dans l'expression du photographe.

Il nous quitte en 2003, à l'âge de 95 ans. Quand je vous dis que la photo humaniste assure à qui la pratique une belle longévité : Ronis a vécu jusqu'à 99 ans …


>> Voir aussi : Paris dans l'œil des maîtres. (1/3)


>> Rétrospective René-Jacques au Jeu de Paume.

>> René-Jacques sur Parisperdu.

>> Photographes Humanistes (4/13) : Janine Niepce

 

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Photographes Humanistes (4/13) : Janine Niepce.

16 Octobre 2017, 10:42am

Publié par barreteau



Rue St Vincent Paris,1950 © Janine Niepce

Janine Niépce est une lointaine parente de Nicéphore Niépce, l'un des inventeurs de la photographie. Toute sa vie, elle a choisi de fixer en noir et blanc des gens ordinaires et leur vie quotidienne, un travail qui la rapproche de photographes humanistes tels Robert Doisneau et Willy Ronis.

Née dans une famille de vignerons bourguignons, reconvertis dans la fabrication de décors de théâtre, elle entre, dans les années 40, dans la Résistance puis elle suit des études d'art et d'archéologie et se passionne pour la photo.
 
Elle devient photographe professionnelle dès 1946 et est alors l'une des premières femmes reporters. Influencée par Henri Cartier-Bresson, "le seul qui m'ait donné des conseils judicieux pour être reporter", elle entre chez Rapho en 1955. Ses photos retracent, dans la deuxième moitié du 20e siècle, l'évolution de la condition féminine, la vie agricole en voie de disparition, la période insouciante des Trente glorieuses ou encore l'effervescence de Mai 1968.

Janine Niépce eut un fils, décédé dans un accident de montagne.
Elle-même nous quitte un dimanche d'août 2007, à Paris, à l'âge de 87 ans.
Son talent photographique et sa gaieté sont reconnus par tous.


>> Janine Niepce, site officiel

>> Janine Niepce, déjà sur Parisperdu.

>>
Photographes Humanistes (3/13) : Jean Dieuzaide

 

 

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Photographes Humanistes (3/13) : Jean Dieuzaide.

5 Octobre 2017, 09:29am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (3/13) : Jean Dieuzaide
Vendeuse de billets de loterie, Paris 1960 © Jean Dieuzaide

 

Jean Dieuzaide est né en 1921 près de Toulouse. Très jeune il est passionné par la photographie, il ira même jusqu'à acheter un petit Vest Pocket et à développer lui-même ses films, puis il s'emploie à parfaire son expérience photographique dans cette région toulousaine qui lui est si chère, et à laquelle il restera fidèle sa vie durant.

Le 19 août 1944, lorsque Toulouse se soulève, il va à grands risques rendre compte de la libération de sa ville ; son magnifique portrait la même année, du Général de Gaulle lui vaut une reconnaissance publique.

Sous le pseudonyme de Yan, il devient alors photographe de presse. Exigeant et loyal, il choisit de ne s'intéresser qu'aux sujets qui lui semblent dignes d'intérêt. Et, refusant de rejoindre la capitale, Jean Dieuzaide valorise la beauté de sa région ; il observe avec bonheur les paysages du sud, leurs reliefs, leurs particularités, les offrant à voir sous un nouveau jour. Il reçoit pour cela le prix Niepce en 1954 et le prix Nadar en 1961.

La photographie se révèle pour Jean Dieuzaide comme le moyen d'expression le plus en harmonie avec son rapport au monde. Dieuzaide est un homme sensible, un photographe humaniste qui s’attache aux humbles, aux gestes du quotidien, revendiquant la grandeur et l’émotion qui se dégagent des gens simples, nous exposant sans détours cette foi en l'autre dans ce face à face que permet la photographie.

Mais Jean Dieuzaide s'est souvent positionné en artisan de la photographie, en illustrateur plutôt qu'en artiste et cela a longtemps desservi la reconnaissance de la valeur artistique de son travail. Et c'est sans doute aussi sa grande humilité, son choix de rester loin de la capitale qui ont longtemps freiné la pleine reconnaissance de son œuvre.

En 1970, il crée, avec ses amis : Clergue, Boubat et quelques autres, les Rencontres Internationales de la photographie à Arles.

Puis, en 1974, Jean Dieuzaide fonde à Toulouse la Galerie du Château d'Eau. C'est la première galerie française exclusivement dédiée à la photographie, toute sa vie il œuvra à faire connaître et reconnaître ce haut lieu de la photographie.

En 1977, Jean Dieuzaide alerte les pouvoirs publics sur la probable disparition du papier photographique baryté, car les fabricants veulent lui substituer les papiers plastifiés RC, moins riches en contrastes et bien moins durables. Après de multiples démarches et des débats passionnés, son combat aura gain de cause : les industriels reviendront sur leur décision d'arrêter la fabrication du papier baryté.

Dieuzaide nous quitte en septembre 2003. Il aura exercé son activité de photographe professionnel pendant soixante ans.

Aujourd'hui plus d'un million de négatifs consciencieusement classés et sur lesquels veille avec attention Jacqueline Dieuzaide nous laisse à penser que l'œuvre de ce grand photographe reste encore largement à découvrir …


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