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PARISPERDU

Les Maisons closes… rouvrent. (3/7) : La Maison Souquet.

29 Septembre 2025, 08:10am

Publié par pierre barreteau

10, rue de Bruxelles, Paris 9ème

 

Au 10 de la rue de Bruxelles, aux abords de Montmartre, se dresse un immeuble à la façade classique. Il a tout d'abord abrité une école communale de jeunes filles. Mais dès 1905 derrière son entrée relevée de deux lanternes rouges, Madame Souquet crée ici une maison de plaisirs discrète et raffinée. La "Maison" s’est vite forgée une légende festive et licencieuse dans la ville lumière mais l'aventure ne durera pas longtemps car, à partir de 1907, la Maison Souquet laisse place à un hôtel populaire.

En 2013, le Groupe Maisons Particulières achète l’hôtel et lance un important programme de rénovation qui dure deux ans, afin de créer un hôtel 5 étoiles. L'aménagement intérieur est confié au Maître décorateur Jacques Garcia. Celui-ci reprend le décor des maisons closes pour créer l'ambiance de l'hôtel : il reprend la configuration originale des maisons de plaisirs avec la succession des salons existant à l'époque : le salon des 1001 nuits, le salon des Petits Bonheurs et le Jardin d'Hiver.

  • Le salon des 1001 nuits portait autrefois le nom de « salon de discussion » ou « salon de sociabilité ». Ce premier salon était alors réservé aux hommes : Grands argentiers, capitaines d’industrie et politiques s’y retrouvaient comme dans un club privé pour parler du monde et des affaires.
  • Le salon des Petits Bonheurs servait de « salon de présentation ». Courtisanes et clients s’y retrouvaient avant de se rendre dans l'une des chambres de la maison.
    Aujourd'hui, Chaque chambre porte le nom de l'une des courtisanes de la "Maison" : La Castiglione, La Païva, Liane de Pougy, La Belle Otero…
  • Le Jardin d’Hiver était autrefois nommé pudiquement le "salon d'après"… tout est dit !

Aujourd'hui, l'hôtel totalement rénové comporte 14 chambres, 6 suites et 2 appartements. Les décors s’inspirent d’une palette de styles très diversifiés : Napoléon III, Indien, Chinois, Japonais, Empire et XVIIIe siècle français

Un quatrième salon a été ajouté aux salons historiques, cet espace est obligatoire pour un classement en palace 5 étoiles : c'est le salon d’Eau, orné d’une voûte céleste bleue cobalt dont les étoiles et autres constellations sont rehaussées à la feuille d'or. Il comprend un bassin de nage de 10 mètres, un hammam et une salle de soins.

>> Maison Souquet, site officiel.

>> L'escalier pour monter chez les dames…

>> Le salon de discussion, revisité par le décorateur Jacques Garcia.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (2/7) : "Aux Belles Poules"

22 Septembre 2025, 08:20am

Publié par pierre barreteau

 32 rue Blondel, Paris 2ème.

 

Au début du XXème siècle, "Aux Belles Poules" est l’une des plus célèbres maisons closes de Paris. Cet établissement connaît ses heures de gloire et de débauche durant les années 1920, dans le Paris des années folles. Ce lupanar de luxe accueille alors la haute-société parisienne venue s’acoquiner entre ses murs où la fête, les filles de joie et le champagne ne manquent jamais.
Dans la rue Blondel il est facile de repérer son numéro car le "32" s'affiche avec une taille double des autres numéros de la rue. C'est de cette particularité que venait l'expression utilisée à l'époque des Maisons : "Rendez-vous au gros numéro". Et lorsque Georges Brassens chante : "S’il vous plaît de chanter les fleurs, qu’elles poussent au moins rue Blondel, dans un bordel », c'est bien "Aux Belles Poules" qu'il fait référence !

Contrairement aux autres maisons closes parisiennes "Aux Belles Poules" est le seul établissement dont le décor est aujourd'hui resté quasiment intact.  Ses murs sont recouverts de sublimes mosaïques érotiques, des fresques suggestives et d’immenses miroirs. La "Maison" est un véritable chef d’œuvre de l’Art Déco, ce qui lui vaut d’être inscrit au titre des monuments historiques depuis 1996.

Et aujourd’hui, avec son décor d’époque, "Aux Belles Poules" offre un lieu atypique et un espace idéal pour l’organisation d’évènements. On peut maintenant privatiser cette ancienne Maison close située au cœur de Paris : c'est -à coup sûr- une expérience insolite mais désormais ouverte à tous.

 

>> Aux Belles Poules, Site officiel.

>> Au plafond : des miroirs partout ; au sol et sur les murs : des mosaïques partout !

 

>> "Au Gros numéro"… : le 32 rue Blondel.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (1/7)

12 Septembre 2025, 10:26am

Publié par pierre barreteau

"Aux Belles Poules" _ 32 rue Blondel Paris 2ème

 

Ces illustres habitations sont le royaume des courtisanes, cocottes, demi-mondaines et autres "horizontales" adonnées à la prostitution qui s'exerce alors dans une large gamme d’établissements appelés Maisons de Société ou plus couramment : "Maisons closes" et qui vont du plus glauque lupanar au plus luxueux bordel.

Mais le 13 avril 1946, l'activité des Maisons closes est brutalement interrompue par la fermeture imposée par la loi Marthe Richard, celle qu’on surnomma "La veuve qui clôt".
Finie la tolérance… aussi dans la foulée, la quasi-totalité des Maisons ferment : 1.500 établissements disséminés à travers toute la France, dont plus de 200 à Paris où même les plus célèbres comme le One-Two-Two, le Chabanais ou le Sphinx tirent le rideau.

Mais plus de 70 ans après la loi Marthe Richard, plusieurs de ces maisons parisiennes ont été rouvertes après avoir été reconverties en hôtels de luxe ou en espaces privatisables.

Nous allons retrouver les principales d'entre-elles dans les prochains billets de Parisperdu.
A suivre donc…

 

>> Bordels de Paris (Document INA)

 

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Retour place des Fêtes.

3 Septembre 2025, 09:22am

Publié par pierre barreteau

La place des Fêtes, 19ème arrondissement de Paris (mai 2010).
Photo prise du 23ème étage de l'un des immeubles entourant la place.
La pyramide que l'on voit au centre de l'image a été retirée en août 2019.

 

Je vous propose de faire un petit retour en arrière pour revivre la grande transformation qu'a connu alors la Place des Fêtes.

Nous sommes dans les années 1960 et c'est Paul Adnot, un ancien résident du quartier, qui nous relate l'ambiance populaire, animée et chaleureuse d'un Belleville qu'il a vu se transformer drastiquement et qui aujourd'hui a complètement disparu.

"Flash-back" donc, avec Paul :

"J'ai été deux fois déraciné.
J'aimais la campagne, j'étais habitué au grand air, aux champs, et on m'a ramené à Paris, dans cette ville incroyable, j'étais perdu, affolé, on m'a mis à l’école avec des instituteurs qui étaient des peaux de vaches.
La deuxième fois que j'ai été déraciné, c'est quand ils ont foutu notre quartier en l'air. Tout le monde se connaissait avant : c'était un village, c'était notre campagne à nous. Ce n'est pas comme maintenant, on passe à côté des gens sans les voir, personne vous voit, vous voyez personne non plus.
Mon point central, c'était la Place des Fêtes quand j’étais gosse : il y avait des baraques foraines dans le "square Monseigneur Maillet", il y avait la fête, des parades foraines... Le dimanche, les cafés étaient pleins ; ils restaient ouverts jusqu'à près de minuit : bien sûr, il y avait quelques ivrognes… L'été, on sortait du boulot, on avait soif, on allait boire un pot chez Dupont, au coin de la rue Pré-Saint-Gervais et de la rue Compans.

Puis ça a commencé avec les types qui ont commencé à prendre les métrés, les géomètres, puis après, on a vu arriver les engins avec leurs grosses boules d’acier qui abattaient les murs. Les premiers bâtiments construits sont les "paquebots" de la rue de Bellevue. Après, ils ont foutu en l'air l’école de garçons : j'en ai bavé dans cette école, mais ça m’a fait mal au ventre quand ils l'ont démolie, c'était mon passé. Quant à moi, j'habite dans des HBM (habitations bon marché), les HLM d'autrefois qui ont été construits en 1921 et finis en 27. J'avais un oncle, peintre en bâtiment : quand il a vu mon appartement, il n'en revenait pas : vous vous rendez compte, les W-C. chez soi ! Or, on ne savait pas ce qu'ils allaient construire... Quand on a vu la hauteur des constructions alors là, ça nous a déchirés ! C'était affreux... Quand on sortait du métro, tous les gens s'arrêtaient, regardaient, et comptaient les étages en espérant chaque jour qu'ils s’arrêteraient. Par rapport à ce qui était prévu, ils ont changé quatre fois de plans, mais les tours y étaient toujours. Pas mal de gens sont partis en banlieue (ceux qui ont été expulsés) ; d’autres ont été relogés près des casernes entre la Porte des Lilas et de Bagnolet : c'est pas beau, je voudrais pas y habiter.

Alors une nouvelle époque est née, et sont apparus les frigidaires, les télévisions, tout le confort, quoi ! J'avais un copain d’enfance, on allait le voir tous les vendredis soir. On arrive : Oh !... Il s'était acheté un frigidaire ! Le lendemain, on achetait un frigidaire. Un soir on arrive, il avait acheté la télé : c'est pas vrai ! Moi, je l'ai acheté un ou deux ans plus tard. Mais çà a été dommage : on était collé dessus ! Vous vous rendez compte : le cinéma à domicile, on se dérange plus !... Maintenant, je suis plus sélectif, je ne regarde pas n’importe quoi ".
 

Paul Adnot nous livre-là le témoignage authentique d'une époque. Il a connu les taudis de Belleville, les miséreux, la face sombre de la condition ouvrière d'alors, contre laquelle luttait quotidiennement cette belle convivialité, faite de solidarité, d'entraide et dont il faut bien voir, derrière son aspect plaisant, qu'elle constituait une technique collective de survie, difficile à retrouver aujourd'hui malgré notre "crise" actuelle qui n'est pas comparable, même de loin, sinon peut-être au plan psychologique.

Si cette ambiance Bellevilloise, désormais mythifiée, nous apparaît comme un passé irrémédiablement perdu; il est heureusement des gens qui, aujourd'hui encore, continuent à créer du lien entre les habitants de ce 19ème arrondissement, si vivant, si attachant … Alors merci à eux et, merci aussi à "La Maison de la Place des Fêtes".

 

>> Article déjà publié en mai 2010.

>> La Maison de la Place des Fêtes.

 

 

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