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PARISPERDU

50 ans d'habitat à Paris.

30 Octobre 2010, 09:10am

Publié par barreteau

Ancien atelier en cours de transformation en loft,  Paris 20ème. Octobre 2000.

 

A Ménilmontant dans les années 60, on dénombrait un seul WC pour 196 habitants, et il était courant de vivre à 6 ou 7 dans 9 m2. Il y a alors un afflux massif de population : les campagnes se vident, ... toutes les 4 minutes, un provincial arrive à Paris et les rapatriés d'Algérie débarquent dans les banlieues.

L'Etat décide donc la construction de "grands ensembles", inspirés des théories urbanistiques du Corbusier. Ils rencontrent au départ un grand succès. Mais on est loin de l'original, car on rogne sur les prix et donc sur la qualité. On construit en préfabriqué, à la va-vite: un logement de 3 pièces est livré toute les heures ! Et rapidement, ce type d'habitat soulève des problèmes: les barres trop vite construites vieillissent mal, la répétition des mêmes modules crée la monotonie, ces grands ensembles virent à l'univers concentrationnaire, leurs habitants s'y ennuient, tombent dans une sorte de dépression à laquelle on donnera même un nom : c'est la sarcellite !

Dès 1969, on voit l'apparition des premières "bandes de jeunes", en réponse au manque de loisirs, viendra ensuite le rap et ses codes: vestimentaire avec la casquette et la capuche et aussi le code des mots, de la façon de parler. Dans les cités, en 40 ans, le chômage sera multiplié par 10, la drogue devient très présente et certains quartiers virent aux zones de non-droit, où la police n'ose plus entrer ...

Habiter au centre des villes devient aussi de plus en plus difficile. En 1960, vivre à Paris n'était pas un luxe car beaucoup de quartiers étaient plus ou moins insalubres.
Mais désormais, l'espace étant compté, le moindre mètre carré prend de la valeur, le dernier étage autrefois réservé aux domestiques devient très recherché, tout comme les lofts, une mode venue des USA, avec de grands volumes, une absence de cloisons, un espace atypique ...

Parallèlement, Paris va connaître beaucoup, beaucoup trop de destructions ... alors qu'on aurait pu transformer en douceur des quartiers entiers.
Un immeuble que l'on détruit, c'est 40 ans de vie qui partent en poussière en quelques heures ... tous les souvenirs de jeunesse qui s'évaporent brutalement ...

A Paris, surtout dans les quartiers Est, l'on a détruit l'histoire des gens.



>> Démolition des murs, démolition des vies.

>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier.

>> Une rage de destruction.

 

 

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La halte de la rue Claude-Decaen.

26 Octobre 2010, 09:31am

Publié par barreteau

Quai de la station Claude-Decaen, ligne de la Petite-Ceinture.  (Paris 12ème) -Juin 1997.

 

A l'approche du XXème siècle, le Syndicat d'exploitation de la Petite Ceinture est constamment sollicité pour la création de nouvelles stations.
Le Syndicat fait en sorte de ne pas y répondre, se réfugiant toujours derrière l'alibi financier. Mais pour l'exposition universelle de 1900, il donne suite au souhait du Commissaire général de l'Exposition de voir desservir le pavillon " Automobiles et cycles" projeté à proximité du lac Daumesnil à Vincennes. Cette opportunité lui offre la possibilité de régler, enfin, la question de la gare définitive de la Rapée-Bercy en suspens depuis 1877 et dont la ville de Paris ne cesse d'épiloguer sur l'emplacement définitif, rue de Charenton.
En 1899, la décision est prise: la station de la Rapée-Bercy demeurera à sa place et un point d'arrêt facultatif - une halte - "accessible aux seuls voyageurs sans bagages" sera édifiée rue Claude-Decaen pour les besoins de l'Exposition.

Ouverte le 5 mai 1900, la halte deviendra une station en 1907, la dernière à être crée sur la ligne de la Petite Ceinture.

Depuis lors, l'histoire contemporaine de la Petite Ceinture ferroviaire est celle d'une lente dégradation, où chaque année passée voit son état empirer, alors que cette ligne pourrait rendre des services significatifs aux habitants de la Région Île-de-France pour leurs déplacements.

L'absence de volonté politique de réactiver un service ferroviaire sur cette ligne, alors que la plupart des autres capitales européennes (Londres, Berlin et Bruxelles en autres) exploitent sous diverses formes (tramway, métro ou RER) une ligne de rocade d'un périmètre équivalent à celui de la Petite Ceinture, apparaît de plus en plus comme un gâchis et un archaïsme.

En attendant, à la station Claude-Decaen, l'herbe envahi les quais et la Ville vient de racheter, à Réseau Ferré de France, une parcelle de terrain - au 11 rue Claude Decaen -  pour y établir un jardin partagé ... la Petite Ceinture s'ouvre enfin au public !

 

>> Le bâtiment des voyageurs de la station Claude-Decaen vers 1930 - ©"La vie du rail"


>> Retrouvez la Petite Ceinture sur Parisperdu.

 



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Cette maison a de la mémoire !

22 Octobre 2010, 09:30am

Publié par barreteau

84 de la rue des Vignoles Paris 20ème  - juin 1996

 

Nous sommes dans le quartier de la Réunion, à une époque où le grand chambardement commence à peine, la ZAC n'a pas encore son contour définitif et les vielles maisons de la rue des Vignoles, mais aussi de tous ses passages et impasses attenants, font de la résistance.

Et ces maisons ont de la mémoire, pas seulement celle de leurs pierres, mais aussi celle de tous ceux qui ont vécu ici et qui ont laissé des traces visibles seulement par ceux qui savent voir ...

Ainsi, au 84, plusieurs générations d'occupants ont laissé des messages, plus ou moins lisibles ... On déchiffre les inscriptions : "Approvisionnement direct des vignobles - Vins fins", puis sans savoir si elle est antérieure ou postérieur, la mention : "Armoires Kerstricht".
Et finalement, une fresque d'animaux évoquant les peintures de la grotte de Lascaux, tracée par un artiste du "street-art", avec cette phrase: "Défense d'habiter". Là, il est clair qu'il s'agit d'une réponse au "ZACage" de la Réunion, d'un cri contre les murages, les démolitions, les expulsions ...


Pourtant, tout près de là, au fond de la paisible impasse Rançon, le lavoir est toujours là, même si déjà depuis longtemps sa lourde porte reste close.

On l'aura compris, le filon de la nostalgie ne semble pas prêt de s'épuiser à Paris ...




>> Visite insolite au fond de l'impasse Rançon - Juin 1996.

 

 

 

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Visite insolite.

18 Octobre 2010, 14:49pm

Publié par barreteau

Fond de l'impasse Rançon - Paris 20ème,   Juin 1996


Au 84 de la rue des Vignoles, s'ouvre l'impasse Rançon.
Lorsque j'y pénètre, je ne sais pas que je vais faire là une visite pour le moins insolite.

Il faut croire que je suis tout de suite repéré car une femme au regard interrogatif, s'avance vers moi.
Par les fenêtres ouvertes, au premier étage, des têtes apparaissent et quelqu'un m'interpelle de là-haut : "Qu'est-ce qu'il veut le Monsieur ?".
Je réponds que : " je ne veux rien de spécial, je suis un simple promeneur qui déambule dans le quartier".
Mais on ne semble pas me croire. "Vous êtes de la Mairie ?" me lance-t-on alors.

Après une discussion à plusieurs, en particulier avec mon harangueur du premier étage, le climat s'apaise. On m'explique que "des gens" de la Mairie de Paris viennent ici faire des repérages pour l'aménagement du quartier Réunion, et qu'ils ne sont pas les bienvenus.
Mais une autre personne, remarquant le point rouge de la célèbre marque de mon appareil photo, me questionne de nouveau : "Mais vous être un photographe professionnel !". Je dois à nouveau justifier qu'il n'en n'est rien, ... je ne suis qu'un simple amateur qui prend des images au gré de ses balades ...

"Alors dans cas, me dit-on, on va vous montrer le fond de l'impasse, ça devrait vous intéresser"

Sur le mur qui ferme l'impasse, il y a une porte avec une inscription: "Entrée du lavoir" ...

Le fait est peu connu, mais jusqu'au siècle dernier, dans ce quartier il y avait de nombreux lavoirs assez pittoresques d'ailleurs et ici, il en reste la toute dernière trace.

Mais le lieu est menacé, pensez donc, on envisage dans une impasse piétonne la construction d'un parking, et ce parking déboucherait aussi rue des Haies ... autant dire la fin de l'impasse, la fin de la quiétude pour ces habitants qui ont su créer un petit monde dont la tranquillité tient à l'isolement du lieu.


Finalement un nouvel immeuble sera construit au fond de l'impasse, sur l'emplacement de l'ancien lavoir, mais son accès se fera uniquement par la rue des Haie.
L'impasse Rançon restera donc "dans son jus" ... pour quelque temps encore.



>> L'impasse Rançon en Août 2009.

 

 

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Un squat, rue des Haies.

14 Octobre 2010, 09:31am

Publié par barreteau

18, Impasse des Souhaits - Paris 20ème (juin 1997)

 

Nous sommes tout près de la rue des Haies dans le XXème arrondissement. Dans ces maisons en déliquescence, s'entasse une dizaine de familles. C'est un squat comme un autre, parmi la quinzaine de squats que compte l'arrondissement. Le XXème partage, en effet, avec les deux autres arrondissements périphériques de l'Est parisien, le XIXème et le XVIIIème, "une structure urbaine propice aux squats", comme le dit joliment l'Hôtel de Ville.

Dans le squat de la rue des Haies, les familles vivent dans un grand dénuement. Le confort est plus que sommaire, et pourtant aucune d'entre elles ne s'est déclarée auprès de la mairie pour un éventuel relogement. Le pâté de maisons tient à peine debout, les façades lépreuses sont à la limite de la ruine. Le réseau électrique comme les circuits d'eau sont quasiment inutilisables, et seuls quelques rares points d'eau sont encore en état alors que beaucoup d'autres sont neutralisés pour cause de tout-à-l'égout défaillant...

Les peintures sont chargées de plomb, et les risques de saturnisme importants. Malheureusement, les cafards ne sont pas rebutés par les peintures au plomb: il y en a partout.

Quand on arrive à un tel état de délabrement du bâti, la démolition est la seule solution.
Ici, c'est tout un quartier qui sera reconstruit ...

 

>> Squat utopique. 

>> Freddy, squatter "pro".

 

 

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Ici règne l'austérité.

10 Octobre 2010, 09:42am

Publié par barreteau

6 rue des Muriers - Paris 20ème.

 

Dans cette petite rue d'un quartier populaire de l'Est parisien, l'austérité règne ...

Nous sommes en 1995 et c'est déjà un monde ancien qui ressurgit en un visuel "noir et blanc", ... aussi superbe que glaçant.

Derrière cet univers urbain, s'annoncent les prémices d'un monde qui conduira à la crise de 2008-2009.
Quatre-vingt ans après celle de 1929 ...

Sommes-nous à l'apogée d'un temps qui ne cesse de nous montrer les conséquences dramatiques d'une société névrotique ?



 

>> " A Paris, des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises. "

 

 

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Y-a-t-il plusieurs Ménilmontant ?

6 Octobre 2010, 08:23am

Publié par barreteau

 

Ce graff découvert dans le métro, nous pousse à nous interroger.
Existerait-il plusieurs Ménilmontant(s) ?

Il y a encore peu de temps, grimper sur la colline - ainsi nommée en référence à sa situation pentue - permettait de découvrir un village unique, à l'ambiance populaire: "Ménilmuche". Mais ce Ménilmontant est en voie de raréfaction alors qu'un autre Ménilmontant connaît une extension galopante: le Ménilmontant "bourgeois-bohème".
Oui décidément, Ménilmontant(s) est pluriel!

Sur les hauts de Ménilmontant des bastions bobos se développent, comme à la cité de l’Ermitage où le fric est partout, la boboïsation omniprésente et dans la rue, les profils que l'on croise … tous uniformes.
Au cœur du XXème arrondissement, les bourgeois-bohème qui côtoient une population allogène, font semblant de trouver ça génial, mais les sourires sont crispés. Et quand le bobo est en contact forcé avec la diversité, alors comme par hasard, ses convictions humanistes s’évaporent.

J’ai un couple d’amis "super ouverts" qui vit là. En primaire leurs enfants s'ennuyaient ferme dans des classes de "sous-doués" et, … il y avait aussi quelques problèmes de violence. En 6ème, les gamins ont été placés directement dans une "école catho", et la mère, sans fioritures, de mettre en cause "les petits blacks".

Mais Ménilmontant n’est pas que bobo et, dans son ensemble, le quartier reste encore très mélangé, avec certes de plus en plus de riches mais aussi … beaucoup de pauvres ! Pour trouver les secteurs populaires, il faut aller rue de Ménilmontant, près du métro St Fargeau. Là, on voit plus de boubous que de bobos …

 Et ça …, c'est "Ménilmuche" !
 

 

>> Voir aussi dans Parisperdu : "En descendant des hauts de Ménilmontant ..."

 

 

 

 

 

 

 

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On modernise la petite ceinture.

2 Octobre 2010, 09:18am

Publié par barreteau


Exit la rue de Flandre, place à l'avenue de Flandre.

Et dégagez-moi tout ce qui gène sur son passage. En particulier ce vieux pont de la petite ceinture et ses étroites arcades d'un autre âge. Préférons-lui une large trouée, en béton armé et poutrelles métalliques ....

C'est ainsi qu'en août 2006, le pont de la petite ceinture sur l'avenue de Flandre dans le 19ème est tombé sous les bulldozers.

Pour ceux que la nostalgie tenaille ou qui tout simplement seraient curieux de voir à quoi l'ancien pont ressemblait, il leur faudra aller, non loin de là ... place de l'Argonne, car son frère jumeau est lui toujours-là.
Celui-là a eu plus de chance, la rue n'est pas très passante, point besoin d'élargissement.
Ici, les bulldozers n'ont pas été appelés, bien au contraire, le lieu a été joliment aménagé en profitant des arcades de ces vieux ponts d'une Petite Ceinture laissée à l'abandon ...

Ici aussi, on modernise la petite ceinture !


>> Démolition du pont (photo © Daniel Bertrand).

>> Le pont ferroviaire de l'avenue de Flandre, aujourd'hui.


>> La petite ceinture sur Parisperdu ...

 

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