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PARISPERDU

Ishiuchi Miyako

16 Septembre 2024, 12:30pm

Publié par barreteau

Ishiuchi Miyako

絶唱 、横須賀ストーリー Yokosuka Story #58, vers 1976 – 1977 © Ishiuchi Miyako

 

 

Au Japon, où la photographie est un domaine traditionnellement dominé par les hommes, Ishiuchi Miyako, 77 ans, est l’une des rares femmes à cumuler, depuis quarante-cinq ans, succès et récompenses internationales, ouvrant la voie à nombre de consœurs plus jeunes. De l’occupation américaine aux vestiges de Hiroshima, en passant par les effets personnels de sa mère défunte, elle explore le passage du temps et de l’histoire.

Exposée cet été aux Rencontres de la photographie d’Arles, elle y a reçu le prix "Women in Motion", du groupe Kering.

A Arles, Miyako a donc présenté sa série Mother’s. Cela fait vingt-quatre ans que sa mère est morte, mais les photographies de la série Mother's ne pourront jamais être reléguées dans le passé, car elles sont ranimées à chaque fois qu’elles sont montrées quelque part.

Et au sujet de cette série Mother's, Ishiuchi Miyako nous dit : "Son corps n’était plus là. Les possessions qu’elle laissait derrière elle, qui lui étaient autrefois attachées, étaient devenues inutiles sans leur propriétaire. Avant de m’en débarrasser, j’avais décidé de les prendre en photos.
Mais prendre une photographie, c’est mesurer la distance qui nous éloigne du sujet et rendre visibles les choses invisibles qui reposent sous la surface.
Et comment capturer des images que mes yeux ne peuvent voir ?  Je pointais l’appareil photo et j’appuyais sur le déclencheur, le moins de fois possible. Peut-être que rien n’apparaîtrait. Je plaçais les négatifs dans l’agrandisseur. L’image négative, fixée par la lumière, était transférée sur le papier, et tandis qu’elle baignait dans le révélateur, une image positive était imprimée. Le temps d’attente avant l’apparition de l’image est crucial. Dans cet intervalle, la photographie prend forme par la contemplation".


>> "My name is Ishiuchi Miyako".

>> Ishiuchi Miyako à Arles 2024.

>> Aussi à Arles, cette année : Sophie Calle.

>> Aussi à Arles, cette année : Jean-Claude Gautrand.

 

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"Visa pour l'image" : France périphérique

1 Septembre 2024, 18:33pm

Publié par barreteau

 France périphérique

©Photo : Pierre Faure / Hans Lucas

 

A Perpignan, chaque année début septembre , des photojournalistes venus du monde entier présentent leur travail lors du Festival "Visa pour l'image" qui affiche cette année sa 35ème édition. Comme toujours Visa met en avant différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde ...
Ainsi cette année sont mis en avant : la guerre en Ukraine, le 7 octobre 2023 et la guerre Israël-Hamas, le chaos en Haïti, les femmes en Iran, le dérèglement climatique… et bien d'autres sujets d'actualité. Et à Visa on peut aussi admirer les images iconiques de photographes stars, cette année se sont celles de Peter Turnley et Elliott Erwitt.

Mais par-delà tous ces sujets qui nous montrent un monde souvent brutal, au bord du chaos, j'ai retenu un autre sujet: plus proche de nous mais tout aussi poignant, c'est "France périphérique" du photographe Pierre Faure.

Depuis 2015, Pierre Faure documente la pauvreté en France en parcourant l’ensemble du pays : des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux, en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais, 60 % de la population et les trois quarts des nouvelles classes populaires vivent dans cette France périphérique, à l’écart des villes mondialisées.

Pierre Faure a voulu, dans une démarche sincère et profonde, tout en s’engageant dans un processus à long terme, sensibiliser le public en s’intéressant aux évolutions qui modifient réellement la société française.
Environ deux cents jours par an, il arpente l’ensemble du territoire afin de constituer un témoignage photographique de la pauvreté dans l’hexagone, en rendant visible cette "relégation sociale’’. Il se confronte aux préoccupations liées à l’emploi, la santé, le logement, le transport, la solidarité… qui rythment le quotidien de ces individus. Par ses images, il tente de rendre palpable les conditions de vie d’une partie de nos concitoyens pour qu’enfin des visages se substituent aux statistiques, aux pourcentages et aux mots qui leur sont associés.

 

 

>> Le Festival "Visa pour l'image" 2024.

 

>> Site official du photographe Pierre Faure.

 

>> Visa pour l'image sur Parisperdu (archives)

 

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